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Florence Le Bras | ![]() |
En commençant un bilan de compétences,
il faut ainsi s'attendre à être déstabilisé. "On peut être déçu de ce qu'on
dit de vous", met en garde Florence Le Bras. Mais surtout, le bilan crée
l'obligation de se prendre en charge, par exemple si le consultant conseille de
suivre une formation.
Pour Florence Le Bras, une chose est
sûre : pour que le bilan de compétences donne des résultats,
il faut savoir se rendre suffisamment disponible. "Un bilan de compétences
dure à peu près 24 heures, le plus souvent réparties sur 6 à 8 semaines. Il faut
aller aux rencontres, en ne négligeant pas le temps de transport, mais aussi travailler
entre les séances. En effet, le bénéficiaire du bilan doit réellement
s'investir, pour en retirer quelque chose. Il doit produire des efforts de mémoire
et sans cesse se questionner." Selon son parcours, son âge et son poste,
elle aura plus ou moins de questions à se poser. On peut toutefois compter environ
deux heures par semaine de travail en dehors des rendez-vous avec le consultant.
Les facteurs déclencheurs du bilan
de compétence
Depuis
quelques années, Florence Le Bras constate une forte croissance du nombre
de demandes pour suivre un bilan de compétences. Tout d'abord, la loi du
4 mai 2004 à l'initiative du Droit individuel à la formation (DIF),
au titre duquel on peut effectuer un bilan, a poussé plus de salariés
à se lancer dans cette démarche.
Mais l'engouement pour
le bilan de compétences aurait des racines plus profondes. "Chaque
salarié sait qu'il est sur un siège éjectable. On ne passe
plus quarante ans dans la même entreprise comme autrefois. On a donc le
sentiment de continuellement devoir donner le meilleur possible." Or, d'une
certaine façon, le bilan de compétences sert également à
savoir comment s'améliorer encore. "Enfin, les gens savent que c'est
eux qui, plus que jamais auparavant, ont en main leur vie professionnelle. Et
ils veulent la maîtriser."
Plus concrètement Florence
Le Bras observe que les cadres peuvent entreprendre un bilan pour des raisons
très variées.
Les rumeurs se multiplient autour d'un éventuel remaniement du personnel, ou bien
l'entreprise se porte visiblement mal. "Dans ce cas, mieux vaut prendre les
devants pour pouvoir se reconvertir au plus vite en cas de besoin."
Une personne veut retravailler après avoir interrompu sa carrière pour élever
ses enfants. Elle peut avoir besoin de savoir si elle a besoin de suivre une formation
ou même de changer de métier.
Florence Le Bras |
| A
lire | ||
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Les autodidactes se sentent parfois dévalorisés par rapport aux jeunes embauchés
plus diplômés. Ils peuvent alors avoir le sentiment de manquer d'autorité
et se demandent que faire. "Un bilan de compétences pourra par exemple déboucher
sur une validation des acquis de l'expérience (VAE)."
Des jeunes peuvent également se poser des questions, comme ceux qui ont choisi
une voie qui ne leur plaît pas vraiment. Ils veulent savoir s'ils pourraient changer
d'orientation, par exemple en diminuant l'écart entre goûts personnels
et vie professionnelle.
"Celui qui vient de perdre son emploi, très fréquemment, est
assailli de doutes." Le bilan de compétences l'aidera à faire le point.
Dernier cas de figure : c'est l'entreprise qui demande à son salarié
de faire un bilan de compétences. Certes, c'est une démarche à
entreprendre de son plein gré. "Cela dit, si votre employeur vous
le demande, mieux vaut ne pas refuser", recommande Florence Le Bras.
Quand faire faire un bilan
de compétences à un salarié ?
Naturellement
il y a, là encore, de nombreuses raisons pour qu'une entreprise demande
à un salarié de faire un bilan de compétences. "Par
exemple, une société crée un nouveau service, ou une succursale
à l'étranger, imagine Florence Le Bras. Elle pense à un salarié.
Elle peut lui demander de faire un bilan de compétences pour être
sûr qu'il correspondra bien au poste." Ce n'est donc pas forcément
le signe que le salarié n'est pas à la hauteur de ses fonctions
actuelles : cette demande est à interpréter en fonction de
sa situation dans l'entreprise et avec sa hiérarchie. "D'ailleurs,
ajoute notre spécialiste, on ne fait pas faire un bilan de compétences
à quelqu'un qu'on s'apprête à licencier." Le bilan est
donc plutôt utilisé lorsque l'employeur envisage pour le cadre un
changement de situation ou une mutation.
Bien entendu, à l'issue
de son bilan de compétences, le risque de voir le salarié quitter
l'entreprise existe. "Mais c'est un risque classique pour un employeur."
Par contre, quand un salarié demande à son patron de lui financer
un bilan de compétences, ce dernier peut s'inquiéter et se dire
qu'il le sous-emploie peut-être. "Il vaut donc parfois mieux faire
son bilan discrètement, si l'on arrive à le financer", préconise
Florence Le Bras.
| Parcours |
| Florence Le Bras est l'auteur de plus de quinze ouvrages sur lemploi et la recherche demploi aux éditions Marabout, parmi lesquels : "CV mode demploi", "Lettre de motivation mode demploi", "Entretien dembauche mode demploi", "Je veux retravailler", "Le bilan de compétences", "La formation professionnelle continue" et "Le guide Marabout du CV et de la recherche demploi". |
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