Comment identifier les bons interlocuteurs, rédiger ses courriers et surtout décrocher un entretien ? Les conseils d'un spécialiste pour mettre toutes les chances de son côté lors d'une candidature spontanée.
Présenter spontanément sa candidature à une entreprise qui n'a formulé aucun besoin
particulier est une démarche difficile à conduire. Mais s'engager dans une telle
démarche ouvre la porte à de nombreuses opportunités de faire la
différence et de décrocher un poste. Voici les conseils d'un expert pour
mener à bien sa campagne de candidatures spontanées et obtenir un
entretien.
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Pour Daniel Porot, président du cabinet éponyme et auteur
de Comment trouver une situation, les préparatifs d'une campagne de candidatures
spontanées se déroulent en quatre étapes :
La première consiste à identifier ses cibles. Pour ce faire, Daniel Porot conseille
de se concentrer sur 3 ou 4 secteurs, définis de façon suffisamment étroite et
discriminante pour ne retenir, pour chacun d'eux, qu'entre 5 et 15 entreprises.
Ce sont elles que vous démarcherez.
Une fois ce ciblage opéré, de précieuses informations pourront être glanées en
approchant et en rencontrant, de façon informelle, des salariés occupant le type
de poste que vous convoitez, de préférence dans des entreprises qui ne seront
pas démarchées ensuite. Ces remarques vous serviront ensuite à élaborer et affiner
vos arguments.
Il est également nécessaire de se renseigner, brièvement, sur chacune des entreprises
ciblées, leurs implantations, marchés, résultats, produits, clients, actualités…
" Il faut quelques connaissances, mais cela n'a pas besoin d'être extrêmement
approfondi. Une recherche sur Internet peut suffire" précise le consultant.
Une fois ces données collectées, la dernière étape consiste à bâtir ce que Daniel
Porot appelle une "banque de paragraphes". Il s'agit de résumer, en deux ou trois
lignes, une réalisation professionnelle ou une compétence acquise, qui serait
susceptible d'intéresser votre cible. Puis, recommencez l'exercice jusqu'à disposer
d'un stock conséquent de paragraphes, entre 10 et 15 pour chacun des 3 ou 4 secteurs.
Vous pourrez alors personnaliser vos lettres, en choisissant dans votre "banque",
les paragraphes prérédigés les plus adaptés pour chacune des entreprises
démarchées. |
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Identifier
et approcher ses destinataires |
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Une fois vos cibles et vos arguments déterminés, la phase d'approche peut
commencer. A ce stade, le paramètre le plus important est d'atteindre le bon destinataire.
Et Daniel Porot de préciser que "les ressources humaines sont bien les dernières
personnes à approcher". Et pour cause, elles sont souvent débordées par ce type
de demandes, n'ont guère le temps de les examiner et ne seront pas forcément réceptives
à vos arguments. Surtout, elles n'ont pas de poste à vous offrir, puisque votre
candidature en vise un qui n'existe pas encore.
Les
ressources humaines sont bien les dernières personnes à approcher"
Daniel Porot |
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L'idéal est, au contraire, de parvenir à vous adresser à votre
futur patron potentiel. "Il faut viser le N+1 ou le N+2, précise le consultant,
car votre lettre a plus de chances de descendre les niveaux hiérarchiques que
de les remonter. De plus, votre destinataire ne doit pas avoir le sentiment que
vous vous proposez de le remplacer." Mais viser trop haut risque aussi de condamner
votre candidature aux oubliettes.
Tous les moyens (légaux) sont bons pour identifier votre destinataire, son nom
et son titre. Contacter le standard ou l'assistant ou, en cas de blocage, le département
comptable, qui est généralement moins méfiant et plus coopératif car peu
sollicité pour ce genre de demande. Il n'est pas superflu de vérifier ensuite,
sur un annuaire par exemple, l'orthographe exacte d'un nom qu'il pourrait être
très pénalisant d'écorcher. Il peut être utile, dans certains cas, d'identifier,
dans l'entreprise cible, ce que Daniel Porot appelle "un ambassadeur".
Un ancien élève de votre école ou université, le membre d'un syndicat
professionnel ou d'une association que vous pourriez approcher en confiance. Vous
pourrez alors lui expliquer votre démarche afin qu'il vous indique lui-même
l'interlocuteur le plus approprié dans l'entreprise.
Certaines occasions peuvent également être mises à profit pour approcher sa cible :
une foire, un salon professionnel ou encore une conférence. Dans ces cas là,
un premier contact avec le décisionnaire peut vous épargner une
lettre argumentée pour obtenir un entretien, en lui rappelant simplement
la rencontre. "Vous m'aviez suggéré de prendre contact avec
vous et c'est l'objet de cette lettre", résume le consultant.
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Une fois les destinataires potentiels de votre candidature identifiés,
l'étape suivante consiste en la rédaction d'un courrier, qui devra
retenir leur attention et faire mouche. Il devra aussi refléter vos intentions
exactes. Et, à ce stade, rappelle Daniel Porot, "l'objectif n'est
pas d'obtenir une embauche, mais de décrocher un entretien". De même, il est important
de ne pas se présenter comme "demandeur d'emploi, mais plutôt comme
un offreur de services et de solutions". Dans cette optique, il faut, bien sûr,
être prêt à accepter un CDI, aussi bien qu'une mission d'indépendant.
L'entame de votre lettre devra donc refléter cette position. Les premières
lignes doivent questionner, impliquer, ou encore informer, en utilisant les quelques
connaissances que vous avez recueillies sur la société. Il s'agit de montrer que
vous avez mené une réflexion sur les besoins, la situation ou les difficultés
de l'entreprise, et que votre expérience et vos connaissances peuvent contribuer
à une solution.
"A l'inverse, commencer une lettre en expliquant que l'on est au chômage,
que l'on a un diplôme fantastique ou en vantant les formidables qualités de l'entreprise,
risque d'être disqualifiant", avertit le consultant. Certaines précautions
sont toutefois à prendre. "S'il est positif d'apporter une réflexion, nuance-t-il,
il ne s'agit pas de porter un jugement péremptoire sur la situation de l'entreprise".
Ainsi, éviter de parler des "problèmes" de la société, ou pire "d'échecs" mais
plutôt de "défis à relever", de "tâches à accomplir",
ou de "missions pour l'entreprise". Enfin, il est nécessaire de rester
mesuré quant à ses capacités et ne pas évoquer une quelconque certitude
de réussir.
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Retenir l'attention de son lecteur impose aussi de soigner l'allure et la présentation
de sa lettre. Daniel Porot recommande d'opter pour une lettre dactylographiée,
plutôt que manuscrite, "plus rapide, plus propre, plus professionnelle, elle montre
que vous êtes un offreur de services, plutôt qu'un demandeur d'emploi". La rubrique
"objet" est facultative mais, là encore, il s'agit de ne pas se présenter
comme chômeur et de proscrire les formules telles que "demande de rendez-vous"
ou "dépôt de candidature". Enfin, joindre une enveloppe timbrée pour la réponse
s'avère moins opportun qu'il n'y paraît, car "c'est un entretien que vous
voulez, pas une lettre de retour" précise le consultant.
Il
doit apparaître que l'objectif de votre démarche n'est pas d'obtenir
une embauche, mais de décrocher un entretien"
Daniel Porot |
Suivant la même logique, Daniel Porot recommande fortement de ne pas joindre
de curriculum vitae. "Sa présence indiquera à votre interlocuteur
que vous cherchez un emploi, et ce dernier risque de transmettre votre demande
directement aux ressources humaines."
La lettre ne doit pas être trop longue, une page, et sa structure explicite. Après
une amorce personnalisée selon votre destinataire, vient le corps de la lettre,
constitué de deux ou trois paragraphes que vous aurez sélectionnés dans votre
"banque". En troisième lieu, et avant les salutations d'usage, vient la demande
d'entretien, objet de votre courrier, qui doit être directe, pour un entretien
court : de quinze à vingt minutes au plus.
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Une fois votre lettre envoyée, l'objectif ultime est l'obtention
d'un rendez-vous. Et si la relance est un exercice délicat, elle est indispensable,
d'autant que beaucoup d'entreprises la perçoivent comme un signe de persévérance
et de professionnalisme. Certaines même l'attendent avant d'entamer tout échange.
Après un délai, qui peut aller d'une dizaine de jours à trois semaines,
on peut prétexter une décision urgente à prendre, ou un problème de courrier pour
téléphoner ou écrire, afin de s'assurer que la lettre est bien parvenue à son
destinataire et tenter d'obtenir un entretien. "Rassurer alors votre interlocuteur
sur le temps qui vous sera nécessaire et n'hésitez pas à
être très précis, en disant, par exemple, 12 minutes suffiront",
insiste Daniel Porot. Au contraire, avertit-il "s'étonner, dans un courrier
ou au téléphone, de n'avoir reçu aucun retour, peut apparaître comme un signe
d'anxiété, un manque d'assurance ou, pire, vous faire passer pour un donneur de
leçon."
L'audace paye parfois. "On peut se rendre sur place, enveloppe à la main et demander
à voir Monsieur X pour lui remettre d'importants documents en main propre… Cela
ne marche pas à tous les coups, mais cela permet de contourner les nombreux obstacles
à la rencontre physique." Au contraire, il faut à tout prix éviter le piège
de l'entretien téléphonique. Des raisons de confort, de disponibilité de documents
ou de qualité d'écoute peuvent alors être évoquées pour proposer à nouveau
un entretien physique. |
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