Production
La production est-elle aussi totalement concernée par le passage de
l'économie de l'objet (matérielle) à l'économie de l'idée (immatérielle).
La production d'idées et de services concerne aujourd'hui la plus grande
part de la production.
La production d'objets continue naturellement à exister, mais ils sont produits
par moins de main-d'oeuvre, remplacée par de nombreux outils technologiques.
Par ailleurs, la production est plus intimement liée à la R&D qu'auparavant,
étant donné l'obsolescence plus rapide des objets et la participation des
consommateurs à leur réalisation. Nous observons de plus en plus de produits
fabriqués, composés, sur mesure, à la demande des consommateurs.
La plupart des gens travaillent à la production d'idées et de services. Le
volume de matériaux et la rapidité permise par le web ainsi que la créativité
qu'elle exacerbe favorisent une production intense de produits immatériels
(idées et services).
Le web modifie totalement la conception de la production. Elle est de plus
en plus, comme nous l'avons explicité par ailleurs, scindée en deux : la
production quantitative (ou industrielle) et la production qualitative (ou
artisanale). Cela vaut tant pour les objets que pour les services.
Logistique
Sur le plan logistique, le web a accéléré tous les cycles : cycle des
commandes, gestion centralisée des stocks des usines d'une même entreprise,
achats, etc.
» Achat en direct
Désormais, on reçoit moins de représentants, on visite moins de fournisseurs,
on achète ou l'on prépare ses achats via le web. Et de plus en plus
d'achats se font directement en ligne; de plus en plus de fournisseurs
n'ont d'ailleurs plus d'autre boutique que leur site web, le lien entre
l'entrepôt de stockage et le client est immédiat. L'entreprise est clairement
fournisseur et acheteur par l'e-commerce. Et, dans les deux cas, elle ne
doit pas perdre de vue l'inversion de pouvoir : dans l'e-commerce, c'est
le client qui a la main alors que dans le commerce classique, c'était le
vendeur.
» Meubles, immeubles
et flottes de véhicule
Tout ce qui est de l'ordre du matériel au service du fonctionnement sédentaire
de l'entreprise est en train d'être remis en question. A quoi bon en
effet disposer de 12 à 15 m² de bureau par collaborateur si ceux-ci
sont totalement ou partiellement nomades ? A quoi bon entretenir (à prix
de plus en plus fort) une flotte de véhicules dans un fonctionnement éclaté ?
A quoi bon disposer d'une armada de 'techniciennes de surfaces' dans des
lieux de plus en plus désertés. Nous sommes toujours surpris, en visitant
les entreprises et organisations, de tous ces espaces et mobiliers habités
par des fantômes, hérités de notre passé taylorien et en train de tomber
en désemploi.
Ne vous y méprenez pas, nous n'avons pas dit non plus que tout est virtuel
et nomade. Par contre, toutes les entreprises ont, sinon auront, leur part
de travailleurs virtuels et certaines, comme c'est déjà le cas pour bon nombre
de TPE, sont ou seront totalement virtuelles. L'entreprise-réseau peut
être un réseau de talents travaillant chacun chez eux. Pensez-y. Sauf si
les actionnaires institutionnels et les banques (terrorisés face aux entreprises
virtuelles qu'ils ne peuvent saisir par huissier et qui d'ailleurs n'ont
que faire d'eux puisqu'elles n'en ont le plus souvent pas besoin) exigeaient
des tableaux comptables remplis d'actifs bien tangibles, nous invitons les
entreprises à regarder ces dépenses de plus en plus inutiles et inadaptées
au fonctionnement réel de leur entreprise.
Web&Dirigeants. Edi.pro
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