Pharmacies en France : pourquoi leur santé décline La menace grandissante de la concurrence

leclerc tente depuis des années de faire évoluer la législation française.
Leclerc tente depuis des années de faire évoluer la législation française. © E. Leclerc
"Internet, pour nous, c'est la jungle", déclarait en mai dernier Isabelle Adenot, la présidente de l'Ordre national des pharmaciens. Dans son viseur : une jurisprudence européenne qui autorise la vente sur Internet de médicaments.

Même si le projet ne concerne que les spécialités sans ordonnance, il suscite une violente opposition des pharmaciens. "Oui à l'information, mais pas à la vente de médicaments", ajoute-t-elle. "Quelle est l'utilité de commander un médicament pour soigner un rhume immédiatement ?", s'interroge quand à lui Philippe Besset.

Autre polémique récurrente, celle de Michel-Édouard Leclerc qui réclame haut et fort de pouvoir vendre des médicaments en libre accès dans ses magasins. Le distributeur s'appuie pour cela sur des études montrant que prix d'un même médicament peut varier du simple au triple d'une pharmacie à l'autre. "Nous pourrions faire baisser les prix de 50 %", affirmait-il en 2009 dans France Soir.

"La santé n'est pas une marchandise", se défend Philippe Besset. "L'honneur de notre profession, c'est le droit de refuser de vendre un produit si l'on estime qu'il y a danger. Vous voyez un vendeur de Leclerc refuser une vente ?". Pour l'instant, ce sont les pharmaciens qui ont la main. Ils ont obtenu le 21 janvier 2010 la condamnation de Leclerc le contraignant à stopper une publicité jugée dénigrante pour la profession.

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