Pascal
Chauvin (DIF-Expert)
Le DIF, une véritable bombe à retardement
D'après le co-dirigeant de DIF-Expert, l'entreprise ne peut ou ne veut pas financer le DIF et le salarié capitalise ses droits pour une formation plus longue.
Principale innovation de la nouvelle réforme sur la formation
professionnelle, le DIF, Droit individuel à la formation,
donne aux salariés du secteur privé, un droit de vingt heures
de formation par an cumulable sur six ans.
Une réforme peu ou pas connue
Ce sont 1,2 million d'entreprises de un à dix salariés et
près de 200.000 entreprises de dix salariés et plus qui sont
concernées par cette réforme. Or, combien d'entre elles la
connaissent ? En dehors de quelques fédérations très
actives, le message n'est pas passé. Pourtant, la loi oblige,
après des calculs bien compliqués, d'informer dès 2005 les
14,5 millions de bénéficiaires salariés de ce Droit.

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DIF-Expert
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DIF-Expert organise
par régions des formations sur la mise en place du DIF.
Durant une journée de 9h à 18h30, prise en charge par
les OPCA ou imputable sur le plan de formation légal,
il forme les entrepreneurs et les responsables des ressources
humaines sur les différentes étapes à mettre en œuvre
pour instaurer le DIF au sein des entreprises. DIF-Expert
mesure le surcoût engendré par le DIF, puis met en place
des opérations d'animation du DIF afin de proposer aux
salariés des formations qualifiantes et motivantes.
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Le texte de loi est compliqué à comprendre.
Texte auquel se rajoutent les différents accords de branche.
Les employeurs se posent donc de nombreuses questions. En dehors
ou pendant les heures de travail ? Quel impact sur la masse
salariale de l'entreprise ? Quels sont les motifs pour refuser
un DIF ? Comment le financer ? Quelle complémentarité avec les
autres formations ?
Une réforme pas comprise
Et pour les heureux entrepreneurs qui ont la connaissance de
la réforme, le calcul des entreprises est simple : informons
nos salariés le minimum, car si l'ensemble de nos collaborateurs
prennent leur DIF en 2005, la masse salariale augmentera de
2,5 % à 4 % suivant les options choisies. D'autant
plus que les plans de formation, c'est-à-dire les formations
"imposées" par l'employeur, sont déjà programmées et coûtent
à l'entreprise de plus de dix salariés 1,6 % de sa masse
salariale (minimum légal). Ces chefs d'entreprise ne font alors
qu'informer les salariés sur leurs droits, et préfèrent repousser
le problème à plus tard.
Les salariés informés sont quant à eux frileux. Que peut-on
apprendre en vingt heures ? D'autant qu'en France, la formation
est plus considérée comme une punition destinée à rattraper
un manque professionnel qu'une chance d'acquérir de nouvelles
compétences.
Ces deux comportements attentistes se rejoignent : l'entreprise
ne peut ou ne veut pas financer le DIF, le salarié capitalise
ses droits pour une formation plus longue.
Mais attention à la bombe à retardement
!
Si sur une année l'impact du DIF est de 2,5 % à 4 %
de la masse salariale, dès 2006, les droits se cumulant, c'est
entre 5 % et 8 % de la masse salariale qui sera augmentée
par le DIF. Et au bout de six ans, entre 15 % et 24 %
de celle-ci, de quoi réduire de façon drastique la marge nette
des entreprises. Sans oublier qu'il n'y a aucune possibilité
fiscale de provisionner ces charges d'une année sur l'autre.

Des collaborateurs plus
expérimentés, plus experts, donc plus rentables"
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Que se passera-t-il alors si, grâce à l'information syndicale,
les salariés demandent des formations en masse ? Car l'entreprise
ne peut refuser une formation DIF qu'avec des motifs réels et
sérieux.
Les grandes entreprises ont déjà
anticipé ce risque financier et organisationnel et ont mis en
place des actions qui font en quelques mois, près de 90 %
de leurs salariés ont déjà été formés dans le cadre du DIF.
Mais les PME sont en retard sur ce sujet.
Une réforme qui doit être perçue comme
une chance
Le DIF est une véritable chance pour les salariés et les entreprises.
Pour les salariés, c'est la possibilité, chaque année, d'acquérir
de nouvelles compétences avec pour objectif d'améliorer son
employabilité. Pour les entreprises, c'est une opportunité d'avoir,
avec des formations courtes, des collaborateurs plus expérimentés,
plus experts, donc plus rentables.
Ne reste qu'aux chefs d'entreprise de comprendre et d'assimiler
le DIF. Puisqu'il vaut mieux prévenir que guérir, les entreprises
ont une obligation qui dépasse celle de la loi, celle de s'informer
et d'agir vite, avant que cela ne devienne un problème quasiment
insoluble.
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Parcours
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Fort de quinze années
en direction communication et stratégie, Pascal Chauvin
a travaillé dans des grosses structures comme dans des
PME/PMI, en France, en Italie et en Angleterre. Il a
développé un pragmatisme face aux situations nouvelles
et appris à rechercher sans cesse les coûts minima pour
une efficacité maximum. Auteur de plusieurs livres professionnels,
il co-dirige l'organisme de formation DIF-Expert afin
de permettre aux plus petits comme aux plus grands de
transformer l'obligation du DIF comme un outil de valorisation
de la formation et un outil de communication interne.
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