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JDN.
Quelle est la situation du marché du référencement aujourd'hui
?
Olivier Andrieu.
C'est un marché difficile, très concurrentiel. Les clients
ont réparti leurs investissements entre le référencement
dit "naturel" et les liens sponsorisés. Certains
clients, qui s'estiment aujourd'hui bien référencés,
ne renouvellent pas forcément leur contrat de référencement,
et préfèrent investir dans les liens sponsorisés. Il
y a encore de la place, mais le marché se resserre.
La restructuration suit le monde des outils recherche,
et il y a de moins en moins d'outils de recherche. Par
ailleurs, le marché s'est professionnalisé en même temps
qu'il arrivait à maturité. Il y a moins de " bidouilleurs
" et, depuis deux ans, beaucoup de prestataires spécialisés
se sont fait racheter.
Qui
sont les principaux acteurs du marché du référencement
?
Il n'y a pas de très grosses entreprises,
mais il existe une dizaine d'acteurs de taille moyenne
(moins de 10 salariés souvent) qui dominent le marché.
En gros, ce sont celles qui sont à l'IPEA
(Internet Positioning European Association) : Netbooster,
certainement la plus grosse, CVFM,
1èrePosition,
Ad'oc
[NDLR : seul ce dernier est en redressement judiciaire,
contrairement à ce que la formulation de la phrase
a pu laisser croire précédemment],
Pole
Positionning, Webformance,
Brioude Internet, Takezo…
A côté de ça, on trouve une galaxie de micro-entreprises
qui ont peu de clients. Il y a encore de la place pour
des indépendants, mais le référencement est devenu techniquement
et commercialement difficile à gérer pour eux.
Les
techniques de référencement ont-elles beaucoup évolué ?
Il n'y a pas eu beaucoup de changement
depuis deux ans, si ce n'est quelques nouvelles techniques
pour les sites dynamiques comme les sites de e-commerce
par exemple. Mais rien de révolutionnaire. Les évolutions
sont plutôt à voir du côté des outils de recherche.
Mais sur le plan technique, optimiser une page sur Altavista
ou sur Google, c'est la même chose. Après, il y a les
techniques de spam : des moyens de tromper les moteurs
pour être référencé en meilleure position. La nouveauté,
c'est que Google est plus spammé qu'avant. Quand, sur
Google, les résultats n'ont rien à voir avec la requête,
on se rend bien compte que c'est lié au spam. Au final,
ce sont des places qui sont prises et que les référenceurs
sérieux ont du mal à reprendre. Malheureusement, les
moteurs ne font pas grand chose contre ça. On pense
que cela va bouger avec le rachat d'Inktomi, Fast et
Altavista par Yahoo. Et l'arrivée de Microsoft.
Quels
sont aujourd'hui les moteurs sur lesquels il faut être
référencé ?
Si on regarde les baromètres, Google
capte 60 % du marché, Yahoo 15 %, sachant
que 75 % du trafic sur Yahoo vient de Google. Si
on n'a pas beaucoup de temps à consacrer au référencement,
on peut se contenter de Google. Avec plus de temps et/ou
d'argent, il y a Voila, AOL et MSN qui gagnent du terrain,
Altavista, Alltheweb et Nomade. Pas plus de dix moteurs
génèrent du trafic. La tendance qui peut être intéressante,
ce sont les outils de recherche et les annuaires thématiques.
A côté des moteurs, il y a les annuaires, qui historiquement
généraient le plus de trafic, mais qui sont en très
forte perte de vitesse. Ils n'ont quasiment plus de
place sur les listes de résultats, donc sont devenus
payants. Or, je ne suis pas sûr que l'investissement
en vaille la peine.
Quelle
est l'offre en matière de référencement payant
?
On distingue
deux sortes d'offres payantes : la soumission payante
dans les annuaires, et le référencement payant dans
les moteurs. Chez ces derniers (Altavista, Inktomi,
Fast, Alltheweb, Mirago, Deep Index), on paie pour avoir
la garantie que les pages qui sont dans l'index sont
rafraîchies par exemple tous les deux jours. Quant à
la soumission payante dans les annuaires, elle offre
une garantie de réponse et de délai. On trouve ces offres
chez Voila, Nomade, Yahoo, Lycos, à des prix allant
de 99 euros HT chez Nomade à 250 euros HT pour Yahoo.
Les
entreprises y ont-elle massivement recours ?
Concernant
les moteurs, Google ne proposant pas le référencement
payant, est-ce que cela sert à quelque chose de payer
environ 30 dollars par an et par page chez Altavista,
Fast et Inktomi, sachant qu'ils vont être fusionnés
d'ici la fin de l'année, et que le trafic créé est assez
faible ? En revanche, si Google le faisait, ça
serait intéressant. Pour ce qui est de la soumission
payante, cela a bien marché au départ, mais maintenant
que les moteurs génèrent 90% du trafic, ce n'est pas
rentable. En tant que webmaster, je préfère mettre l'accent
sur le contenu de sorte que le documentaliste intègre
de lui-même mon site dans l'annuaire.
Qu'en
est-il du référencement gratuit ?
Dans les
annuaires, il n'y a plus guère que les sites perso et
les associations qui utilisent la soumission gratuite.
Pour les entreprises, la soumission payante est devenue
obligatoire. De manière générale, j'ai tendance à dire
qu'un bon site se référence de lui-même, en utilisant
de bons titres, de moins de dix mots, de bons textes
visibles, des mots-clés mis en exergue et en haut de
page, etc. De la sorte, les sites sont non seulement
bien référencés, mais aussi bien positionnés sur Google.
Un site crawlé naturellement par un moteur sera mieux
pris en compte. Le problème du référencement aujourd'hui,
c'est que beaucoup de sites sont construits sans penser
au référencement, et de ce fait ils se heurtent à des
critères bloquants pour les moteurs : flash, images,
roll-over, java, sites dynamiques, etc. Dans ce cas,
la seule solution pour les référenceurs, ce sont les
pages satellites, qui fonctionnent mais qui coûtent
cher.
Comment
se fait-il que les moteurs ne parviennent pas à surmonter
ces obstacles ?
Le problème
des moteurs de recherche, c'est qu'ils n'ont à ma connaissance
jamais suivi l'évolution des tendances de création des
sites web. Avant, c'était les frames, aujourd'hui, c'est
le flash. Alors que techniquement, les technologies
pour indexer le flash existent. Si Google fait le choix
de ne pas les utiliser, aujourd'hui il n'y a personne
pour le contrer. On attend les nouveaux outils de recherche
pour assister à une émulation technologique.
Quelles
conséquences l'arrivée du positionnement publicitaire
a-t-elle entraînées sur le marché du référencement ?
La plus grande évolution qu'a amenée
le positionnement publicitaire est la notion de garantie.
Avant, c'était techniquement impossible de garantir
le référencement, et je ne parle même pas du positionnement,
sauf sur des mots-clés très peu générateurs de trafic.
Je suis persuadé que référencement et liens sponsorisés
sont complémentaires ; il est même difficile de faire
l'un sans l'autre.
Comment
les référenceurs ont-ils intégré les liens sponsorisés
dans leurs prestations ?
Comme
un bon référencement peut prendre six mois, certains
référenceurs prennent du lien sponsorisé au début d'un
référencement, en attendant. Les liens sponsorisés sont
également très intéressants pour de l'événementiel,
et rendent possible des stratégies multiples. Par exemple,
on peut avoir une stratégie de 4ème position (pas cher
tout en étant sur la première page), ou travailler sur
des mots-clés qui ne génèrent pas beaucoup de trafic
mais garantissent un bon retour sur investissement.
Ou encore miser sur la notoriété en achetant du clic
en masse. On a toute une gamme de possibilités qu'on
n'avait pas avant. Pourtant, certains prestataires ne
veulent pas entendre parler des liens sponsorisés. Inversement,
des sociétés comme Absolute Référencement travaillent
plus sur le lien sponsorisé que sur le référencement
pur et dur.
Quels
liens existe-t-il entre les prestataires du référencement
et les moteurs de recherche ?
Overture
met en place un programme d'agrément des référenceurs,
Espotting travaille avec pas mal de référenceurs, Google
aussi j'imagine. Il y a des contrats de partenariat
qui sont mis en place pour que les référenceurs aient
une petite marge sur les liens sponsorisés, c'est normal.
Quel
est l'intérêt pour une entreprise de faire appel à un
référenceur alors qu'elle peut acheter ses mots-clés
elle-même relativement facilement ?
Le conseil.
Effectivement, de nombreuses entreprises attendent pour
renouveler leur contrat avec les référenceurs, et reportent
leur budget sur les liens sponsorisés. Mais ce n'est
pas si simple de trouver les bons mots-clés, de calculer
derrière le retour sur investissement… Cela peut coûter
vite très cher ! Peut-être y a-t-il de nouvelles offres
à développer autour des liens sponsorisés (calcul de
ROI automatique…). De manière générale, je pense que
la prestation de conseil pour un référenceur est très
importante. Bizarrement, elle n'est pas très développée.
La prestation de conseil en référencement au moment
de la création du site web n'est pas non plus assez
intégrée dans les projets.
Google,
Espotting, Overture… Les entreprises qui achètent des
liens sponsorisés le font-elles en général chez les
trois ?
Il faudrait. Si l'annonceur veut avoir
une audience globale, il faut qu'il achète chez les
trois. Ou au moins pour commencer, quitte à comparer
ensuite le taux de transformation et le retour sur investissement
de l'un par rapport à l'autre.
Qui
sont les clients des référenceurs, aujourd'hui ?
Je ne
pense pas que la clientèle ait changé. La façon de dépenser
l'argent, oui.
Vous
organisez une nouvelle conférence dans le cadre des
"Rencontres Imitiki", que vous avez lancées en mars
2003. Comment évolue ce projet ? Que signifie ce nom
?
La première rencontre avait eu lieu à
Paris. Pour la province, le concept a été légèrement
modifié. A Strasbourg en juin, 120 personnes sont venues.
Entre décembre et mars prochain, nous devrions aller
à Bordeaux, Lyon et Marseille. Imitiki représente le
dieu de la recherche d'information. Le "tiki" est la
divinité colossale qui garde les temples dans les Iles
Marquises, et "Imi" veut dire " chercher " en tahitien.
Quels
projets vous occupent en ce moment ?
Le moteur de recherche Reacteur.com marche
très bien : nous allons dépasser le million de requêtes
mensuelles ce mois-ci. Nous allons également développer
des offres permettant aux webmasters de personnaliser
leur moteur de recherche. Enfin, je travaille sur les
moteurs de recherche thématiques, autour de Matrix,
de la BD…Il y a une vraie demande là-dessus.
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