Pratap Padode (Smart Cities Council India) "L'Inde lance un plan de 12,8 milliards de dollars pour développer ses smart cities"

Le directeur du consortium qui rassemble les acteurs de la smart city en Inde invite les entreprises à se saisir des opportunités qui vont bientôt se présenter.

Pratap Padode est directeur du Smart Cities Council India. © Smart Cities Council India

JDN. Le gouvernement indien a présenté en 2015 son projet global de développement des villes intelligentes, Smart Cities Mission. Quel rôle y joue le Smart Cities Council India ?

Pratap Padode. Les représentants des villes indiennes n'ont pas l'habitude de créer ce genre de projets autour des nouvelles technologies. Ils n'ont jamais eu à le faire. Les municipalités sélectionnées par le gouvernement vont recevoir beaucoup d'argent et il faut les accompagner pour l'utiliser au mieux. Pour cela, nous organisons avec nos 150 membres, académiques et industriels, des réunions d'information et des groupes de travail pour qu'ils puissent présenter leurs solutions aux décideurs. Nous avons aussi écrit un guide avec des études de cas. L'idée est de leur parler d'une seule voix pour simplifier le contact et offrir un large panel d'offres.

 

Les premières futures smart cities ont été désignées en 2016. Quelles sont les opportunités de business pour les entreprises ?

109 communes ont été sélectionnées par le gouvernement pour devenir des smart cities. Elles seront 33 à recevoir dès cette année 20 millions de dollars par an chacune jusqu'en 2021. 20 ont été nommées en janvier 2016 puis 13 en mai. Les 20 premières sont déjà concernées par un grand plan de développement urbain de 8 milliards de dollars et 4,8 milliards supplémentaires ont été attribués aux 13 dernières. Soit 12,8 milliards au total.

"Les opportunités se chiffrent à 5,7 milliards de dollars pour les développeurs d'infrastructures"

Pour les 20 premières, 89% des chantiers concernent des zones précises et non des villes entières, car la plupart des infrastructures sont vieillissantes et tout ne pourra être reconstruit rapidement. Les opportunités se chiffrent à 5,7 milliards de dollars pour les développeurs d'infrastructures, 1 milliard pour les équipementiers et 800 millions pour les intégrateurs de systèmes.

Dans le détail, 85% des projets concernent les transports, l'eau, l'énergie et la e-gouvernance. Ces marchés représentent respectivement 1,8 milliard, 1,4 milliard, 1 milliard et 500 millions de dollars.

Et ce n'est qu'un début car 27 villes supplémentaires seront annoncées d'ici fin 2016. Et le gouvernement investit aussi 100 milliards de dollars dans un grand projet de corridor de fret qui reliera New Delhi à Mumbai, soit 1 500 kilomètres le long desquels seront développées 24 smart cities, dont 6 seront construites de zéro.

 

Venkaiah Naidu, le ministre indien du Développement urbain, a récemment invité les entreprises allemandes à investir dans les infrastructures du pays. Le projet Smart Cities Mission suscite-t-il beaucoup d'intérêt à l'étranger ?

L'Allemagne a notamment décidé de participer au développement de 3 futures smart cities indiennes. L'agence de développement américaine a fait de même, tout comme la France. Lors de sa visite en Inde en janvier 2016, François Hollande s'est engagé à soutenir Chandigarh, Nagpur et Pondichéry, qui, même si elles n'ont pour l'instant pas été sélectionnées par le gouvernement pour faire partie du plan national Smart Cities Mission, bénéficient déjà de l'expertise et des technologies du français Veolia.

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