L'ouverture à la concurrence du trafic ferroviaire La concurrence est sur les rails...

un eurostar en direction de londres.
Un Eurostar en direction de Londres. © RFF / Jacques d'Angelo

Conséquence d'une directive européenne adoptée en 2007, à partir du 13 décembre 2009, les concurrents de la SCNF auront le droit de faire rouler leurs trains sur des lignes internationales en France. Légalement, rien n'empêchera donc plus Trenitalia ou Deutsche Bahn de relier avec leurs rames des villes françaises à des gares étrangères. Après le fret il y a trois ans, c'est une brèche supplémentaire dans le monopole ferroviaire de la SNCF, vieux de 72 ans. Mais à la différence du fret, largement déficitaire pour l'entreprise publique, le transport de voyageurs internationaux, lui, est profitable. La SNCF a beaucoup plus à perdre.

L'ouverture concerne tout particulièrement les lignes à grande vitesse, plus fréquentées et plus rentables. En France, ce marché est évalué à plus de 6 milliards d'euros. La rentabilité y est élevée, la SNCF y enregistre une marge opérationnelle de près de 20%. La menace est donc réelle. L'entreprise estime d'ailleurs qu'à terme 80 % des trains "grandes lignes" seraient susceptibles d'intéresser la concurrence. Mais avec des rames de TGV déjà remplies à 80% par la SNCF, contre 50% pour Deutsche Bahn, le marché français semble difficile à pénétrer pour les compagnies étrangères.

A terme, 80 % des trains "grandes lignes" seraient susceptibles d'intéresser la concurrence.

Il n'empêche, l'ouverture à la concurrence intéresse quantité de compagnies ferroviaires. Outre l'italien Trenitalia (Ferrovie dello Stato), la SNCF s'attend à voir débarquer très prochainement les compagnies nationales historiques des voisins européens, comme la Deutsche Bahn et la Renfe espagnole. Le président de la SNCF, Guillaume Pepy ne serait pas étonné non plus de voir Bouygues ou Bolloré s'intéresser au marché. Enfin, la compagnie attend de pied ferme l'alliance annoncée d'Air-France et Veolia.

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