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Michel Combes
PDG
TDF |
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Michel
Combes
"La commercialisation de la TV sur mobile en France débutera en 2007"
Passage de l'analogique au numérique, extension de la couverture des réseaux TNT, 3G et UMTS, déploiement d'une infrastructure Wimax, lancement commercial de la TV sur mobile : Michel Combes, récemment nommé au poste de PDG, présente le plan de développement de TDF sur cinq ans.
(28/09/2006) |
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JDN.
(Article modifié le 03/10/2006)
Pouvez-nous nous présenter le groupe TDF ?
Michel Combes. Partenaire des télévisions, radios,
opérateurs de télécommunications et collectivités locales,
TDF est un opérateur et un prestataire technique de services
dans l'audiovisuel, la téléphonie mobile et le haut débit.
Avec plus de 7.500 tours hertziennes dans six pays (France,
Monaco, Finlande, Espagne, Estonie et Pologne), TDF est
la première "tower company" européenne. Trois mouvements
de fonds ont marqué l'évolution de TDF : le passage
du monopole à la concurrence, la transition du public
au privé, et aujourd'hui l'évolution de l'audiovisuel
vers le numérique, une mutation qui touche l'ensemble
de nos clients.
Quel est le profil des clients
de TDF aujourd'hui ?
Nous avons deux types de clients : les grands groupes
audiovisuels, qui souhaitent désormais porter leurs contenus
sur l'ensemble des supports et ont donc des besoins en
numérisation, encodage, archivage, diffusion, contrôle
d'accès et mesure d'audience ; et les opérateurs
télécoms qui redéfinissent leur chaîne de valeur en se
renforçant sur la distribution de contenus et manifestent
en conséquence des velléités d'externalisation de la gestion
de leurs infrastructures. De par son expertise sur les
réseaux hertziens et son positionnement au cœur des deux
métiers que sont l'audiovisuel et les télécoms, TDF est
à l'interface des transformations en cours. Notre projet
industriel sur cinq ans est justement de nous positionner
auprès de nos clients comme un catalyseur de cette révolution
numérique. Le futur de TDF sera autour et sur le numérique.
Pouvez-vous détailler ce projet
industriel ?
Notre principe d'action sera de remonter sur la chaîne
de nos deux métiers. Sur l'audiovisuel tout d'abord, l'ambition
est de partir de notre métier de base, la diffusion analogique,
et d'accompagner la transition vers le tout numérique
en étendant la couverture de nos réseaux de TNT et de
TV haute définition, puis en proposant des prestations
multimédia et multi-supports. Le dernier maillon de cette
chaîne de valeur est la télévision sur mobile, enjeu le
plus immédiat du monde de l'audiovisuel. C'est pour réaliser
cette ambition que nous avons créé début septembre un
pôle multimédia et acquis la société SmartJog,
leader dans le transport sécurisé de programmes audiovisuels..
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Le
numérique devrait dépasser l'analogique
dans notre chiffre d'affaires en 2013 ou 2014." |
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Quelles activités regroupe
ce nouveau pôle mutlimédia ?
Il est composé des sociétés Visual 102 (captation d'images,
plateaux), Cognacq-Jay Image (régie de diffusion, archivage),
SmartJog, TV-Radio.com
(diffusion radio et TV sur Internet) et Mediamobile (services
liés à la mobilité). Avec ce pôle, TDF entend répondre
de manière globale à la demande de prestations techniques
de ses clients sur tous les supports.
Le gouvernement annonce la
fin de l'analogique pour 2011. Quand pensez-vous que ce
basculement sera effectif dans l'activité de TDF ?
Dans la télévision, notre chiffre d'affaires dans le numérique
devrait dépasser celui réalisé dans l'analogique autour
de 2013-2014. Je pense que la transition de l'analogique
vers le tout numérique devrait être plus longue que les
délais annoncés par le gouvernement. Un premier indicateur
de ce basculement sera le taux de couverture du territoire
du réseau numérique. Il est en effet impensable d'arrêter
l'analogique avant de couvrir au minimum 98 % du
territoire en numérique. Un deuxième indicateur sera le
taux d'équipement des foyers en numérique, aujourd'hui
de 30 %, et qui se doit d'atteindre au minimum 85 %.
Vous parlez de la TV sur mobile
comme d'un enjeu immédiat. Où en sont les expérimentations
menées par TDF et quand sera-t-elle lancée commercialement
en France ?
Nous avons mené des premières expériences en 2006 autour
des usages des clients. Début septembre, nous avons lancé
une seconde expérimentation dans le XVe arrondissement
de Paris qui vise à travailler sur la structure du réseau,
sa configuration technique, la qualité de la réception
indoor et outdoor. Les leçons tirées de nos premières
expérimentations sont que cela fonctionne, que la norme
technique du DVB-H est validée et qu'il y a une appétence
des consommateurs. Aujourd'hui, l'Europe entière est à
l'heure de la télévision sur mobiles : l'Italie a
lancé ses premières offres en juin dernier, TDF va lancer
pour le compte de ses clients finlandais des offres à
Noël, l'Allemagne prévoit un lancement en 2007…
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Tous
les acteurs de la TV sur mobile sont dans
les starting blocks." |
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Je pense que la commercialisation en France débutera également
en 2007, l'ensemble des acteurs (éditeurs de services,
opérateurs mobiles, industriels) étant dans les starting-blocks.
Sur un plan technique, le réseau hertzien de TDF couvre
déjà une vingtaine de villes en France et devrait en couvrir
une centaine d'ici la fin 2006.
Comment pensez-vous remonter
la chaîne de valeur sur votre deuxième métier, les télécoms ?
A partir de notre métier de base, à savoir l'accueil des
opérateurs sur nos points de services, nous allons poursuivre
la couverture du territoire en réseaux 3G, UMTS et Wi-Fi.
En 2006, TDF gère quelque 13.500 antennes de téléphonie
mobile. La deuxième couche de revenus consiste à se développer
sur les prestations de maintenance et de gestion des réseaux.
Aujourd'hui, nous gérons la maintenance d'un tiers des
sites du réseau de SFR. Soit environ 20 % du parc
des tours utilisées par les opérateurs mobiles français.
En comparaison, aux Etats-Unis, plus de 80 % des
tours utilisées sont externalisées. Ce marché représente
donc un important potentiel de croissance pour TDF. La
troisième couche est de proposer une prestation totalement
intégrée et de devenir opérateur d'opérateur. TDF ambitionne
de devenir un gestionnaire mutualisé d'infrastructures
de réseaux, pour le Wimax notamment.
Concernant le Wimax, HDDR Multi-Régions,
dont TDF est actionnaire à plus de 90 %, s'est vu
attribué 11 licences régionales par l'Arcep. Le rachat
d'Antalis TV, qui détient 5 % du consortium Bolloré
Télécom, ne crée-t-il pas une situation de monopole ?
Pas du tout, car au cours de l'été, Bolloré a procédé
à une augmentation de capital qui n'a pas été suivie par
Antalis. Aujourd'hui, la part d'Antalis dans Bolloré Télécom
est symbolique, de l'ordre de 0,01 %.
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Lancement
des offres commerciales Wimax dès 2007." |
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Quelles sont les synergies
avec LD Collectivités et Axione qui vous ont conduit à
la création du consortium HDDR ?
LD Collectivités et Axione ont une vraie légitimité sur
l'aménagement du territoire en tant que spécialistes des
réseaux haut débit dans les zones rurales. Ils sont reconnus
comme des acteurs neutres auprès des collectivités territoriales.
Pouvez-vous nous présenter
le projet Wimax de HDDR ?
Le premier pilier de notre stratégie est la couverture
des zones blanches et grises de l'ADSL. L'autre pilier
est la neutralité envers tous les acteurs de détail. HDDR
Multi-Régions se positionne exclusivement comme opérateur
de gros, dont l'objectif principal est l'aménagement du
territoire numérique. C'est un projet d'envergure nationale.
C'est pourquoi, au-delà des 11 régions gagnées, nous espérons
conclure des partenariats avec tous les autres acteurs
qui ont obtenu des licences, publics et privés.
HDDR s'est engagé sur un premier
niveau d'investissement de 5,3 millions d'euros pour le
paiement des redevances des licences. Au total, combien
prévoyez-vous d'investir dans la construction du réseau
Wimax ?
Je ne peux pas donner de chiffres mais je peux vous dire
que notre projet est incrémental. Il sera financé en majorité
par des injections de capital, sous la forme d'augmentations
du capital social et d'avances en comptes courants d'actionnaires.
A ce titre, la Caisse des Dépôts et Consignations devrait
très prochainement entrer à hauteur de 20 % dans
le capital de HDDR. Par ailleurs, nous visons les zones
blanches et non les zones densifiées des villes. Notre
réseau sera donc moins dense, mais moins coûteux que d'autres.
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Nous
allons investir un milliard d'euros sur cinq
ans dans nos réseaux." |
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Quand lancerez-vous les premières
offres commerciales de gros s'appuyant sur une infrastructure
Wimax ?
Nous allons mener plusieurs projets pilotes d'ici la fin
de l'année. Je pense que l'ouverture commerciale du réseau
Wimax de HDDR aura lieu à la mi-2007. Nous nous engageons
à couvrir 70 % des zones blanches de nos 11 régions
à mi-2008. Nous prévoyons en effet d'ouvrir 312 sites
Wimax à cette échéance.
Comment allez-vous financer
ce projet industriel ? TDF n'est-il pas encore endetté ?
Si, la société est encore endettée. Nous allons financer
ce projet par le cash flow généré sur chaque exercice,
à hauteur de 20 % en moyenne du chiffre d'affaires
annuel de TDF sur cinq ans. Au total, nous allons investir
un milliard d'euros d'ici à 2010. Ce milliard ne comprend
pas les éventuelles acquisitions, mais couvrira essentiellement
les investissements réseaux.
Quelles sont vos perspectives
financières pour 2010 ?
Nous ne donnons pas de chiffres précis mais visons un
chiffre d'affaires autour du milliard d'euros, dont un
peu moins des deux tiers générés par l'activité audiovisuel
et médias, un quart par l'activité télécoms et le reste
par nos activités à l'international. |
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Propos recueillis par Emilie LEVEQUE, JDN |
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