Pierre Gattaz : "Je n'ai jamais promis un million d'emplois dans le Pacte de responsabilité !"

Pierre Gattaz invité de #DirectPolitique mardi 10 mars 2015 "L'économie, ce n'est pas distribuer des dividendes aux actionnaires". Le président du Medef a expliqué vouloir défendre une "économie humaine" dans #DirectPolitique, et dit comprendre que le bonus du patron de Sanofi "puisse choquer". En 40 minutes, Pierre Gattaz a abordé de nombreux sujets sensibles.

Contreparties au pacte de responsabilité, excès de la finance, réformes des retraites complémentaires, du dialogue social... Le président du Medef était l'invité ce mardi de #DirectPolitique, l'émission de Linternaute.com, Ouest-France et 20 Minutes, pour un long entretien dans lequel il s'est exprimé sur de nombreux sujets sensibles.

Patron de Sanofi : un sujet "compliqué à gérer"

"Je comprends que cela puisse choquer bien évidemment" déclare le patron des patrons au sujet du bonus versé au nouveau dirigeant de Sanofi, considérant même que le sujet des émoluments des grands patrons est "compliqué à gérer et qu'on ne peut pas le traiter seul". Et de nuancer : "Il y a eu là l'embauche d'une star qui est là qui est Française et qui va permettre de garder des centres de recherches en France", estime Pierre Gattaz qui estime que "cela fait partie de la logique économique".


"Je condamne les excès de la financiarisation de l'économie en général"

Pierre Gattaz assure être "pour une économie humaine". Le patron des patrons estime d'ailleurs que "l'économie, ce n'est pas distribuer des dividendes aux actionnaires", mais "une "harmonie", "un tout", lorsqu'on lui demande s'il admet des dérives dans les rémunérations des actionnaires au détriment de l'investissement. Pour autant, il rappelle que"quelqu'un qui met de l'argent dans une entreprise prend un risque".

"Je n'ai jamais promis un million d'emplois dans le Pacte de responsabilité !"

Sur les contreparties des patrons au Pacte de responsabilité, Pierre Gattaz ni avoir fait des promesses chiffrées. "On a dit au gouvernement, si vous libérez la pression fiscale, cela permettra aux entreprises de repartir de l'avant", indique-t-il. Et d'assurer avoir, toutefois, "joué le jeu" des accords de contreparties. "15 branches, les plus importantes, ont signé [...] vous en avez encore 5 à venir [...] peut-être d'ici deux mois" précise-t-il. Au fond, cependant, l'exigence des contreparties continue de l'agacer. "Quand vous baissez les impôts sur les ménages, est-ce que vous demandez des contreparties aux ménages ?", s'interroge faussement le "patron des patrons" pour qui "l'engagement du Medef et des branches est d'accompagner la baisse de la pression fiscale". "Je suis incapable de m'engager sur l'emploi, car l'emploi, c'est une conséquence", conclue-t-il.

"Vivre avec 1200 euros par mois ? "C'est difficile, c'est très difficile"

Pour Pierre Gattaz, la question du revenu est directement liée à celle de la libération des forces économiques et du temps du travail. "Il faut au moins travailler autant que les autres" juge-t-il, en analysant les causes du chômage de masse. "Le travail c'est fondamental, tout ce qui est fait pour faciliter cette mise en œuvre est bon". Quid de la proposition de la CGT d'instaurer la semaine des 32 heures ? "Je suis toujours surpris de voir que des gens, dont Monsieur Martinez, considèrent que l'emploi est un gâteau fini. [...] 32 heures, oui, mais payées 32... Vous pouvez en effet avoir des gens à temps partiel".

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Le Medef a fait ces derniers jours des propositions "choc" sur les retraites complémentaires pour réaliser 7 milliards d'euros. "C'est scandaleux de financer les retraites en disant que ce sont les jeunes qui vont payer" annonce tout de go le patron des patrons. "Il faut inciter les gens à rester plus au travail" considère d'ailleurs celui qui a imaginé un système de décote de la retraite complémentaire jusqu'à 67 ans. Car, dans l'esprit de Pierre Gattaz, c'est le pragmatisme qui sauvera le régime par répartition : "Il n'y a pas de cynisme, il y a du calcul mathématique. Quand on fait du social pur, hors sol, cela ne marche jamais" explique-t-il au sujet de sa proposition de modifier les pensions de réversion. Sur ce point, "nous ne disons pas que c'est la solution, ce sont des propositions. Il y aura ensuite un atterrissage"

"C'est un dialogue social de qualité que nous recherchons"

Manuel Valls a annoncé une grande loi sur le dialogue social, après l'échec des négociations sur le sujet des partenaires sociaux. A qui la faute ? "Depuis des années, depuis des décennies nous politisons tout. Il faut arrêter de politiser l'entreprise qui n'est ni à gauche ni à droite". Et de reconnaître que le gouvernement socialiste s'est largement inspiré des propositions du Medef pour présenter les grandes lignes du projet présenté début avril : "Nous ne sommes pas arrivés au sommet du mont blanc, nous sommes arrivés 100 m en dessous".



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Dans ma campagne, j'ai toujours dit que je ferai un mandat unique. [...] C'est une mission de 5 ans pour redresser l'économie française, faire une économie humaine" commence par expliquer Pierre Gattaz au sujet des changements de statut qu'il est en train d'initier au sein du Medef. Comment expliquer alors la démission de la quasi-unanimité du comité statutaire ? "C'est une tempête dans un verre d'eau !", répond le président du Mouvement des entreprises de France. Et d'assurer : "Tout va très très bien au Medef".

REPLAY - L'INTEGRALITE DE L'EMISSION :

Pierre Gattaz dans #DirectPolitique

C'est désormais le chantier numéro 1 du gouvernement : après le passage en force de la loi Macron, le nouveau cheval de bataille de l'exécutif pour favoriser la création d'emplois, c'est la simplification du code du travail. A Matignon, c'est un "nouvel ordre social" qui est même évoqué pour rendre compte des ambitions réformatrices de Manuel Valls, qui souhaite, selon le JDD, l'adoption d'une grande "loi travail" avant l'été. Pour que le texte proposé soit de nature à relancer l'activité, le Premier ministre compte bien mettre sur la table des dossiers sensibles, dont certains ont déjà été discutés en négociations entre partenaires sociaux : l'assurance chômage, les retraites complémentaires, l'assouplissement du temps de travail dans les entreprises en difficulté.

A la fin du mois, François Rebsamen, le ministre du travail, présentera également en Conseil des ministres la réforme du dialogue social en entreprises, qui renouvellera les formes de représentation des les PME et lissera les "effets de seuils". Là encore, Manuel Valls dit vouloir "simplifier", "regrouper", mais souhaite obtenir l'approbation des partenaires sociaux. Et le Medef compte bien se faire entendre, sur ce texte, comme sur toutes les propositions faites en ce début d'année. Et les semaines à venir s'annoncent délicates pour le gouvernement, dont les ardeurs réformatrices en matière économique trouveront également écho aux mouvements sociaux qui se profilent : grève de la SNCF ce mardi à l'appel de la CGT, mais aussi et surtout grève nationale le 9 avril à l'appel la CGT, FO et Solidaires, qui veulent mobiliser les salariés du public et du privé.

Pour commenter cette riche actualité économique et sociale, Pierre Gattaz était l'invité exceptionnel de #DirectPolitique ce mardi 10 mars à 8h30, pour un entretien de 40 minutes. Il a répondu aux questions des rédactions de Linternaute.com, Ouest-France et 20 Minutes, mais aussi aux questions des internautes.

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d'actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

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