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INTERVIEW
 
Directeur
AltaVista France
Jean-Luc Benjamin
"Titre"
Altavista France compte ouvrir une nouvelle version de son service en ligne début 2001. Cette nouvelle version sera le reflet du revirement stratégique qui a été décidé au cours de l'année : abandon de la stratégie de portail pour privilégier un développement à partir du moteur de recherche. Néanmoins, le cap sur les extensions européennes est maintenu. En juillet dernier, Pierre Paperon, l'ancien responsable France, a été promu à la direction européenne d'AltaVista. C'est Jean-Luc Benjamin qui a pris le relais de la direction hexagonale. 28 novembre 2000
 
          
JDNet. Quasiment un an après l'ouverture d'AltaVista France, où en êtes-vous ?
Jean-Luc Benjamin. Nous avons gagné en terme de notoriété. Nous avons un trend de 2,5 millions de pages vues par jour et nous enregistrons une croissance de 1,5% chaque jour. Nous recensons 3,5 millions de visiteurs par mois. Nous avons également lié des grands partenariats avec Amazon France, eBay France, la Société Générale ou encore Carrefour. Pour le dernier trimestre, août-septembre-octobre 2000, AltaVista France a réalisé un chiffre d'affaires de 2 millions de dollars. Nous sommes donc clairement des concurrents de Yahoo en France.

Quelles vont être les grandes nouveautés de la prochaine version d'AltaVista France ?

Elle sera ouverte en janvier prochain. Nous prenons en compte les comportements de nos visiteurs. Ils viennent sur Altavista pour effectuer des recherches (téléchargement, volonté d'acheter en ligne, documentation) ou consulter leurs e-mails. Nous allons garder la même technologie de base mais le nombre de pages indexées en France passera de 10 à 18 millions. L'information va être davantage rafraîchie et affichée plus rapidement. Pour cela, nous allons migrer les recherches pour la France sur un serveur plus puissant. Il sera possible d'envoyer par e-mail des éléments sélectionnés dans une recherche. Nous allons également mettre en place des "search verticaux" sur des sujets qui changeront tous les soirs. Simultanément à l'ouverture de cette nouvelle version en janvier, nous allons ouvrir une régie publicité en interne tout en continuant d'utiliser les outils de DoubleClick. Pour des raisons de perspective d'introduction en Bourse, il est en effet préférable d'avoir notre propre force commerciale.

Quel est aujourd'hui le bilan de vos services d'accès Internet ?
Je ne peux pas vous donner de chiffres. Nous avons lancé une offre promotionnelle ADSL avec Mangoosta. Cette offre co-habite avec celle de l'Internet gratuit traditionnel, montée par Internet Télécom. Nous avons donc identifié clairement deux besoins sur l'accès Internet : d'un côté le téléphonique gratuit et de l'autre, le haut débit. L'ADSL est un moyen de répondre aux services que nous avons développé notamment sur la recherche en MP3 et en fichiers vidéo, qui sont des éléments plus faciles à utiliser en "broadband". Le haut débit est très prometteur et nous sommes en train de développer un portail spécial ADSL. Il sera complètement terminé en janvier.

Sur le dernier Echos.net, Olivier Andrieu, spécialiste des outils de recherche, se demandait si la reconversion d'AltaVista de portail en moteur de recherche ne venait pas trop tard. Qu'en pensez-vous ?
On l'annonce aujourd'hui, mais cette reconversion est un travail qui a commencé en mars dernier. Nous avons une équipe de chercheurs mathématiciens qui travaille dessus en permanence. C'est donc une démarche à long terme. Mais ce en aucun cas déjà trop tard. Loin de là... Notre croissance continue. D'ici la fin de l'année, nous serons présents dans plus de 35 pays en Europe avec des index spécifiques et locaux. Personne n'a encore réussi cette démarche.

Google vous fait beaucoup d'ombre en terme de puissance de recherche. Vous n'avez pas l'impression d'avoir été devancé ?
Google est un moteur de recherche américain. AltaVista et Google se combinent aujourd'hui. Les fonctions ne sont pas du tout les mêmes. Par exemple, nous n'avons pas les mêmes principes en terme d'index. Je pense que la vitesse de développement de nouveaux outils fait que les acteurs se doublent sans arrêt. On verra bien qui arrive au bout de la compétition.

A l'instar de Yahoo, qui travaille sur son 3615, pourquoi vous appuyez-vous en France sur le Minitel ?
Nous voulons surtout indiquer qu'AltaVista France existe en multi-accès. Nous avons ouvert le service Minitel 3615 Altavista en juin dernier et nous avons enregistré 40.000 connexions en juillet et août. Sur le Minitel, il existe un annuaire des services. Et il se trouve qu'AltaVista apparait en premier sur cet annuaire compte tenu de l'ordre alphabétique. Nous avons donc une place de choix ! Nous avons également enrichi le service de recherche en mode texte avec des services de traduction. Il sera possible la semaine prochaine de s'inscrire à l'offre d'accès ADSL AltaVista-Mangoosta à partir du serveur Minitel.

Ce n'est pas paradoxal pour des acteurs du Net de mettre l'accent sur le Minitel ?
Non. L'objectif est d'inciter les gens à aller sur Internet et ce, quel que soit le support. Le Minitel est une technologie fiable et populaire. Et puis, je constate que ça marche mieux que le Wap.... C'est un peu un pied de nez par rapport à cette technologie. Je connais beaucoup d'acteurs qui ont ouvert un service Wap qui aujourd'hui n'enregistre que deux connexions par jour...

Compte tenu du système kiosque, le Minitel pourrait-il devenir une source de revenus importante pour AltaVista ?
Non, le service est facturé environ 0,80 francs la minute. Nous arrivons juste à l'équilibre avec le volume de connexions actuel. En aucun cas, ce ne sera une source de revenu essentielle. C'est un accès complémentaire, simple et déjà banalisé.
 
Propos recueillis par Philippe Guerrier

PARCOURS
 

Jean-Luc Benjamin, 35 ans, a acquis une maîtrise de gestion à l'université de Rennes. Il a créé et développé en 1985 une entreprise proposant des solutions
clé en main de reseaux de micro-ordinateurs. En 1989, il a participé à la création et au développement de Disneyland Paris. Il a rejoint Compaq en 1996 pour devenir directeur de
l'informatique chez Compaq France un an plus tard. Avant de prendre le poste de directeur général d'Altavista France, il a occupé celui de Directeur de l'informatique et des télécommunications.


   
 
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