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Responsable
Canal Internet
BNP
Paribas |
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Jérôme
de Labriffe
"Titre"
Internet, téléphone,
Minitel, DAB, guichets automatiques... Pour les établissements
bancaires, l'un des grands chantiers du moment reste
la mise en place du modèle multi-canal appliqué
aux services de banque à distance. Groupe BNP
Paribas n'échappe pas à cette vaste réflexion
stratégique qui débouche sur des chantiers
pluriannuels technologiques afin de mettre le système
d'information à hauteur. Ce volet informatique
s'accompagne aujourd'hui d'une refonte et d'une harmonisation
de l'offre produit, née de la fusion de BNP et
de Paribas en 1999.
03
juin 2002 |
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JDNet.
Où en est BNP Paribas dans le grand chantier
de développement multi-canal de la banque à
distance ?
Jérôme de Labriffe. Les premiers
travaux ont débuté fin 1998. Ils visaient
à homogénéiser l'entrée
en relation avec les clients et les prospects sur l'ensemble
de nos canaux. Nous avons monté pour cela le
CRC, le centre de relation client, qui est notre plate-forme
pour le téléphone et le traitement des
e-mails. C'est le centre névralgique du mécanisme.
Dans cette logique de CRC, nous sommes aujourd'hui en
train d'assurer la migration de l'ensemble des canaux.
A terme, toutes les entrées possibles, comme
les banques en libre service ou la télévison
interactive, seront connectées au CRC et doivront
se parler les unes avec les autres.
Quel
investissement global représente ce chantier
?
C'est difficile à chiffrer compte tenu du nombre
de composantes à prendre en compte, comme la
refonte du système d'information ou l'adaptation
de l'architecture de la banque à cette nouvelle
logique. Les budgets sont donc éclatés
dans les différentes directions de la banque.
En plus, certains chantiers débutent. En ce qui
concerne par exemple la banque de détail en ligne,
il faut d'abord que nous montions le premier étage
de la fusée.
En
quoi consiste "le premier étage de la fusée" ?
Une homogénéisation et une fédération
de l'existant, c'est-à-dire une refonte de la
charte graphique et une cohérence dans la présentation
des services et des produits. Il faut pour cela prendre
en compte l'historique du groupe : après
la fusion entre BNP et Paribas, l'objectif de notre
PDG Michel Pébereau était de créer
un troisième nouveau groupe homogène et
cohérent. Nous partons donc sur des bases neuves
et nous allons modifier en profondeur BNP Net.
Comment
va évoluer le service BNP Net ?
C'est le premier site du groupe en terme de trafic et
de consultation. L'adresse BNP Net va être modifiée
car elle ne met en avant qu'une partie des produits
du groupe. Il faut donner au service l'image du groupe.
Nous voulons également étoffer le service
en ligne de "banque de détail" en rapatriant
l'ensemble des services qui sont actuellement morcellés.
L'approche est très horizontale, le canal Internet
venant en complément des agences. Et il n'y a
pas d'opposition. Bien au contraire : Internet
permet de faciliter l'entrée en relation.
Pensez-vous
que vous allez aboutir à une base de données
clients unique ?
Non. Il ne s'agit pas d'une intégration totale,
ce qui serait illusoire. L'idée est de faire
que les différents systèmes d'information
arrivent à communiquer entre eux.
Combien
d'abonnés BNP Net disposez-vous ?
Aujourd'hui, nous avons environ 500.000 clients "actifs"
[NDLR, c'est à dire qui se connectent au moins
une fois par mois sur le service en ligne]. Au total,
nous recensons six millions de comptes. Les clients
utilisent surtout les services de banque classique :
la consultation des comptes, les virements, les opérations
de Bourse. Il n'existe pas de profil vraiment spécifique
de nos utilisateurs, même s'il est vrai que nos
campagnes de communication auprès des 18-25 ans
tournent surtout autour de notre offre Internet.
Observez-vous
un phénomène de substitution de clientèle
entre le canal Minitel et Internet ?
On observe une baisse linéaire du Minitel. La
migration se fait dans le temps et non sur des effets
de bascule ponctuels importantes. Aujourd'hui, le principal
canal d'entrée en relation, c'est l'agence "physique",
qui figure en parallèle de la stratégie
multi-canal que nous mettons en place. Mais parmi les
nouveaux canaux, Internet est en très grande
progression, environ 30% en plus par an.
Sous
quelle forme commercialisez-vous le service BNP Net
à vos clients ?
Nous avons délaissé le modèle d'abonnement
pour adopter celui de paiement à la connexion,
avec un tarif d'environ 0,5 euro par jour de connexion
pour une limite à six euros par mois. Nous estimons
qu'avec cette formule, nous répondons mieux à
la demande. Pour un utilisateur qui consulte BNP Net
trois à quatre fois par mois, c'est moins cher
qu'un forfait. L'objectif est de favoriser les petits
consommateurs. Je crois que nous sommes le seul grand
établissement bancaire à voir choisi cette
formule en France.
Que
pensez-vous du SMS comme outil de relation clientèle
?
Nous sommes actuellement en train de chercher un modèle
adéquat payant. Nous devons cadrer une démarche
marketing ou commerciale spécifique avec le SMS.
Nous sommes en train de monter sur ce sujet.
Quel
intérêt portez-vous à la clientèle
professionnelle ?
Nous testons d'abord le socle banque de détail
pour savoir comment l'adapter à notre clientèle
professionnelle. Notre service "BNP Net Pro",
dédié aux commerçants et professions
libérales, est dans la continuité des
fonctionnalités que nous proposons aux particuliers.
Il existe également le service "BNP Net
entreprises", mais qui n'est pas rattaché
à mes activités.
Pourquoi
BNP Paribas ne propose-t-il pas d'accès
Internet FAI à ses clients ?
Nous estimons que ce n'est pas notre métier.
Nous avons fait des opérations co-brandées
avec Club-Internet et Wanadoo. Les fournisseurs d'accès
Internet seront toujours plus efficaces que nous dans
ce domaine.
Comment
calculez-vous le retour sur investissement d'un service
banque en ligne comme BNP Net ?
Difficile à savoir. Il facilite la banque au
quotidien. Cela génère des revenus, des
abonnements et des connexions. Mais en données
brutes, c'est compliqué.
Que
devient le Money Mag, le e-magazine grand public de
la finance édité par BNP Paribas
?
C'est une approche totalement dédiée "prospects".
Le Money Mag nous permet d'étudier la population
internaute dans ses modes de consommation. C'est un
laboratoire d'observation autonome et qui doit le rester.
Si nous rattachions les activités du Money Mag
aux services de BNP Paribas, nous entrerions dans
un discours client qui n'est pas du tout l'approche
éditoriale du magazine en ligne. Actuellement,
nous recensons 230 000 visiteurs uniques par mois
sur le Money Mag. Ca marche bien.
La
banque en ligne britannique Egg vient de lancer un service
d'agrégation de comptes et de produits financiers (comptes
courants, crédits, cartes de crédit). Vous trouvez que
c'est un service pertinent ?
L'agrégation de comptes est un système
qui marche dans un modèle de banque anglo-saxon
mais qui n'a pas fait ses preuves dans le cadre traditionnel
de la culture banque de réseau. La multi-bancarisation
est plus développée au Royaume-Uni qu'en
France.
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