Cinq start-up françaises qui vont révolutionner leur secteur Micronutris veut remplacer la viande par des insectes

Remplacer votre steak par une barre de céréales aux vers de farine ou vos Pepito par des biscuits aux grillons, cela peut encore sembler incongru. C'est pourtant le pari de la start-up française Micronutris, lancée en 2011 par Cédric Auriol.

micronutris élève des insectes pour fabriquer des aliments riches en protéines.
Micronutris élève des insectes pour fabriquer des aliments riches en protéines. © Micronutris

"Nous sommes le plus gros élevage d'insectes destinés à l'alimentation humaine en Europe", assure ce dernier. D'une tonne par mois actuellement, la production devrait être multipliée par 10 d'ici la fin 2014. Ses produits, des biscuits sucrés, des chips ou des barres de céréales, sont déjà commercialisés dans des magasins test et sur Internet.
Le marché est amené à croître de manière exponentielle et devrait atteindre "plusieurs dizaines de millions d'euros en 2017", certifie Cédric Auriol. En 2010, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a d'ailleurs officiellement encouragé la consommation d'insectes "pour assurer la sécurité alimentaire mondiale".

"Nous allons apporter des protéines animales dans la nourriture nomade"

Car les qualités nutritionnelles des vers de farine et autres grillons et leur faible impact environnemental en font des candidats tous trouvés pour répondre aux besoins à venir. "Avec 10 kilos de végétaux, on produit jusqu'à 9 kilos d'insectes contre un seul de viande bovine", explique Cédric Auriol. L'élevage d'insectes rejette aussi 10 à 100 fois moins de gaz à effet de serre et les déjections sont facilement valorisables en compost.

Jusqu'ici, le marché a été freiné par des réticences culturelles et des contraintes règlementaires. Mais en décembre 2013, la commission européenne a clarifié la situation et autorisé 10 espèces d'insectes à l'alimentation humaine.
Micronutris ambitionne de se positionner sur les en-cas sains. "Nous allons apporter des protéines animales dans la nourriture nomade", prévoit Cédric Auriol. La farine d'insecte est également bien partie pour concurrencer les farines de viande ou de poisson pour l'élevage animal, dès que son prix sera devenu concurrentiel.

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