Qui sont les champions... du rasage
Rasoirs, mousses, gels, après rasage... les grands leaders mondiaux taquinés en France par les marques de distributeurs.
Le rasage est affaire d'habitude pour les hommes. Difficile de les faire changer
de une fois qu'ils ont jeté leur dévolu sur un rasoir du fabricant
X ou une mousse à raser Y. La marque est en effet le critère numéro
un de choix pour 72 % des hommes. Souvent, seul l'attrait d'une technologie
plus performante ou d'une innovation majeure permet de modifier les habitudes
de consommation sur ce segment.
Gillette,
roi du rasoir jetable, doit lutter contre les MDD
Particularité
en France, les marques de distributeurs (MDD) sont très présentes
sur le marché des rasoirs jetables. En effet, les marques des hyper et
supermarchés font pratiquement jeu égal avec les grandes marques.
Parmi elles, Gillette demeure, et de loin, le numéro un mondial du rasage
mécanique. Sur les six premiers rasoirs jetables les plus vendus en France,
pas moins de quatre appartiennent à la marque américaine, qui détient
environ 60 % du marché mondial et commercialise ses produits dans
près de 150 pays. Celle-ci a d'ailleurs annoncé sa fusion avec Procter
& Gamble en janvier 2005, donnant naissance au premier groupe mondial de la
grande consommation avec un chiffre d'affaires de plus de 60 milliards de dollars
par an.
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Les ventes de rasoirs en
France en 2004 (en millions d'unités) | | |
| Source : Marketing
Book 2005 / Emap Media | |
Le
produit phare de la marque, le Gillette Mach 3 (vendu environ 8 euros avec deux
recharges de lames) a généré pas moins de 11 milliards de
dollars de chiffre d'affaires depuis son lancement en 1998. Sur la seule année
2003, les ventes ont atteint 2,5 milliards et 11,1 millions d'unités de
ce produit ont été écoulées en France. Avec ses produits
jetables, le Français Bic occupe le troisième rang mondial, derrière
Schick-Wilkinson.
Mais le marché souffre. En 2004, les ventes
de rasoirs mécaniques et de lames ont chuté de 6 % en volume
tandis que, dans le même temps, les prix grimpaient en moyenne de 8 %.
Les lames et rasoirs jetables représentent 55,8 % des ventes en volume
mais à peine plus d'un quart en valeur. A l'inverse, les lames à
elles seules occupent 43,5 % de part de marché en volume et plus de
66 % en valeur (les ventes en hyper/supermarchés ont généré
222 millions d'euros l'an passé).
Les marges, nettement plus importantes
sur les lames, permettent un retour sur investissement plus conséquent
pour les marques. A titre d'exemple, le lot de quatre recharges pour le Gillette
Mach 3 est vendu 7,50 euros quand l'appareil lui-même ne coûte que
50 centimes plus cher. Ainsi, si le marché des rasoirs systèmes
(rasoirs mécaniques dont on peut changer les lames) occupe une place réduite
tant en volume qu'en valeur (moins de 7 %), il sert de produit d'appel pour
les recharges de lames.
| Répartition
des ventes en France sur le segment des rasoirs mécaniques en 2004
(en millions d'unités) | | |
| Source : Conso
Scan Secodip / Emap Media NB : Rasoirs systèmes : rasoirs
dont on peut changer les lames. | |
Mennen domine le marché
des produits de rasage
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| Source : Conso
Scan Secodip | |
En matière
de produits de rasage, c'est la mousse en bombe qui a encore la préférence
des consommateurs. Elle représente près d'une vente sur deux.
Toutefois, ce sont les gels qui génèrent le plus de revenus. Commercialisés
plus chers, ils pèsent 45,6 % des ventes en valeur. Un marché
qui a atteint en France les 100 millions d'euros pour les seules ventes en hyper/supermarchés
en 2004. L'utilisation du gel devrait d'ailleurs se renforcer ces prochaines années.
Selon l'étude Simm 2004, les hommes de 21-25 ans sont les plus gros utilisateurs
de gel en bombe aérosol. Une habitude qu'ils devraient garder en vieillissant.
Outre la qualité du produit, l'effort publicitaire des fabricants sur ce
segment explique sa progression. Enfin, les produits non vendus en aérosols
(bols avec savons ou tubes) connaissent un déclin continu, même s'ils
représentent encore 11,6 % du marché en valeur.
Avec
près de 7 millions de produits vendus en 2004, c'est Mennen domine largement
ce marché. Bien connu sur le segment des déodorants masculins, la
marque s'impose également sur celui des produits de rasage, aux côtés
de Gillette et de Williams. Là encore, les marques de distributeurs sont
présentes mais avec une position bien plus modeste que le marché
des rasoirs jetables.
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Les ventes de produits de
rasage en France en 2004 (en millions d'unités) |
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| Source : Marketing
Book 2005 | |
Si Mennen fait à
peu près jeu égal avec Gillette et Williams sur les mousses et gels
à raser, la marque domine nettement sur le segment des soins après
rasage. L'an passé, selon l'étude Conso Scan Secodip, elle a vendu
en France près de 3,5 millions de produits après rasage. Loin devant
Nivea for Men et Gillette (1,8 million chacun), Brut de Fabergé (1,7 million)
et Axe (1,6 million). En 2003, Mennen détenait 25,2 % de part de marché en
valeur (+ 20,8 % par rapport à 2002). La marque est particulièrement
présente sur les lotions après rasage et sur les baumes hydratants.
Des investissements publicitaires
colossaux Selon Secodip, tous médias confondus, les marques
ont investi l'an dernier en France 27,5 millions d'euros pour promouvoir les rasoirs
mécaniques et 7,75 millions pour les rasoirs électriques. La télévision
capte la majeur partie de ces investissements publicitaires (60 % pour la
promotion des rasoirs électriques et près de 90 % pour les
rasoirs mécaniques). Une stratégie sans surprise pour des produits
de grande consommation achetés en grande distribution.
Au niveau
mondial, les investissements publicitaires de Gillette (à la fois sur le
rasage et sur les piles Duracell, qui lui appartiennent également) représenteraient
un budget de l'ordre de 800 millions de dollars. Suite à la fusion avec
Procter & Gamble, Gillette a quitté l'agence d'achat d'espace WPP pour
confier son contrat communication à Publicis. Une information devenue officielle
début octobre.

Parmi
les ressorts utilisés pour vendre les produits, l'innovation et les valeurs
masculines sont utilisées. "La perfection au masculin", le slogan
de Gillette, trouve son origine dès l'entre-deux-guerres où la marque
lance son nouveau produit, Aristocrat, le tout premier rasoir d'une seule pièce
qui est décrit comme étant "le rasoir de l'homme qui veut la
perfection". Une formule qui prendra sa forme définitive en 1988 quand
l'agence BBDO signe sa campagne pour le rasoir Contour Plus du slogan "La
perfection au masculin".
Autre argument de vente, la technologie.
C'est à qui réussira à monter le plus grand nombre de lames
sur son rasoir ou proposera un distributeur de lotion apaisante intégré
dans le manche. La dernière grande innovation date de janvier dernier,
quand Gillette a lancé le rasoir mécanique... à piles. L'occasion
de faire d'une pierre deux coups en distribuant conjointement ses rasoirs et ses
piles Duracell. L'alimentation électrique du M3Power génère
200 micro-pulsations à la seconde censées redresser le poil et permettre
un rasage moins agressif pour la peau. Si l'avantage technologique a été
battu en brèche par une décision de justice qui a estimé
que l'affirmation de Gillette était "non étayée et inexacte",
cela n'a pas empêché à la marque de demander à David
Beckham de vanter les "super-pouvoirs" du produit dans ses publicités...
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