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JDNet. Lancé
en 1996, Zazieweb se fait peu à peu un nom sur
la toile. Pouvez-vous présenter ce site atypique
?
Isabelle Aveline. L'idée
de départ était de créer un site
d'information pour des gens de culture "livre",
une sorte de portail de la littérature pour recréer
un peu une ambiance de librairie de quartier avec un
positionnement très communautaire. A l'époque,
j'avais aussi en tête de faire une base de données
du livre et de faire de la vente de livres mais c'était
trop compliqué et en juin 1996, c'était
vraiment le début de l'internet et les éditeurs
ne comprenaient pas du tout ce qui se passait. Et puis
il y a deux ans, je suis venue à Lyon et j'ai
commencé à m'investir de plus en plus
dans le site. Finalement, en 1999, il a fallu que je
prenne une décision parce que je ne pouvais plus
suivre face aux flots de mails et aux demandes. Donc
j'ai décidé de me lancer à fond
dans le site et de créer une société
pour pouvoir avoir quelques revenus publicitaires et
facturer quelques sociétés, même
si pour l'instant ça ne rapporte pas suffisamment
pour financer des salaires.
Quelle était
l'objectif du lancement d'une nouvelle version du site
cet été ?
On a refait le site cet été avec deux
étudiants pour le rendre beaucoup plus communautaire
et intégrer toute une communauté de lecteurs
qui ne pouvaient pas du tout participer, s'exprimer
et se rencontrer. Avec nos fonctionnalités d'espace
perso, cela va parfaitement dans ce sens et puis notre
nouveau site, en ligne depuis le 15 septembre, permet
également d'offrir des services aux professionnels
du livre. En fait, l'éditeur peut présenter
son offre sous une forme un petit peu promotionnelle.
Avec un contrat à l'année de 10 000
francs, il est présent sur Zazieweb et peut réactualiser
sa vitrine chaque mois en affichant un nouveau titre,
en se présentant et en affichant un agenda. Il
est bien évident que cette offre n'est destinée
qu'aux petits éditeurs mais nous avons passé
une étape, c'est une offre plus commerciale.
D'ailleurs, nous avons même pris une régie
publicitaire, Axidium.
Qu'est-ce qu'une page
perso ?
Nous avons plus de 20.000 visiteurs uniques par mois
et, depuis le lancement du nouveau site, près
de 3.000 sites perso ont été créés.
Il s'agit en fait d'une sorte de petite carte d'identité
du e-lecteur. On ne demande pas beaucoup d'informations
mais comme avec ICQ, il faut être inscrit pour
pouvoir communiquer sur le site. Chaque personne rentre
une carte de visite avec un pseudo et gagne des points
chaque fois qu'il contribue au site. Il peut ensuite
les utiliser dans la ZIP, la zone d'intervention poétique,
où il y a des animations graphiques. Le e-lecteur
peut donc les acheter avec ses points. C'est simplement
un petit aspect ludique du site. Sur le site perso,
on peut aussi dire quel thème nous intéresse,
en parler, présenter un livre que l'on a aimé
ou au contraire détesté et même
proposer un vote.
Croyez-vous au livre
numérique ?
C'est effectivement un de nos paris pour l'avenir, car
on y croit vraiment. On se positionne plutôt là-dessus
que sur l'affiliation avec de gros cyber-libraires qui
ne nous reversent qu'une infime partie de leurs ventes.
Le téléchargement de fichiers nous semble
être une bonne solution pour Zazieweb sur le plan
du business. D'ici un an, nous espérons pouvoir
générer des profits grâce à
la dématérialisation du texte. Je ne crois
pas vraiment à l'e-book, mais au téléchargement
des premiers chapitres, d'extraits. Ce sera surtout
des coups de promotion, c'est vrai qu'en terme de marketing,
c'est une bonne solution mais je ne crois pas que la
vente de livres numériques va atteindre des niveaux
significatifs tout de suite. C'est du teasing pour pouvoir
vendre le livre papier plutôt.
Quels projets avez-vous pour Zazieweb ?
Nous avons des projets qui vont vers la lecture numérique,
notamment avec la bibliothèque de la Part-Dieu
et l'institut supérieur de documents numériques
sur Lyon. L'idée, c'est toujours d'être
un média d'information et de supports, du côté
du lecteur. Ce sera sans doute un lecteur de plus en
plus nomade avec des textes qu'il téléchargera
et qu'il échangera avec les autres et donc nous
voulons développer les fonctionnalités
Web qui vont avec.
Vous cherchez un financement
?
Moi, je veux des partenariats qui pourraient apporter
des choses. Mais on ne peut pas dire aux investisseurs
qu'ils vont obtenir des bénéfices énormes
dans six mois. On a un discours qui relève plus
de l'ancienne économie. Ce que nous cherchons,
ce sont des partenariats avec des librairies, des choses
cohérentes.
Il paraît que
vous avez été décorée de
l'ordre national des Arts et Lettres...
Tout à fait, j'ai reçu les insignes de
Chevalier des Arts et des Lettres à l'occasion
de la fête de l'Internet. C'est une forme de reconnaissance
pour tous ceux qui se sont efforcés, depuis le
début de l'Internet, de développer le
contenu en ligne.
Qu'est-ce qui vous
plaît le plus sur Internet ?
C'est la possibilité qu'Internet fonctionne différemment
que dans la vie réelle, que ce soit pour mettre
en relation les gens ou trouver de l'information. Des
sites comme eBay, qui repensent les manières
de fonctionner, et des choses sur le web collaboratif
sont très intéressantes. Ce qui m'intéresse,
c'est comment ce médium réinvente le contenu,
les relations et la mise en réseau des gens.
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