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 LA TRIBUNE DE VINCENT FOURNOUT 
Une fracture numérique existe aussi entre les entreprises
Une nouvelle fracture numérique émerge. Non plus entre les particuliers, mais entre les entreprises, notamment les plus petites. Constat de la situation et pistes pour y remédier.
(05/05/2008)
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Les années 90 ont vu surgir la notion de fracture numérique. D'un côté, une caste privilégiée, maîtrisant les arcanes de la société de l'information, CSP+ agile de la souris, et de l'autre une frange en difficulté, CSP-, personnes âgées et autres incapables du clavier. Heureusement, cette vision était fausse, au moins dans nos sociétés occidentales. Free, MSN, Google, Apple, Carrefour, l'école et l'ANPE, ont tous largement contribué à la démocratisation rapides des usages.

Mais c'est une chose d'être un utilisateur même avancé, une autre d'être un acteur économique de la société de l'information. C'est une chose de payer ses charges URSSAF en ligne et de lire les e-mailsde ses fournisseurs préférés, c'en est une autre de mettre en place une démarche de relation électronique ambitieuse.

La nouvelle fracture en train de s'élargir ne se situe plus entre les individus mais entre les organisations elles mêmes. D'un côté les mieux loties, accompagnées d'une armées de consultants ou naturellement aguerries à ces sujets. De l'autre des centaines de milliers d'entreprises qui souhaitent ardemment tirer profit, dès maintenant, des outils à disposition mais qui butent sur la complexité technologique, les tarifications inadaptées, les offres sur ou sous dimensionnées sans parler des compétences inaccessibles et en voie de raréfaction. En fait, on voit aujourd'hui émerger une nouvelle e-aristocratie qui va à l'encontre de la promesse de démocratisation des bénéfices économiques des NTIC (productivité, économie, accessibilité).

Cette nouvelle fracture est dangereuse : poches de productivité inexploitées, investissements mal réalisés, perte de temps et d'énergie pour tous les acteurs concernés. Elle ne bénéficie à personne, même les plus en avance. Mais si cette nouvelle fracture est comblée rapidement, c'est la compétitivité de notre économie tout entière qui en récoltera les fruits. Prendre conscience du problème est un premier pas. L'étape suivante est d'identifier les solutions. Voici quelques suggestions d'actions rapides à mettre en oeuvre.

- Pour les pouvoirs publics : mettre en places des mécanismes de soutiens adaptés aux entreprises innovantes intervenant sur l'adoption des NTIC par les PME. D'autre part, aider les collectivités et le secteur non marchand à adopter rapidement les nouveaux outils à disposition. Le Passeport Numérique est par exemple une bonne idée. Il faut en accélérer l'appropriation effective dans l'économie qu'elle soit marchande ou non.

- Pour les organismes inter professionnels et les réseaux : construire des référentiels de bonnes et mauvaises pratiques. Gagner du temps en construisant ensemble, par filière et par affinité, des méthodes et des échanges de bons procédés.

- Pour les acteurs en relation avec les PME, notamment dans le domaine des services et du logiciel en général et des logiciels hébergés (Software as a Service) en particulier, de nombreuses opportunités restent actuellement inexploitées. Cela passe par des solutions pensées en fonction de la problématique métier, du besoin d'accompagnement et des objectifs des entreprises concernées. Autrement dit, il faut toujours plus entendre les besoins (et un peu moins s'écouter).

La TPE n'est pas une PME. Elle n'est pas non plus une association et encore moins un département d'un grand groupe. Un site de e-commerce n'est pas une entreprise de restauration. Chaque organisation a ses particularités. Les comprendre est le gage du succès. Voila une vraie tarte à la crème mais quand on regarde l'offre applicative et de service disponibles pour ces tailles d'entreprises, on se dit que beaucoup de choses restent encore à faire.

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