Elle peut préparer le dîner tout en faisant la liste des courses pour le lendemain, surveiller que les enfants font bien leurs devoirs et j'en passe. La femme est multitâche. Elle peut faire différentes choses à la fois. Contrairement à l'homme qui est considéré comme mono tâche, alors que pendant ses soirées foot il nous prouve le contraire : il sait regarder, boire et manger à la fois. Abandonnons, une bonne fois pour toutes, ces clichés exaspérants et abrutissants.
Un réseau de fibres
Gérer différentes activités en simultané signifie faire appel à différentes zones cérébrales à la fois, donc que les hémisphères droit et gauche du cerveau échangent beaucoup. Or, les deux hémisphères sont reliés par des commissures, des réseaux de fibres nerveuses. Le corps calleux, qui fait le pont entre les deux zones est la plus importante de ces commissures. On comprend pourquoi alors les neurobiologistes ont cherché du côté de ce corps calleux pour expliquer pourquoi les femmes sont capables de faire tant de choses à la fois.
Au cours de diverses autopsies, les scientifiques ont cru voir une différence sexuelle significative dans l'épaisseur du corps calleux : il serait plus épais chez les femmes que chez les hommes. Ces résultats ont donc encouragé une grande étude morphométrique publiée en 1982. Les résultats confirment les observations antérieures et les chercheurs clament à l'époque que l'épaisseur du corps calleux induit des comportements différents chez l'homme et la femme. Quand il est épais, il permet une meilleure communication intracérébrale, quand il est plus mince, il force l'utilisation d'un seul hémisphère cérébral à la fois.
Et voilà l'explication donnée. Vraiment ? Non. Expliquer ces différences psychologiques avec un outil si variable, paraît douteux.
La vérité rétablie
Cette étude seule ne s'est bien évidemment pas imposée, même si elle a été très relayée par les médias avides d'expliquer les différences hommes-femmes par l'architecture cérébrale de chaque sexe. Ainsi, une grande étude reprenant 50 études menées au cours des années 1980 et une nouvelle étude portant sur 2000 personnes en 1997, sont venues contredire ces faits. Du nouveau ? Oui. Pas le moindre indice fiable. L'épaisseur du corps calleux n'est pas plus importante chez la femme. De quoi remettre en question les mesures passées.
Et puis, d'ailleurs, un gros corps calleux est-il réellement un avantage ? Non. Parce que posséder une forte épaisseur de cette commissure ne signifie pas posséder un pont de fibres nerveuses plus solide. Ce lien n'a donc aucun sens, tout comme un gros cerveau n'est pas plus intelligent.
Une fois encore, ces deux comportement différents affiliés à une sexualisation, ne peuvent être expliqués par la biologie. Ils relèvent davantage du comportement et dépendent aussi de la société dans laquelle nous grandissons et évoluons. Traditionnellement, dans notre société la femme assume, et c'est de moins en moins vrai, la gestion de sa vie professionnelle et une grande partie de la vie domestique. Habituée à ce rythme depuis l'enfance, pas étonnant qu'elle garde et développe ce trait en vieillissant. Aujourd'hui, les hommes répondent à ces différentes tâches et un père au foyer, aussi, sait faire plusieurs choses à la fois, même s'il est un homme.