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La Cour des comptes dresse un constat cruel de la gestion de l'Imprimerie nationale depuis son passage en société anonyme en 1994. D'autant plus cruel qu'elle se penche pour la troisième fois d'affilée sur l'établissement. L'étude des comptes de 1994 à 1999 avait révélé "les principales difficultés : tassement du chiffre d'affaires, capacité d'autofinancement insuffisante, charges d'exploitation trop élevées..." Sans compter une "stratégie atypique" de diversification des activités au contraire de la totalité des acteurs du secteur. Un second contrôle sur les comptes 2000-2006 révélait un statu quo : l'imprimerie perd désormais jusqu'à 129 millions d'euros par an. En 1999, un audit commandé par l'Etat a pourtant abouti aux mêmes conclusions que la Cour. Un plan de redressement fut décidé, voici ce qu'en disent les magistrats : "malgré son échec patent, la stratégie n'était toujours pas modifiée". Et de s'étonner que "le ministère de l'Economie ait pu approuver un plan stratégique en contradiction avec l'audit qu'il avait diligenté". Aujourd'hui, l'Imprimerie a réduit ses effectifs de 75% et l'établissement semble avoir redressé la barre depuis 2004. Mais, rappelle la Cour, l'Etat a investi 347 millions d'euros en dix ans "pour une entreprise qui a désormais cédé ses principaux actifs et qui n'avait plus que 20,5 millions d'euros de fonds propres fin 2006".

 

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