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La construction de barrages répond à des objectifs multiples, l'alimentation en eau potable n'étant pas forcément le premier argument. Il sert notamment à maîtriser un fleuve, limiter les inondations, améliorer la navigation, et surtout à produire de l'électricité. Il peut même avoir un intérêt touristique en aménageant les lacs de retenue en base de loisirs.

Barrage Atatûrk
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Le barrage Atatürk. Photo © 2005 dsi.gov.tr

Un barrage constitue une réserve d'eau toujours disponible. Un atout majeur car dans la plupart des pays, les précipitations sont très inégalement réparties selon les saisons.

Depuis les Egyptiens, l'homme n'a cessé d'en construire partout dans le monde, pour atteindre un maximum après la seconde guerre mondiale et la colonisation : entre 1950 et 1995, leur nombre a été multiplié par sept.

Il existe aujourd'hui 45 000 grands barrages dans le monde, selon la Commission mondiale des barrages (CMB), et plus de la moitié des fleuves dans le monde compte au moins un grand barrage. Mais depuis les années 70, le rythme s'est ralenti.

Sous le feu des critiques

D'abord, parce qu'en Europe de l'Ouest, Amérique du Nord et Australie, il reste peu de sites intéressants disponibles. Mais aussi face aux nombreuses critiques venues des écologistes. Les barrages sont accusés de détruire la biodiversité, de provoquer des déplacements massifs de population, et d'empêcher la reproduction de certains poissons. Le barrage des Trois-Gorges, en Chine, a par exemple englouti les habitations de 1,2 à 1,9 million de personnes.

Les autres craintes concernent les risques sismiques et la sédimentation, qui entraîne une perte de capacité de stockage. Le barrage des Trois-Gorges, alimenté par le fleuve Yangtsé Kiang particulièrement riche en limon, serait déjà menacé. Photo © DR
Dans beaucoup de régions, ces arguments ne font pas le poids face aux besoins colossaux de la population. Le lac du barrage de Serre-Ponçon, la deuxième plus grande retenue d'eau en Europe, dispose ainsi une capacité de 1,2 milliards de mètres cubes, soit 3,6% de la consommation annuelle française.

L'irrigation, donc la production agricole, dépend largement des ressources en eau. "La moitié des grands barrages construits dans le monde l'a été exclusivement ou principalement pour l'irrigation, et 30 à 40 % des 271 millions d'hectares irrigués dans le monde le sont à partir de barrages" souligne ainsi le dernier rapport de la CMB.

Pourtant, "Les grands barrages conçus à des fins d'irrigation n'ont pas, dans l'ensemble, atteint les objectifs fixés et ont été économiquement moins rentables que prévu" affirme ce même rapport. En revanche, ils auraient bien rempli leur fonction de production d'énergie.

Même si 1500 grands barrages sont en ce moment en construction dans le monde, la tendance est plutôt aux petites structures ayant un moindre coût et un moindre impact environnemental.

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