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LA TRIBUNE DE VINCENT DUFIEF
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VINCENT DUFIEFAvocat, Avocat SES ARTICLES
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Les réseaux sociaux menacent ils la sécurité nationale ?
Les réseaux sociaux, nouvel outil de renseignement ? Pourquoi pas. Ils offrent une bonne image de l’opinion d’un peuple à un moment donné. Mais que risquent les internautes diffusant des informations sensibles ?
(19/05/2008)
L'utilisation des réseaux sociaux n'est pas totalement dénuée de risques, c'est un fait. Parmi ceux déjà bien répertoriés figurent la diffamation, l'atteinte à la vie privée ou encore l'incitation à la haine raciale. Un autre danger, moins évident que les précédents, semble faire son apparition. Il s'agit de l'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, en d'autres termes, de l'espionnage. Les réseaux sociaux, un outil de renseignement ? Avec les sommes considérables d'informations qu'ils mettent à disposition du public, les réseaux sociaux peuvent s'avérer être d'excellents outils de renseignement, dans tous les sens du terme. Mythe ou réalité, toujours est il que la question de la fuite d'informations sensibles sur les réseaux sociaux a récemment suscité diverses réactions gouvernementales. On peut citer deux exemples récents. Quelles conséquences en cas de publication d'éléments sensibles ? Si le risque existe en Israël ou au Canada, force est d'admettre qu'il est identique pour toutes les armées du monde. La diffusion de photographies de personnels ou d'installations militaires françaises sur Facebook serait donc toute aussi dangereuse et répréhensible. Quelles seraient les conséquences juridiques, en droit français, d'une telle publication ? La première faute pénale concerne directement l'auteur de la photographie, qui peut être sanctionné pour violation de l'article R. 645-2 du code pénal. Les choses sont encore susceptibles de s'aggraver en cas de diffusion publique d'informations couvertes par le secret-défense. En effet, le fait, par un militaire, de "porter à la connaissance du public" un élément couvert par le secret de la défense nationale est puni de sept ans d'emprisonnement et de 100.000 euros d'amende. Le secret de la défense nationale est défini par référence à l'article 413-9 du Code pénal, selon lequel : "Présentent un caractère de secret de la défense nationale (...) les renseignements, procédés, objets, documents, données informatisées ou fichiers intéressant la défense nationale qui ont fait l'objet de mesures de protection destinées à restreindre leur diffusion. Peuvent faire l'objet de telles mesures les renseignements, procédés, objets, documents, données informatisées ou fichiers dont la divulgation est de nature à nuire à la défense nationale ou pourrait conduire à la découverte d'un secret de la défense nationale. (...)". Le caractère "secret-défense" d'un élément ne peut ainsi résulter que d'un acte officiel de qualification comme tel. Il n'existe plus, comme cela pu être autrefois le cas, d'éléments secrets "par nature" hors de toute classification officielle. En pratique, l'illégalité de la publication d'informations sensibles par des militaires français sur un réseau social dépendra donc de la qualification qui leur a été donnée : les plans d'une base sur un terrain d'opération étranger ont de fortes chances d'être couverts par le secret-défense, alors qu'il semble peu probable que la photographie d'un navire à quai dans un port français soit classifiée "secret-défense". La problématique de la diffusion de photographies d'installations militaires dépasse toutefois le cadre des réseaux sociaux et se pose clairement pour ce qui est des photographies satellite sur Google Earth ou Géoportail. VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES
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