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Le 9 mars dernier, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi Perben sur la sauvegarde des entreprises. Ce projet de loi, qui doit encore passer devant le Sénat d'ici juin, propose de modifier le droit des faillites en s'inspirant notamment du régime "Chapter 11" américain. Le projet Perben, qui comporte quelques 200 articles, concerne un point particulièrement sensible de l'activité macro-économique : l'année dernière en France, près de 49.000 entreprises auraient déposé le bilan selon Euler Hermes SFAC (lire l'article). Ces fermetures auraient entraîné environ 150.000 suppressions d'emplois. Au banc des accusés figurent notamment les déficits de trésorerie, souvent amplifiés lors des procédures de mise en faillite. Passage en revue des apports législatifs proposés par le projet de loi.
Anticiper la crise
La principale proposition du texte réside dans le "redressement
judiciaire anticipé", dit de sauvegarde. Celui-ci est
déclenché à l'initiative du dirigeant de l'entreprise
en difficulté bien avant d'en arriver à la cessation
de paiement, une formule qui implique la suspension automatique
des échéances de remboursement des dettes. Le redressement
judiciaire anticipé permet de négocier avec les créanciers
un plan de restructuration de la dette qui est validé par
le tribunal de commerce. Seule la cessation de paiement permettait
jusqu'à maintenant de se placer sous redressement judiciaire.
En voulant mettre en place ce statut préventif, le projet
de loi Perben cherche à offrir une étape intermédiaire
aux entreprises en difficulté : à ce jour, seuls
12 % des redressements judiciaires aboutissent à un
plan de continuation.
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Point
de vue
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Dans quel contexte intervient
la loi Perben ? Pourquoi avez-vous proposé
un amendement concernant les licenciements ? Le texte pourrait-il encore évoluer
sur des points épineux ? |
Une nouvelle
forme de conciliation
Toujours dans une logique préventive, le projet de loi prévoit
que l'entrepreneur puisse mettre en oeuvre une procédure dite de
conciliation. Cette procédure, qui remplace le règlement
à l'amiable institué en 1994, permet au chef d'entreprise
de renégocier la dette directement avec les créanciers. La grande
nouveauté est que cette négociation peut s'opérer
de manière confidentielle, sans en informer les partenaires sociaux
de l'entreprise.
La marge
de manoeuvre des créanciers
Sur le plan financier, le texte prévoit le privilège
"d'argent frais". Ce privilège est réservé
aux banques qui apportent des fonds pendant la période de
conciliation. Ces banques, qui ont permis à l'entreprise
de survivre, bénéficient d'un privilège de paiement
des créances après la faillite. Le projet de loi adouçit
par ailleurs la notion de "soutien abusif". Les établissements
bancaires ne pourront, selon le texte, "sauf fraude ou comportement
manifestement abusif de leur part, être tenus pour responsables
des préjudices subis du fait des concours consentis".
Le rôle
du chef d'entreprise
Le projet de loi renforce le rôle du tandem tribunal de commerce-chef
d'entreprise. Le texte étend ainsi les pouvoirs du président
du tribunal de commerce ou de grande instance pour prévenir les
difficultés des entreprises. Dans le même temps, la loi Perben
prévoit le maintien du dirigeant d'entreprise dans ses fonctions
lors du redressement judiciaire. Le chef d'entreprise peut néanmoins
être assisté sur décision du tribunal par un
l'administrateur judiciaire pour certains actes. Par ailleurs, les
sanctions que peuvent encourir des chefs d'entreprise en faillite
sont allégées. La durée maximale d'interdiction de
gestion est limitée à quinze ans, la durée minimale étant
abrogée (contre cinq ans aujourd'hui).
Un droit
étendu et modulaire
Le texte étend le régime du droit des faillites aux professions
libérales et aux professionnels indépendants. Le projet de loi crée
par ailleurs une procédure de liquidation simplifiée pour les petites
entreprises, afin de limiter la durée de l'opération à un
an.