FINANCE 
 
Antoine Garrigues
Managing Partner
Iris Capital
Antoine Garrigues
"Le flux des dossiers est reparti à la hausse"
Le fonds d’investissement Iris Capital, ex filiale de capital-risque de la CDC connue sous le nom de Part’Com, revient sur le devant de la scène avec un second closing. La société, qui compte parmi son portefeuille Wstore, Altitude, Telecom, Kiala et Naïve, a participé à plusieurs tours de table au troisième trimestre. L’occasion pour Antoine Garrigues, Managing partner responsable des secteurs télécoms et IT, de livrer son analyse du marché.
(05/10/2004)
 
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JDN. Quelles sont les tendances en matière de capital-risque pour la fin de l'année ?
Antoine Garrigues. On constate une reprise des investissements. Elle s'était déjà amorcée début 2004, mais cela se confirme, même si ce n'est pas encore spectaculaire. Cela marque une meilleure confiance dans l'économie en général, et cela signifie aussi que les investisseurs ont réglé la plupart de leurs portefeuilles. Cela dit, si la reprise des investissements dans les jeunes sociétés est claire, pour des équipes de VC européens il est en revanche très difficile de lever des fonds auprès d'investisseurs institutionnels.

Quels sont les secteurs les plus porteurs ? Les télécoms et les technologies mobiles semblent avoir la cote auprès des investisseurs...

C'est exact. Sur le mobile, on sent pointer l'arrivée de la 3G, on voit les usages s'installer. Du côté des opérateurs télécoms, les bilans ont été assainis. Le défi, pour eux, est de transformer leur réseau en tout IP. Quant aux grands équipementiers, ils sont en général sortis de la crise, alors qu'ils avaient réduit fortement leurs dépenses d'investissement en 2002-2003. Ericsson repart très fort. Enfin, dans le secteur IT, l'open source est très intéressant, ainsi que la micro-électronique.

Quels investissements avez-vous réalisé en 2004 ?
Nous avons investi dans deux nouvelles sociétés : Libelis, un éditeur de logiciels, et Exception Wild Bunch, une société parisienne de production et de distribution cinématographique, pour respectivement 2 millions et 5 millions d'euros. Pour le reste, nous avons ré-investi dans quelques sociétés de notre portefeuille. Etant en période de levée de fonds, nous n'avons pas eu suffisamment de temps à consacrer à de nouveaux investissements.

Pourquoi avez-vous choisi Libelis ?
Libelis propose un produit très intéressant, permettant aux applications Java d'accéder à des bases de données, et compatible avec un standard émergeant appelé JDO (Ndlr : Java Data Objects). Ce standard offre un nouveau champ pour des produits plus standardisés. Libelis dispose par ailleurs d'une excellente équipe de management. Enfin, ils sont se déjà déployés commercialement en Europe. Leur flux de chiffre d'affaires européen est supérieur à celui de la France.

Aujourd'hui, les acheteurs reviennent."
Comment se répartissent vos investissements en termes de secteurs, de géographie et de stade d'intervention ?
Nous avons trois domaines de spécialisation, qui comptent chacun pour un-tiers de nos investissements : les médias, les télécommunications et les technologies de l'information. Dans le secteur des médias, nous privilégions le développement et la phase de croissance. Les projets de type financement d'une production sont associés à un risque trop binaire. Concernant les télécommunications et les technologies de l'information, nous intervenons sur des projets "early stage" ou "late stage". Historiquement, la proportion géographique est de 50 % en France et 50 % dans le reste du monde, sachant que l'Europe représente la quasi-totalité et l'Amérique du Nord environ 5 %. Nous sommes paneuropéens depuis 1991, et la tendance va s'accentuer. Dans les années à venir, la France ne devrait plus représenter que 35 à 40 %.

Quel est votre ticket d'entrée moyen ?
Deux à trois millions d'euros, mais cela peut commencer plus bas.

Combien de dossiers recevez-vous chaque année ?
Le flux de dossiers est reparti à la hausse à partir du deuxième semestre 2003. Nous recevons environ 900 dossiers par an, mais nos équipes prennent également le temps d'aller chercher certains dossiers.

Le recours aux intermédiaires financiers est-il de plus en plus répandu ?
C'est effectivement une tendance que l'on constate. Elle est liée au phénomène de maturité du marché du capital-risque dans son ensemble. Entre 1995 et 1999, il y avait beaucoup moins d'intermédiaires sur le marché. Et aujourd'hui, ils se sont spécialisés. En fait, il se passe en France ce que le Royaume-Uni connaît déjà. Ce secteur fonctionne par réseau. Les intermédiaires savent quels sont les investisseurs susceptibles d'être intéressés par tel ou tel projet.

Il faut être attentif à l'évolution de niches comme la VoIP ou l'open source."
Quelle est la proportion de dossiers qui vous parviennent par le biais des intermédiaires ? Ces dossiers ont ils plus de chances d'aboutir ?
Environ 50 % des dossiers. Ce n'est pas forcément un gage de réussite. En revanche, c'est un gage de qualité minimale.

La période est-elle favorable aux sorties de capital ?
Oui. Pour nous, c'est une réalité. En 2003, nous avons désinvesti pour 35 millions d'euros, et cette année, pour beaucoup plus. Depuis de début de l'année, nous avons déjà réalisé six cessions. Cela s'était tari en 2001-2002, mais aujourd'hui les acheteurs reviennent.

De quelles sociétés êtes-vous sortis en 2004 ? Quelles sorties prévoyez-vous en 2005 ?
Au premier semestre, nous avons notamment vendu K-Mobile à un acteur américain, American Greetings Interactive. Cela illustre l'intérêt d'acteurs stratégiques pour les services de données mobiles, appelés à un fort développement. K-Mobile avait acquis un savoir que American Greetings Interactive ne trouvait pas aux Etats-Unis. En 2005, des sorties sont prévues dans les secteurs des télécoms et des technologies de l'information.

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Vous avez bouclé un deuxième closing de 144 millions d'euros en juillet. Auprès de quels investisseurs ?
Nous ne divulguons pas cette information. Avant de devenir indépendants, nous étions captifs de la Caisse des Dépôts. Aujourd'hui, nous nous créons un portefeuille d'investisseurs.

Quels sont les priorités d'Iris Capital 2 ?
Géographiquement, c'est la France et l'Europe occidentale. Sectoriellement, les médias et les technologies de l'information. Dans les télécoms, il faut être attentif à l'évolution de certaines niches comme la VoIP ou l'open source.
 
 
Propos recueillis par Raphaële KARAYAN, JDN

PARCOURS
 
 
Antoine Garrigues est diplômé de l’École Polytechnique et de l’École des Ponts et Chaussées.

Antoine Garrigues a été Directeur des affaires internationales et du développement de Dassault A.T., une filiale du groupe Dassault spécialisée dans les systèmes informatiques bancaires et les télécommunications mobiles. Il a également dirigé les services financiers à l’exportation de la division ferroviaire du groupe Schneider, et participé au projet de construction du métro à Caracas, au Venezuela.

Chez Iris Capital, il est actuellement administrateur de Smart Telecom, N-Soft, et Kiwi I Ventures. Il a été auparavant administrateur de Telesystem International Wireless, Wavecom, Magyar Telecom, AXS Telecom, SLP, Extrapole et E-via.

   
 
 
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