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Les experts s'expriment sur le Journal du Net
Pas d'accord (John Samson)
Pas d'accord sur cette tribune, voici pourquoi :
"La plupart des systèmes de pari rémunèrent le risque que prennent les parieurs en redistribuant une partie des enjeux qu'ils collectent."
=> FAUX. La plus part des systèmes de paris sportifs sont des systèmes de "bookmaker": l'opérateur fixe une côte sur un évènement sportif et se rémunère lui-même en sous-évaluant la côte réelle (la probabilité) de l'évènement sportif.
"Ainsi, s'il y a peu de parieurs, donc peu d'enjeux, il y a peu d'argent à redistribuer et, finalement... peu d'intérêt à parier."
=> FAUX, si il y a peu de parieurs, le choix de paris et les côtes ne changent pas, l'intérêt pour le parieur reste le même. Le bookmaker perd en volume d'affaires certes.
Par conséquence, un nouvel acteur du pari sportif n'a pas forcément besoin "d'attirer un flux de parieurs important" dès le début, il peut augmenter progressivement son audience.
Par contre les systèmes de "betting exchange" (plus complexes à comprendre pour l'utilisateur et moins utilisés) comme utilise Betfair, l'argument "peu de parieurs donc peu d'intérêt" tient la route.
"Au passage, créer de telles applications (de casino ou poker) n'est pas d'une grande complexité. Certains gros acteurs pourraient même se passer des intermédiaires qui les fournissent."
=> FAUX, ces applications sont aujourd'hui très avancées et le fruit de milliers d'heures de développement. Playtech, Microgaming, Orbis et autres pourront en témoigner.
"Une marque grand public et généraliste, qui sert un business model qui ne dépend pas du pari ou de l'univers qui s'y rattache (médias généralistes, grands portails Internet, opérateurs téléphoniques...), n'a pas intérêt à opérer sous sa marque. Parce que statistiquement, les parieurs perdent (c'est même le fondement du modèle économique), et les gens qui perdent peuvent se transformer en mauvais perdants à tendance paranoïaque."
=> FAUX, Virgin Games, The Sun Bingo (le plus gros site de bingo au Royaume-Uni) et d'autres ont prouvé le contraire outre-manche. (06/12/2008)
Pas d’accord sur votre désaccord ! (Laurent Moisson)
Bonjour Monsieur,
Mes réponses se trouvent à la suite des points de désaccord que vous avez listés et commencent par LM.
1. "La plupart des systèmes de pari rémunèrent le risque que prennent les parieurs en redistribuant une partie des enjeux qu'ils collectent. Ainsi, s'il y a peu de parieurs, donc peu d'enjeux, il y a peu d'argent à redistribuer et, finalement... peu d'intérêt à parier."
=>FAUX. La plus part des systèmes de paris sportifs sont des systèmes de "bookmaker": l'opérateur fixe une côte sur un évènement sportif et se rémunère lui-même en sous-évaluant la côte réelle (la probabilité) de l'évènement sportif.
=> FAUX, si il y a peu de parieurs, le choix de paris et les côtes ne changent pas, l'intérêt pour le parieur reste le même. Le bookmaker perd en volume d'affaires certes.
LM : Certes, les systèmes de pari à côte fixe n’ont que faire de la masse commune et ne redistribuent pas mécaniquement une part fixe de leurs enjeux. En tout cas en théorie. Car pour rémunérer correctement le risque pris par un joueur, il faut un volume d’enjeux important. A moins que :
- Vous soyez en mesure de garantir que vos joueurs perdent toujours (si vous savez faire cela, je veux bien vous embaucher),
- Vous offriez des côtes peu intéressantes afin de limiter votre risque. J’ai bien peur que ce choix limite l’attrait de votre offre.
- Que le bookmaker accepte de ne pas répartir son risque sur une diversité importante de paris. C’est donc lui qui prend un risque. Ce qui arrive : exemple, dernière coupe d’Europe de Football. Et s’il lui arrive de perdre gros, et qu’il veut être solvable et rentable sur le long terme, il faut qu’il puisse se refaire derrière et, pour se refaire, il lui faut un volume d’enjeux important, généralement généré par une bonne audience.
2. Par conséquence, un nouvel acteur du pari sportif n'a pas forcément besoin "d'attirer un flux de parieurs important" dès le début, il peut augmenter progressivement son audience.
LM : D’accord avec vous pour le pari sportif (qui semble être votre spécialité) mais, ça ne fonctionne pas :
- Pour le pari mutuel : si vous n’avez pas de masse commune, vous jouez contre vous-même, ce qui n’est pas intéressant (c’est le montant des enjeux qui est redistribué. Si ce montant est faible, les gains sont capés et les côtes ne peuvent pas être intéressantes).
- Pour les sites de poker et quelques autres jeux de casino : Aucun joueur n’acceptera d’attendre plusieurs minutes pour qu’une table de poker se remplisse. Surtout qu’en l’occurrence, la concurrence est rude. Il faut donc de l’audience, tout de suite, sous peine de passer votre temps à recruter des joueurs qui partent aussitôt.
3. "Au passage, créer de telles applications (de casino ou poker) n'est pas d'une grande complexité. Certains gros acteurs pourraient même se passer des intermédiaires qui les fournissent."
=> FAUX, ces applications sont aujourd'hui très avancées et le fruit de milliers d'heures de développement. Playtech, Microgaming, Orbis et autres pourront en témoigner.
LM : J’imagine bien que Playtech, Microgaming, Orbis ou d’autres vont nous expliquer que leur métier est d’une complexité inouïe et qu’il vaut mieux passer par eux pour créer des systèmes de jeux en ligne. C’est clairement leur intérêt. Malheureusement, je ne suis pas de cet avis.
Il est vrai que les sites à petites audiences n’ont aucun espoir d’amortir de tels investissements. Par contre, des géants du web ou des télécoms peuvent clairement faire sans eux.
4. => FAUX, Virgin Games, The Sun Bingo (le plus gros site de bingo au Royaume-Uni) et d'autres ont prouvé le contraire outre-manche.
Là, je vous laisse assumer cette déclaration. Il n’est pas certain que toutes les marques de média et de télécoms prennent le risque de se trouver traîner devant la presse ou les tribunaux pour des affaires d’addiction ou de blanchiment par des parieurs malchanceux (et mauvais perdants). Mais là encore, certains acteurs peuvent accepter de prendre ce risque. C’est un choix respectable. Mon propos est simplement de dire qu’on peut faire sans. Le succès des « pure player » du pari online, qui n’existaient pas il y a encore quelques années, et qui sont devenus des marques reconnues, le prouve. Et pas seulement outre-manche ! (09/12/2008)
Re : Pas d’accord sur votre désaccord ! (John Samson)
Je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre.
C’est votre 1ère phrase qui plombe votre tribune en donnant une information fausse: "La plupart des systèmes de pari rémunèrent le risque que prennent les parieurs en redistribuant une partie des enjeux qu'ils collectent." Comme expliqué, c’est le système bookmaker qui est le plus utilisé.
Sur les points 1 et 2, effectivement mon propos ne concernait que le système de pari « bookmaker » (le plus populaire), alors que vous parlez d’autres systèmes, d’où nos désaccords.
Pour le point 3, après votre affirmation initial « créer de telles applications (de casino ou poker) n'est pas d'une grande complexité », vous ajoutez « Il est vrai que les sites à petites audiences n’ont aucun espoir d’amortir de tels investissements. ».
Pour le point 4, votre tribune affirme « Une marque grand public et généraliste (…) n'a pas intérêt à opérer sous sa marque ». Je vous ai cité des contre-exemples. Vous glissez dans votre réponse: « Mon propos est simplement de dire qu’on peut faire sans. »
Dans les deux cas merci d’avoir tempéré vos propos, qui, il est vrai, devait initialement être synthétique. (17/12/2008)
Re : Re : Pas d’accord sur votre désaccord ! (Laurent Moisson)
Bonjour,
Nous nous rejoignons effectivement sur ces précisions. Le marché du gambling online est complexe et les cas sont assez divers. La synthèse est donc parfois imparfaite. Mais elle permet d'identifier les grands enjeux.
En tout cas, merci pour vos commentaires qui ont pu enrichir ce débat.
Bien à vous.
Laurent Moisson (22/12/2008)
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Pas d'accord
(John Samson)Pas d'accord sur cette tribune, voici pourquoi :
"La plupart des systèmes de pari rémunèrent le risque que prennent les parieurs en redistribuant une partie des enjeux qu'ils collectent."
=> FAUX. La plus part des systèmes de paris sportifs sont des systèmes de "bookmaker": l'opérateur fixe une côte sur un évènement sportif et se rémunère lui-même en sous-évaluant la côte réelle (la probabilité) de l'évènement sportif.
"Ainsi, s'il y a peu de parieurs, donc peu d'enjeux, il y a peu d'argent à redistribuer et, finalement... peu d'intérêt à parier."
=> FAUX, si il y a peu de parieurs, le choix de paris et les côtes ne changent pas, l'intérêt pour le parieur reste le même. Le bookmaker perd en volume d'affaires certes.
Par conséquence, un nouvel acteur du pari sportif n'a pas forcément besoin "d'attirer un flux de parieurs important" dès le début, il peut augmenter progressivement son audience.
Par contre les systèmes de "betting exchange" (plus complexes à comprendre pour l'utilisateur et moins utilisés) comme utilise Betfair, l'argument "peu de parieurs donc peu d'intérêt" tient la route.
"Au passage, créer de telles applications (de casino ou poker) n'est pas d'une grande complexité. Certains gros acteurs pourraient même se passer des intermédiaires qui les fournissent."
=> FAUX, ces applications sont aujourd'hui très avancées et le fruit de milliers d'heures de développement. Playtech, Microgaming, Orbis et autres pourront en témoigner.
"Une marque grand public et généraliste, qui sert un business model qui ne dépend pas du pari ou de l'univers qui s'y rattache (médias généralistes, grands portails Internet, opérateurs téléphoniques...), n'a pas intérêt à opérer sous sa marque. Parce que statistiquement, les parieurs perdent (c'est même le fondement du modèle économique), et les gens qui perdent peuvent se transformer en mauvais perdants à tendance paranoïaque."
=> FAUX, Virgin Games, The Sun Bingo (le plus gros site de bingo au Royaume-Uni) et d'autres ont prouvé le contraire outre-manche. (06/12/2008)
Pas d’accord sur votre désaccord !
(Laurent Moisson)Bonjour Monsieur,
Mes réponses se trouvent à la suite des points de désaccord que vous avez listés et commencent par LM.
1. "La plupart des systèmes de pari rémunèrent le risque que prennent les parieurs en redistribuant une partie des enjeux qu'ils collectent. Ainsi, s'il y a peu de parieurs, donc peu d'enjeux, il y a peu d'argent à redistribuer et, finalement... peu d'intérêt à parier."
=>FAUX. La plus part des systèmes de paris sportifs sont des systèmes de "bookmaker": l'opérateur fixe une côte sur un évènement sportif et se rémunère lui-même en sous-évaluant la côte réelle (la probabilité) de l'évènement sportif.
=> FAUX, si il y a peu de parieurs, le choix de paris et les côtes ne changent pas, l'intérêt pour le parieur reste le même. Le bookmaker perd en volume d'affaires certes.
LM : Certes, les systèmes de pari à côte fixe n’ont que faire de la masse commune et ne redistribuent pas mécaniquement une part fixe de leurs enjeux. En tout cas en théorie. Car pour rémunérer correctement le risque pris par un joueur, il faut un volume d’enjeux important. A moins que :
- Vous soyez en mesure de garantir que vos joueurs perdent toujours (si vous savez faire cela, je veux bien vous embaucher),
- Vous offriez des côtes peu intéressantes afin de limiter votre risque. J’ai bien peur que ce choix limite l’attrait de votre offre.
- Que le bookmaker accepte de ne pas répartir son risque sur une diversité importante de paris. C’est donc lui qui prend un risque. Ce qui arrive : exemple, dernière coupe d’Europe de Football. Et s’il lui arrive de perdre gros, et qu’il veut être solvable et rentable sur le long terme, il faut qu’il puisse se refaire derrière et, pour se refaire, il lui faut un volume d’enjeux important, généralement généré par une bonne audience.
2. Par conséquence, un nouvel acteur du pari sportif n'a pas forcément besoin "d'attirer un flux de parieurs important" dès le début, il peut augmenter progressivement son audience.
LM : D’accord avec vous pour le pari sportif (qui semble être votre spécialité) mais, ça ne fonctionne pas :
- Pour le pari mutuel : si vous n’avez pas de masse commune, vous jouez contre vous-même, ce qui n’est pas intéressant (c’est le montant des enjeux qui est redistribué. Si ce montant est faible, les gains sont capés et les côtes ne peuvent pas être intéressantes).
- Pour les sites de poker et quelques autres jeux de casino : Aucun joueur n’acceptera d’attendre plusieurs minutes pour qu’une table de poker se remplisse. Surtout qu’en l’occurrence, la concurrence est rude. Il faut donc de l’audience, tout de suite, sous peine de passer votre temps à recruter des joueurs qui partent aussitôt.
3. "Au passage, créer de telles applications (de casino ou poker) n'est pas d'une grande complexité. Certains gros acteurs pourraient même se passer des intermédiaires qui les fournissent."
=> FAUX, ces applications sont aujourd'hui très avancées et le fruit de milliers d'heures de développement. Playtech, Microgaming, Orbis et autres pourront en témoigner.
LM : J’imagine bien que Playtech, Microgaming, Orbis ou d’autres vont nous expliquer que leur métier est d’une complexité inouïe et qu’il vaut mieux passer par eux pour créer des systèmes de jeux en ligne. C’est clairement leur intérêt. Malheureusement, je ne suis pas de cet avis.
Il est vrai que les sites à petites audiences n’ont aucun espoir d’amortir de tels investissements. Par contre, des géants du web ou des télécoms peuvent clairement faire sans eux.
4. => FAUX, Virgin Games, The Sun Bingo (le plus gros site de bingo au Royaume-Uni) et d'autres ont prouvé le contraire outre-manche.
Là, je vous laisse assumer cette déclaration. Il n’est pas certain que toutes les marques de média et de télécoms prennent le risque de se trouver traîner devant la presse ou les tribunaux pour des affaires d’addiction ou de blanchiment par des parieurs malchanceux (et mauvais perdants). Mais là encore, certains acteurs peuvent accepter de prendre ce risque. C’est un choix respectable. Mon propos est simplement de dire qu’on peut faire sans. Le succès des « pure player » du pari online, qui n’existaient pas il y a encore quelques années, et qui sont devenus des marques reconnues, le prouve. Et pas seulement outre-manche ! (09/12/2008)
Re : Pas d’accord sur votre désaccord !
(John Samson)Je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre.
C’est votre 1ère phrase qui plombe votre tribune en donnant une information fausse: "La plupart des systèmes de pari rémunèrent le risque que prennent les parieurs en redistribuant une partie des enjeux qu'ils collectent." Comme expliqué, c’est le système bookmaker qui est le plus utilisé.
Sur les points 1 et 2, effectivement mon propos ne concernait que le système de pari « bookmaker » (le plus populaire), alors que vous parlez d’autres systèmes, d’où nos désaccords.
Pour le point 3, après votre affirmation initial « créer de telles applications (de casino ou poker) n'est pas d'une grande complexité », vous ajoutez « Il est vrai que les sites à petites audiences n’ont aucun espoir d’amortir de tels investissements. ».
Pour le point 4, votre tribune affirme « Une marque grand public et généraliste (…) n'a pas intérêt à opérer sous sa marque ». Je vous ai cité des contre-exemples. Vous glissez dans votre réponse: « Mon propos est simplement de dire qu’on peut faire sans. »
Dans les deux cas merci d’avoir tempéré vos propos, qui, il est vrai, devait initialement être synthétique. (17/12/2008)
Re : Re : Pas d’accord sur votre désaccord !
(Laurent Moisson)Bonjour,
Nous nous rejoignons effectivement sur ces précisions. Le marché du gambling online est complexe et les cas sont assez divers. La synthèse est donc parfois imparfaite. Mais elle permet d'identifier les grands enjeux.
En tout cas, merci pour vos commentaires qui ont pu enrichir ce débat.
Bien à vous.
Laurent Moisson (22/12/2008)