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 LA TRIBUNE DE BERTRAND FREY 
Multicanal : annonceurs 1, agences 0
En exigeant des campagnes multicanal où marketing et publicité fonctionnent main dans la main, les annonceurs ont assurément fait un saut que les agences historiques ne sont pas encore prêtes à suivre…
(10/07/2008)
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La révolution numérique aura mis un peu plus de temps que prévu, mais elle a bien eu lieu. Une surprise, toutefois : qui aurait cru, il y a dix ans, que les annonceurs iraient plus vite que les agences ? Et pourtant, en exigeant des campagnes multicanal où marketing et publicité fonctionnent main dans la main, ils ont assurément fait un saut que les agences historiques ne sont pas encore prêtes à suivre…

 

Mais expliquons-nous. A la fin des années 90, les publicitaires ont vu dans la montée en puissance d'Internet et de la téléphonie mobile de nouveaux médias à conquérir. C'était vrai - et ce fut fait. Mais cette vision est déjà largement dépassée... Car la plus grande révolution des dernières années, en réalité, est marketing : la marque a pris le pas sur le produit, et la gestion de cette marque est devenue technologique.

Avec la production de masse et l'uniformisation croissante des produits, le leadership de la marque était inévitable. Quelle différence ? Les produits avaient des caractéristiques, les marques ont une personnalité. La publicité produit envoyait des messages, les marques créent une relation avec leurs consommateurs - une relation de plus en plus personnelle, qui a une histoire et qui évolue dans le temps.

 

Relation = interaction


Qui dit relation dit interaction. Et qui dit interaction, dans un monde numérique, dit bases de données. Bases de données ! Ce mot tabou dans l'univers traditionnel de la communication correspond pourtant à un outil essentiel pour gérer dans le temps une relation qui emprunte indifféremment plusieurs canaux - mail, sms, papier, téléphone...

Qu'est-ce qu'un site Internet aujourd'hui, d'ailleurs, sinon un fantastique outil de gestion de la vie d'une base de données ? Le site est devenu le poumon de la marque, un lieu interactif où se forge la relation avec le consommateur et où se concentrent toutes les techniques de marketing et de communication - l'endroit aussi où toutes les incohérences de la communication peuvent sauter à la figure...

De plus en plus souvent chez les annonceurs, les responsables marketing et communication établissent en commun les briefs et demandent des campagnes multicanal. En cela, ils ont un temps d'avance sur les agences historiques. D'abord parce que ces dernières n'ont pas encore acquis la culture de la technologie. Ensuite parce qu'avec une filiale par média elles ne sont pas organisées pour réellement intégrer les différents canaux de communication.

L’efficacité, préoccupation majeure des annonceurs


Or, que se passe-t-il ? L'annonceur demande du multicanal, l'agence lui répond par une idée créative déclinée en multi-support. Bien sûr, les créations restent brillantes. Mais déclinées en ligne, restent-elles efficaces ? Les annonceurs sont de plus en plus sourcilleux sur ce point, et à raison. De fait, avec l'avènement du numérique, il apparaît que le modèle de la publicité traditionnelle (une création, des déclinaisons) a vécu. Se contenter de décliner des messages sur différents supports ne correspond pas à une vraie communication multicanal. Décliner, c'est décliner.

L'efficacité, donc, est désormais au centre des préoccupations des annonceurs. Pour eux, la communication n'est plus un centre de coût, mais un investissement. Peu importe le canal, au fond, pourvu que l'investissement soit rentable. Avec la révolution numérique, l'efficacité de la communication se mesure de plus en plus - et de plus en plus vite.

La communication moderne exige désormais une rencontre : celle de la culture des idées et de la culture du résultat.

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VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES 

Multicanal : annonceurs 1, agences 0

  (Remi Salette)

La gestion des données client est d'autant plus importante qu'elle permet ensuite d'alimenter les moteurs d'analyse...
Car connaître son marché, c'est de la responsabilité du marketer. (17/07/2008)

Multicanal : annonceurs 1, agences 0

  (Olivier)

Les théories de Monsieur Frey sur la marque sont des théories personnelles au service de ses intérêts. Les marques n'existent qu'au travers de leurs produits et, contrairement à ce qui est ici affirmé, jamais les produits n'ont été autant différenciés tant en terme de caractéristiques que de prix. Les marques n'ont jamais été autant fragilisées et de nombreux indicateurs attestent que le couple Produit / Prix supplante la marque et qu'une marque peut se mettre très gravement en danger avec un seul mauvais produit. Il est cependant normal qu'une agence de communication plaide la cause des marques, puisqu'il s'agit de son fond de commerce (17/07/2008)

Multicanal : annonceurs 1, agences 0

  (Jerome BARD - Viagolf, Golf & Business marketing)

Les premières agences à réagir sur le marché du mutlicanal avec intégration des technologies numériques auront effectivement toujours un pas d'avance sur les agences traditionnelles. Mais les vrais gagnants sont les pionniers, ceux qui ont créé les nouveaux business models positionnés dès leur création sur les stratégies marketing online. Non formatées, ces agences novatrices conserveront la force de l'anti-conformisme sur un marché de la communication et du marketing avide d'un nouveau souffle. (16/07/2008)

Multicanal : annonceurs 1, agences 0

  (Rémi)

Il est vrai qu’avec l’uniformisation des produits conséquente de la production de masse, les marques ont tout intérêt à nouer des relations très personnelles avec leurs consommateurs pour prétendre pouvoir les séduire et les fidéliser. Il est vrai aussi que les annonceurs l’ont compris plus vite que les agences historiques dans lesquelles la mono-culture publicitaire a la peau dure et où l’approche « multicanal » se limite trop souvent à décliner - en effet dans tous les sens du terme - de sublimes et coûteuses campagnes de pub en bannières et en films « viraux » bricolés avec les moyens du bord. Il est vrai encore que les annonceurs exigent désormais des idées brillantes, de l’efficacité et les moyens infaillibles de la mesurer, pour tant soit peu qu’ils existent.

Mais la rencontre de la culture de l’idée et de celle du résultat risquent fort de se transformer en une brutale collision dans laquelle les belles idées resteront sur le carreau. Grâce aux rois du ROI, aux as du KPI, les marques auront des millions de datas bien rangées dans leurs bases et des campagnes qui leur garantiront une croissance à deux chiffres. Mais quid alors de leur supplément d’âme, de leur capacité à surprendre et parfois même à se planter ? Tout ce qui les rendait finalement attachantes, à bien y réfléchir. (18/07/2008)