|
JDN
LA TRIBUNE DE VINCENT FOURNOUT
L'AUTEUR
VINCENT FOURNOUTPrésident, Message Business SES ARTICLES
MEME THEME
Bannissons l’utilisation des CD d'adresses e-mail B-to-B pour les e-mailings
Les CD d'adresses e-mail promettent des centaines de milliers d'adresses pour des prix trois cents fois moins chers que les standards du marché. Comment en est on arrivé là et pourquoi il faut bannir ces pratiques.
(05/09/2008)
Avec près de 4000 utilisateurs, dont un nombre significatif de PME vendant leurs services auprès de professionnels (B to B comme on dit), Message Business accompagne au quotidien des entreprises découvrant les bénéfices de l'e-mailing pour leur prospection. Voici le chemin (de croix) qu'empruntent encore malheureusement certaines d'entre elles : - J'identifie mon besoin, ma cible et mon message. Jusqu'ici tout va bien ou presque (on y reviendra dans une autre tribune :-) - Je cherche des adresses adéquates et je cherche longtemps parce que l'adresse professionnelle de qualité est une denrée rare ! - Je compare des loueurs d'adresses professionnels au prix justifiés mais prohibitifs notamment sur les petits volumes (On dépasse souvent les 350 euros le 1 000 pour un envoi en comptant les frais fixes). - Je cherche encore un peu et je me retrouve face à une offre un peu plus souterraine de CD comportant des centaines de milliers d'adresses email à usage illimité pour quelques centaines d'euros soit des prix 300 à 400 fois moins cher (une situation unique à ma connaissance). - Je succombe à la tentation, j'achète le CD et puis.... Commencent les problèmes. Je route en masse, je me fais mettre en spam et de nombreux destinataires se plaignent. Pire que tout, j'obtiens des résultats oscillant entre catastrophique et totalement nul. Mon image de marque se dégrade sans même que je m'en aperçoive. Quelques chiffres éloquents : - Entre 0 et 5 % de taux d'ouverture en moyenne - Des taux de clic inférieurs à 0.5% (ou alors sur le lien désabonnement) - Des taux de prise de contact inférieurs à 0, 1% - Des taux de transformation inférieurs à 0,01% - Des adresses défectueuses supérieure à 30% - Des adresses obsolètes parfois de plus de 10 ans (j'ai retrouvé une adresse personnelle datant de 1998 !!!) - Des centaines de plainte directes ou indirectes (via les webmails)
Les acteurs vendant ces CD ont construit leur business initialement sur des licences de la base INSEE (SIRENE) pour de l'adresse postale. L'Internet émergeant au début des années 2000, ces acteurs ont constitué des bases d'adresses e-mail par des moyens qui aujourd'hui seraient illégaux : recueil du consentement inexistant, reconstitution de fichier nominatif (nom.prenom@entreprise.com), collecte sauvage et automatisée sur Internet. Dans ces années là, certains routeurs d'e-mailing ont aussi joué un jeu dangereux en faisant la promotion des CD pour susciter de l'usage (j'ai souvenir d'un commercial sur un salon en 2001 qui me proposait le CD gratuit pour remplir ma base...). L'écosystème est ensuite devenu un vrai bouillon de culture avec l'apparition de micro structures, souvent sans aucun cadre juridique, s'appuyant sur ces CD pour promouvoir des offres dite tout-en-un (création graphique moche + adresses pourries + routage via un smtp défaillant). La LCEN fut ensuite promulguée pour mettre de l'ordre dans tout ça et l'interprétation faite par la CNIL cadra un peu le contexte spécifique de la prospection B to B. Et pourtant, malgré ce premier cadrage, c'est encore la jungle. Les CD se vendent comme des petits pains et les offres connexes se démultiplient. En parallèle, nous sommes rentrés dans l'âge de la délivrabilité des e-mailings, des antispams à la vigilance de fer, des white, des grey lists et des blacks list. En effet, aujourd'hui ce sont des centaines de milliards de spams et des milliards d'e-mailing légitimes qui tentent d'atteindre leurs destinataires et y arrivent de moins en moins. Il faut bannir les CD d'adresses e-mail pour le bien de sa propre délivrabilité A notre époque où il est de plus en plus délicat de toucher ses cibles, même les plus légitimes, nous recommandons donc de bannir définitivement l'usage des CD. Pourquoi ? Outre des pratiques publicitaires plus que limites, voici trois bonnes raisons : - Les CD d'adresses sont à la marge de la légalité. Le recueil du consentement de l'adresse nominative reste très flou et le risque juridique est loin d'être écarté. - Le désabonnement est complexe et vu les délais entre les versions de chaque CD un plaignant peut devenir très virulent. Les blacks list se démultiplient et il est de plus en plus simple de les activer. - Les résultats de campagnes sont nuls en terme de ROI et désastreux en terme d'image de marque. Une prise de conscience individuelle mais aussi une mobilisation des différents acteurs les acteurs concernés doivent se mobiliser pour expliquer l'inutilité de ces pratiques et en canaliser les usages. - Les régulateurs et les interprofessions qui doivent se pencher à nouveau sur ces pratiques et préciser le cadre. - Les propriétaires de fichiers et les intermédiaires doivent penser leur politique commerciale pour faciliter la consommation des petits et moyens volumes en proscrivant les frais fixes. - Les routeurs doivent mettre en place des freins proactifs et curatifs à l'utilisation des adresses en provenance de ces CD. - Les médias professionnels (presse, salon etc) doivent se méfier des acteurs aux pratiques douteuses et ne pas en faire la promotion. Mais d'abord et avant tout, les entreprises doivent se rappeler que les résultats avec des CD d'adresses e-mail sont au mieux nuls, au pire carrément négatifs ! Par ailleurs soulignons que l'efficacité E-mailing passe par des bases propres, mises à jour, sollicitées intelligemment et de manières ciblée.
ESPACE AUTEUR
Comment contribuer aux tribunes du Journal du Net Déjà utilisateur ? Identifiez-vous ci-dessous Pas encore utilisateur ? Inscrivez-vous |
Bannissons l’utilisation des CD d'adresses e-mail B-to-B pour les e-mailings
(BOURGINEAU Bernard)Je suis d'accord avec vous. Je suis importuné plus de 30 fois par jour avec un spam nommé SearchNet, et je n'arrive pas à m'en debarasser. Je souhaite porter plainte contre ce dernier pour qu'il arrête de me nuire. Y a t'il une solution ?
Cordialement (09/09/2008)
Bannissons l’utilisation des CD d'adresses e-mail B-to-B pour les e-mailings
(Stéphane BARTHELEMY)Bravo pour cette prise de position. Je suis parfaitement d'accord pour faire une publicité négative de ces CD, mais le mal est fait. Le SNCD a regardé de près les actions à mener contre ces éditeurs, et ce n'est pas évident d'agir sur le plan légal. Par contre, je pense que c'est à chacun de diffuser cette position pour ramener un peu de sérénité dans le BTB.
C'est ce que je ferai dorénavant.
Stéphane BARTHELEMY, PDG , ADRESS COMPANY (09/09/2008)
Bannissons l’utilisation des CD d'adresses e-mail B-to-B pour les e-mailings
(Frédéric Testard)Bonjour à tous,
Pour reprendre les éléments présentés :
- Réflexion interprofessionnelle : une démonstration de la qualité plus que médiocre de ces fichiers, que ce soit au niveau e-mail mais également postal, a déjà été réalisée dans le cadre du SNCD (achat d'un de ces CD et comparaison avec la base Insee). Cette démonstration n'a été suivie d'aucune action.
- Présence de ces CD sur les salons : un de ces CD était distribué pas plus tard que l'année dernière lors du principal salon du marketing direct. De plus, j'ai encore observé cet été un communiqué de presse d'un important éditeur de logiciels de comptabilité qui annoncait son tour de France en partenariat avec... un des principaux fournisseur de ce type de CD.
Par contre en ce qui concerne le coût de location des adresses en BtoB, la question n'est pas au niveau des tarifs pratiqués mais au niveau du ROI généré. En effet, la guerre des prix qui a eu lieu en BtoC a conduit à une baisse de qualité des fichiers commercialisés. Constituer une base e-mail et la maintenir à jour à un véritable coût. Si le prix de vente est tiré vers le bas, le coût de collecte acceptable pour les propriétaires sera également à la baisse... et la qualité de la collecte sera à la baisse évidemment. En ce qui concerne les frais fixes, ils peuvent paraître importants sur des faibles volumes. Cependant il faut noter que ces frais fixes correspondent au temps passé pour réaliser les comptages. Ce temps est souvent plus important sur de faibles volumes car les comptages sont alors affinés, modifiés plusieurs fois.
D'autre part, au-delà des frais fixes il y a la problématique du minimum de facturation. La comparaison entre un fichier de qualité à 250 euros du mille en moyenne vs un CD se résume alors à : vaut-il mieux dépenser 10 000 euros pour générer 15 000 euros de revenus (voir beaucoup plus) ou dépenser 1000 euros pour générer 0 et détruire ma réputation en ligne ? (09/09/2008)
Bannissons l’utilisation des CD d'adresses e-mail B-to-B pour les e-mailings
(Un spammé par les CD france-prospect, datexia, manageo, MTI, lemille, Kapitol ...)Excellent. J'approuve totalement. (08/09/2008)
Il est temps que le SNCD prenne clairement position
(Jérome Gays)Bravo pour cet excellent article.
Je confirme : un seul routage sur un de ces CD provoque un blacklistage de l'IP émettrice et de tout les domaines présents dans l'e-mail (attention à vos sites !)
Cette pratique et celle de l'échange de base de données est déjà interdite depuis un moment chez Cabestan.
Il est temps que le SNCD prenne clairement position par rapport à ces sociétés et n'héberge plus en son sein des sociétés qui commercialisent des outils de constitution de liste e-mail à partir d'annuaire.
Jérôme Gays
Relations FAI/ISP chez Cabestan (11/09/2008)
Double jeu
(Virginie)Merci pour votre article.
En tant que professionnelle dans la location et la vente d'adresses B to B, je partage tout à fait votre avis.
Je reçois régulièrement des utilisateurs déçus par ces CD aux tarifs si attractifs.
Mais, je dois dire que ce qui me choque encore plus, c'est de savoir qui se cache derrière l'un de ces CD...
Savez vous qui est derriere France prospect ? Et bien...un professionnel de la vente d'adresses, Altares, qui est participant majoritaire d'Optima on line... (12/09/2008)
Bannissons l’utilisation des CD d'adresses e-mail B-to-B pour les e-mailings
(Jolivel Bertrand)Tout à fait d'accord avec ce point de vue.
Apportons le maximum de soins à nos bases, c'est par la qualification de celles-ci que le CA du client s'en trouvera amélioré. A Vitisphere, s'est plus de 80% de l'effectif de la société qui contribue à la qualification de la base de données.
En parallèle, et depuis 3 ans, nous avons résolument facilité l'accès aux demandes de compagnes BtoB comprises entre 1 000 et 2 500 mails.
Bertrand Jolivel
Responsable Commercial Vitisphere (15/09/2008)
Bannissons l’utilisation des CD d'adresses e-mail B-to-B pour les e-mailings
(Benoit)Doit-on conclure de cet article et de son titre que l'utilisation de ce genre de CD reste valable pour d'autres formes de contacts, telles que les mailings papier mais aussi et surtout pour le phoning ? (07/11/2008)
Re : Bannissons l’utilisation des CD d'adresses e-mail B-to-B pour les e-mailings
(Jean)Je trouve en effet ce genre de CD totalement inadapté aux pratiques normales et respectueuses du marketing direct. Ni la SNCD, ni la Cnil ne prennent position pour retirer ce type de CD. Pourquoi ne pas proposer à toutes les entreprises présentes sur ces CD de se désabonner directement à la source, à savoir chez l'éditeur. En cas de non respect de notre volonté, porter plainte auprès des instances concernées. Qu'en pensez vous ? Merci de votre réponse (20/04/2009)