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Oui, l'Etat doit aider les secteurs en difficulté
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Après les banques, les constructeurs automobiles bénéficient d'un plan d'aide de 6 milliards d'euros. Est-ce justifié et l'Etat devrait-il aussi aider d'autres secteurs ?

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 Au secours Monsieur Keynes !  

Homo Economicus. , Loverval belgique

Quels secteurs l’Etat devrait-il soutenir ?

Le système d'économie de marché reconnu universellement comme le meilleur garant de la croissance mondiale semble aujourd'hui atteint d'apoplexie.
La croyance que le succès du système imposait, après une vague de déréglementations et de dérégulations, le désengagement des Etats de l'économie et un vaste mouvement de privatisations s'est imposé à tous comme une évidence et une recette infaillible capable d'assurer le plein emploi et le progrès social. Thatcher et Reagan ont montré la voie dans laquelle se sont engouffrés les uns après les autres tous les pays des 5 continents. L'idéologie qui prévalait prônait la privatisation de toute l'économie et le désengagement massif des Etats y compris dans le secteur des services publics. Il devait en résulter une efficacité économique accrue, la fin des monopoles publics, l'ouverture à la concurrence pour accroître l'offre et atteindre une plus grande performance. Limiter et recentrer les missions de l'Etat sur l'essentiel est devenu le leitmotiv de tous les dirigeants politiques. Moins d'Etat mais mieux d'Etat devait assurer plus de progrès économique et de justice sociale. Ce vaste mouvement mondial a fait les choux gras de quelques groupes industriels et dans les économies étatisées comme la Russie ou la Chine a permis de créer des centaines de milliardaires sous l'oeil avisé de l'OMC, grand ordonnateur mondial de la mondialisation.
Le système devait être capable de s'autoréguler et autocontrôler.
Pendant 20 ans ce système a fonctionné à plein régime, dépeçant les Etats de leurs actifs et les transférant au secteur privé qui a engrangé de sérieux profits redistribués sous formes diverses à des actionnaires, des dirigeants, des fonds de pensions et des spéculateurs.
Ce système a permis aux financiers de créer des produits sophistiqués, titrisant des créances et drainant au travers de sicav et autres fonds l'épargne de millions d'épargnants. Le risque global n'a pas été écarté malgré la dilution de tous les risques individuels.
Il aura suffit d'une crise immobilière aux USA pour qu'éclate la crise bancaire puis financière qui tel un tsunami balaye tout sur son passage.
La crise n'épargne personne, les banques, les assurances, l'automobile, la sidérurgie, les fonds de pension, les hedge funds et les épargnants.
La consommation est touchée et la demande globale baisse alors que l'appareil de production est intacte.
Conséquence : l'offre dépasse la demande et la déflation s'annonce.
Alors on appelle les Etats au secours, à la fois pour soutenir à coups de milliers de milliards les secteurs en difficulté mais aussi pour relancer la consommation privée et relancer les investissements publics par une politique urgente de grands travaux.
Au secours Monsieur Keynes!
Désemparés par l'ampleur de la crise et sa rapidité de propagation, les Etats volent au secours en dégagant des sommes astronomiques à injecter dans les circuits économiques.
L'Etat samu de l'économie, le dernier recours, le sauveur de la crise.. Mais on connaît, cela s'est déjà produit. La relance par la demande, c'est la théorie du bon vieux Keynes. La recette appliquée pour sortir de la crise de 1929. Celle qui a donné naissance aux accords de Bretton Woods et créé le système monétaire international qui a été mis à mal par la théorie néolibérale de l'autre économiste Hayek.
En une semaine Obama, Sarkosy et Hu Jin Tao dansent ensemble au son de la rengaine keynésienne. Vive le déficit spending ! Creusons de suite le déficit de l'Etat, créons de la monnaie en faisant fonctionner la planche à billets, vendons au besoin nos réserves de change pour innonder l'économie et provoquer une demande privée et publique susceptible de relancer la machine économique enrayée !
On va soutenir les gouffres financiers générés par les banques spéculatrices, déverser de l'argent frais dans les secteurs en difficultés, bref la planche à billets opère une transfusion permanente.
Et alors ?
Et bien cela va se payer très cher. Car un autre brillant économiste nous enseigne que"la mauvaise monnaie chasse la bonne", donc que toute cette bonne mo,naie crée par les Etats pour secourir l'économie va être contaminée par la mauvaise et sera à son tour détruite, et engendrera un autre phénomène, une autre maladie monétaire : l'inflation.
Ce qui nous guette à brève échéance à ce rythme de soutien inconditinnel par les Etas, c'est même de l'hyper inflation
Une inflation à deux chiffres au moins !
La crise n'est pas finie.
Elle fut un bref instant immobilière, puis bancaire, puis financière, puis économique en se propageant aux secteurs industriels, puis de la consommation. Enfin après une courte période mais forte de déflation, elle va nous amener l'inflation qui va tout balayer avec son cortège de conséquences désastreuses sur les revenus, l'emploi et la croissance.
Après cette purge, viendra la reprise, le cycle sera accompli.
L'économie, c'est comme la mode, un éternel recommencement. Après un vague de déréglementation.


Publié le 24 novembre 2008

John
Sauf que ce qui nous a vraiment fait sortir de la crise en 1929, c'est la Guerre (pour reconstruire). Les Japonnais en déflation depuis plus de 15 ans sont la preuve vivante que votre démonstration n'est pas automatique ! Néanmoins, compte tenu des armes de destruction à notre disposition aujourd'hui, et contrairement à 1929, je pense que cette fois-ci on va "miraculeusement" sortir de la crise. L'option guerre étant devenue impossible, car trop dangereuse pour la santé de nos dirigeants (pas parce qu'il sont devenus intelligents)
Léon - Yvoir Wallonie Dubois
Oui, vous avez tout compris et vous
avez très bien expliqué les mécanismes qui ont mené à la situation actuelle.
Mais qu’arrivera t-il après avoir appliqué les recettes de 1930 ? Chômage, pauvreté, conflits
sociaux, guerres, inflation, dévaluation des monnaies ? Oui, on pourra alors
recommencer le cycle…
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