L'EPO (érythropoïétine) occupe les
trois premières places du top 10 des médicaments biotechnologiques
les plus vendus.
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La biotechnologie, c'est la possibilité d'obtenir des protéines jusque là obtenues
par voie extractive. Grâce à la génétique, on est en mesure de fabriquer de l'insuline,
de l'interleukine (une protéine du système immunitaire) ou d'autres protéines,
d'améliorer des molécules existantes ou d'en créer de toutes pièces.
Grâce aux bio-médicaments développées depuis plus de 20 ans,
on a pu trouver des solutions pour des pathologies auxquelles il n'existait pas
encore de traitement satisfaisant : cancer, maladies auto-immunes, maladies rares…
Ces nouveaux médicaments prennent une place croissante dans l'innovation.
Ils représentent 30 à 40% des nouveautés mis à la disposition des malades,
et 1/3 des médicaments en développement. Pour 2005, le secteur était estimé à
7,6 milliards de dollars.
| "Les protéines sont difficiles à synthétiser et à distribuer" |
Des médicaments plus ciblés
Chez Mutabilis, une petite société française de biotechnologie, on travaille sur
le traitement des infections graves (les septicémies par exemple). Mais avec une
approche totalement innovante : au lieu de tuer les bactéries pathogènes comme
les antibiotiques classiques, les molécules développées ont pour objectif l'inhibition
des facteurs de leur virulence. "L'intérêt de ce traitement, c'est qu'il peut
être utilisé en préventif. Comme on cible uniquement un certain type de bactérie,
il n'y a donc aucun phénomène de résistance" explique Sonia Escaich, responsable
de la société. La jeune entreprise espère le lancement des essais cliniques en
2007.
Des molécules délicates à manipuler
Mais la biotechnologie rencontre aussi des obstacles. Alors que les médicaments
chimiques sont simples à fabriquer, les protéines sont nettement plus difficiles
à synthétiser et à distribuer. Ce sont en effet de grosses molécules, 10 à 100
fois la taille des molécules chimiques. Mais c'est plus leur instabilité que leur
taille qui complique leur manipulation.
En effet, les protéines doivent adopter
une certaine forme pour être actives, sinon elles s'altèrent ou se dénaturent.
Elles sont d'autre part sensibles aux variations de température, au temps de stockage
et au transport. Enfin, des impuretés sont plus facilement incorporées lors de
leur fabrication que pour les médicaments chimiques.