Le chef de projet smart city, cheville ouvrière de la ville intelligente

Les titulaires de ce poste à Lyon, Rennes et Grenoble expliquent quelles sont leurs missions et leur rôle dans le développement de la ville intelligente.

Entre les élus qui s'occupent de la smart city et les entreprises qui proposent leurs technologies, se trouve un acteur moins connu, mais tout aussi essentiel : le chef de projet smart city. Employé par la ville ou la métropole, il est souvent rattaché à une direction en charge du développement économique ou de l'innovation, et plus rarement dédiée à la smart city. Il peut être seul ou disposer de quelques collaborateurs mais les chantiers de smart city concernent tellement d'aspects de la municipalité qu'il faut travailler avec tout le monde, explique Laurent Deslattes, chargé de mission numérique et chef de projet smart city à Grenoble-Alpes Métropole, dont le plan ville intelligente est en cours d'élaboration. "C'est un projet transversal, qui concerne de près ou de loin une quarantaine de services, auxquels nous associons 80 partenaires venant de l'enseignement supérieur, de la recherche, de l'industrie, des pôles de compétitivité, de la French Tech et de la société civile." Sans oublier les élus. "Nous en sommes à notre vingtième réunion du comité de pilotage smart city avec les politiques", se satisfait Marion Glatron, directrice déléguée à l'innovation et à la smart city de Rennes Métropole. On y trouve notamment des élus en charge de l'énergie, de la cohésion territoriale, de l'innovation et de l'économie.

Le chef de projet doit aussi sensibiliser les différents services de la métropole aux enjeux de la smart city et les convaincre de son utilité.  "Il y a des niveaux d'acculturation différents selon les services", a remarqué Émilie Gerbaud, chef de projets ville intelligente pour la Métropole de Lyon. "Historiquement, la smart city concerne plutôt les services urbains comme l'énergie ou les mobilités, mais aujourd'hui elle s'étend aussi à l'éducation et à la culture."

Sensibiliser le public, connaître le privé

En revanche, le suivi des services déjà mis en place n'incombe pas au chef de projet smart city. Celui-ci accompagne les directions dans l'émergence des projets mais c'est ensuite à elles de s'occuper du monitoring. Une question de temps et de cohérence, estime Laurent Deslattes. "Les systèmes de reporting sur notre centaine de chantiers demanderaient une ingénierie et une énergie qui empièteraient sur les nouvelles initiatives. Et si nous créons une bulle de projets innovants sans lien direct avec les opérations du quotidien, cela ne fonctionnera pas."

Autre aspect crucial du job, entretenir de bonnes relations avec le secteur privé. "Il y a un déplacement de la chaîne de valeur, notamment dans les données, ce qui implique de nouveaux modes de fonctionnement", analyse Émilie Gerbaud. "Auparavant, la collectivité définissait un cadre, les entreprises délégataires le mettaient en œuvre et les citoyens utilisaient le service. Aujourd'hui, il s'agit plutôt d'une coopération en boucle entre la collectivité, les entreprises et les utilisateurs." "Les acteurs du privé sont aussi en transformation, ils apprennent. Ce qui peut se traduire par des relations de partenariats plutôt que client-fournisseur", abonde Marion Glatron. Elus, agents des collectivités, entreprises, citoyens… Le chef de projet fait le lien.

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