Alternext, mode d'emploi
Conditions d'admission, détail du processus d'introduction, système de cotation... le fonctionnement d'Alternext passé au crible.
Créé à destination des petites et moyennes entreprises (PME),
Alternext, le nouveau marché boursier fondé par
Euronext, a été ouvert le 17 mai avec l'introduction
en bourse du MeilleurTaux, site Internet de courtage en crédits
immobiliers. Afin d'attirer les entreprises à capitalisation
réduite (entre 10 et 90 millions d'euros) qui ont déserté
les marchés réglementés depuis 2000, Euronext
a concocté une nouvelle plate-forme de financement. Inspiré
de l'
Alternative Investment Market (AIM) anglais, Alternext
s'inscrit à mi-chemin entre Eurolist, le système de cotation
qui fusionne depuis le 21 février dernier Premier, Second
et Nouveau marchés, et le marché libre qui, s'il n'impose
pas de contraintes, ne garantit pas non plus une protection
aux investisseurs. Cela signifie
in fine des règles
de cotation moins contraignantes alliées à une
protection minimale.
Un minimum de capital flottant
L'entreprise qui souhaite s'introduire sur Alternext est contrainte de placer sur le marché au moins 2,5 millions d'euros de titres. C'est moins que sur Eurolist (15 millions d'euros en moyenne) mais ce montant assure néanmoins aux investisseurs un minimum de mouvement sur la cotation.
Au moins deux ans d'existence
Toute société candidate à une introduction
sur Alternext doit présenter un historique des comptes
sur deux années. Toutefois, elle n'est pas obligée
de présenter sa comptabilité sous les normes IFRS
(
International financial reporting standards), ces nouvelles
normes comptables que les sociétés cotées de l'Union européenne
doivent désormais appliquer pour présenter leurs comptes
consolidés. A titre de comparaison, pour entrer sur Eurolist,
il faut présenter trois années d'historique aux
normes IFRS.
Disposer d'un "listing sponsor"
Ce spécialiste financier accompagne la société lors
de son processus d'introduction. Il a deux fonctions majeures. Dans un premier
temps, il conseille le candidat et l'aide dans ses démarches lors de l'IPO.
Puis, dans les premières années qui suivent le début de la
cotation (au moins deux ans), il a pour mission d'accompagner la société
dans sa vie boursière. Parmi les sociétés ayant reçu
l'agrément de "listing sponsor" pour Alternext, figurent Arkeon
Finance, Avenir Finance Corporate, CM-COIC Securities, Oddo Corportae Finance,
Société Générale et Sodica (Crédit Agricole).
Un prospectus visé par l'AMF
Afin de rassurer les investisseurs et conformément
à la loi sur l'APE (Appel public à l'épargne),
le processus d'introduction sur Alternext a conservé
certaines bases de la réglementation imposée sur
Eurolist. Ainsi, la société candidate à
une IPO sur ce marché doit soumettre à l'Autorité
des marchés financiers un prospectus qui décrit
la situation juridique et comptable de la société qui souhaite
faire appel à l'épargne du public. Le document détaille
également l'activité de la société. Ce
prospectus doit recevoir l'aval de l'AMF. Sans ce visa, l'introduction
en bourse de la société n'est pas permise. Seule
exception : l'admission directe sans offre au public. Suite
à un placement privé, une entreprise peut en effet
procéder à un accès direct sur Alternext.
La condition est que, dans les deux ans précédant
son IPO, elle ait ouvert son capital (au moins 5 millions d'euros)
à un minimum de cinq investisseurs. La société
doit malgré tout publier un document d'information mais
celui-ci n'est pas visé par le régulateur. Il
est sous l'entière responsabilité de la société
et de son "listing sponsor".
La transparence des comptes
Si, contrairement aux sociétés cotées
sur Eurolist, une entreprise présente sur Alternext n'est
pas contrainte à une publication trimestrielle de ses
comptes, elle est néanmoins dans l'obligation de présenter
des comptes annuels certifiés et des comptes semestriels.
Un système de cotation double
Le système de cotation sur Alternext est divisé en deux modes complémentaires afin de développer la liquidité sur des valeurs au flottant plus étroit. Chaque séance de cotation est organisée autour d'une période de
market making (tenue de marché), suivie d'une période de
fixing (carnet d'ordres central) en fin de journée. Concrètement, la cotation en journée se traduit par l'affichage permanent de fourchettes de prix tandis que le fixing assure une cotation régulière des valeurs. Ce double système vise à ne pas rencontrer sur Alternext les mêmes écueils que l'on a pu observer sur le Nouveau ou le Second marché, c'est-à-dire un manque d'animation sur certaines valeurs moyennes qui incitaient les investisseurs à se tourner vers d'autres marchés, plus vivants.
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L'Alternative
investment market
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L'AIM, dont est fortement inspiré Alternext,
est le marché du London stock exchange (LSE) dédié
aux valeurs émises par les petites et nouvelles sociétés.
L'Alternative investment market s'adresse notamment
aux valeurs moyennes en phase de croissance. Il se situe
à mi-chemin entre le Nouveau marché et le marché
hors-cote. Comme Alternext, sa réglementation
boursière est bien moins draconienne que les
autres marchés du LSE (pas de capital flottant
minimum, pas d'historique comptable requis, pas d'obligation
de visa du gendarme de la bourse londonienne, etc.).
Créé en 1995, l'AIM compte aujourd'hui
plus de 1.300 compagnies cotées sur son marché.
Elles ont levé au total plus de 11 milliards
de livres (16 milliards d'euros).
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