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Sous les océans, des trésors:

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L'eau douce serait devenue une denrée en voie de disparition sur notre planète. L'accès à l'eau serait le conflit du XXI e siècle. Pourtant tous les spécialistes s'accordent à dire que cet or bleu ne manquera pas sur Terre. Même les océans abritent des poches colossales de ce liquide vital.

 
Le rond en surface indique aux plongeurs la présence d'une source d'eau douce sous-marine. Photo © Nymphea Water
 

Des aquifères en eaux profondes

Sur terre comme sous la mer, les lieux de sources sont des secrets bien gardés. Allez demander à un ancien où il a puisé l'eau pour cultiver son potager ? Il ne vous dira rien même sur son lit de mort.
Les réserves en eau douce sont considérées par les géologues comme très importantes. Cette présence sous-marine n'a rien d'incongrue ; déjà au temps des Phéniciens- il y a 3 000 ans- les hommes récupéraient l'eau douce au moyen de jarres plongées dans la mer et dotées d'un tuyau en cuir. Une question se pose : d'où vient cette eau ?

Les spécialistes estiment que toutes les mers du globe renferment de tels aquifères sous-marins mais certaines régions sont plus gâtées que d'autres à l'image de la Méditerranée. Ces aquifères se produisent dans des reliefs calcaires dits karstiques comme les calanques du sud de la France. L'eau de pluie chargée de dioxyde de carbone attaque le calcaire et le dissout. Au cours du temps, les précipitations créent de véritables cuvettes souterraines.

"Les sources d'eau douce se creusent dans les reliefs karstiques"

Mais leur action ne se termine pas là, l'eau creuse des galeries en profondeur. Ce phénomène s'est produit au Quaternaire, il y a plus d'un million d 'années. A cette période géologique, le niveau de la mer était abaissé de 100 à 150 mètres par rapport au niveau marin actuel. 500 000 ans plus tard, le niveau remonte immergeant au passage ces aquifères.
Le jaillissement de l'eau douce se produit lorsque la pression exercée en amont est supérieure à celle produite par la colonne d'eau salée. Un véritable geyser se réalise empêchant la pénétration d'eau salée dans les galeries souterraines donc aucune pollution n'est possible. L'eau douce libérée remonte en surface puisque sa densité est moindre que celle de l'eau salée.

 
La tulipe permet la remontée de l'eau douce à la surface. Photo © Nymphea Water
 

Exploitation de cet or bleu

Comment ces sources ont pu être révélées ? Une équipe de spécialistes en travaux subaquatiques, Nymphea Water, en ont mise une au jour en 1980 aux larges des côtes franco-italiennes. Située à 36 mètres de profondeur, la source de Mortola libère de l'eau à plus de 100 mètres par seconde et sa concentration en sels ne dépasse pas 1 gramme par litre (18 g/l pour l'eau de la Méditerranée).

"Cette découverte a été possible grâce au survol de la mer par avion et surtout à son scannage aux infrarouges. En été, l'eau douce est plus froide que l'eau salée et inversement l'hiver" explique Pierre Becker, PDG de Nymphea Water dans le documentaire Retour aux sources, l'eau des villes méditerranéennes. La source décelée, reste à pomper l'eau sans la polluer en eau salée. A l'aide d'une cloche surmontée d'une tulipe, les plongeurs entourent la source. L'eau douce remonte à la surface via le conduit de la tulipe et coule à l'air libre comme une fontaine.
Cette technique permettrait, après dessalinisation, de pallier les manques d'eau des pays pauvres. Seul hic : l'acheminement. Pour le moment, l'Arabie Saoudite, la Syrie, l'Espagne et Oman ont signé pour bénéficier de cette eau providentielle.

 

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