TELECOMS–FAI 
 
Bertrand Lebarbier
Directeur général adjoint du développement
Altitude Telecom
Bertrand Lebarbier
"Le Wimax est la meilleure technologie pour faire avancer l'aménagement numérique du territoire"
Le directeur général adjoint du développement d'Altitude Telecom, explique les avantages du Wimax. L'opérateur normand est le premier à déployer cette technologie hertzienne haut-débit en France.
(24/08/2004)
 
JDN. Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est le Wimax ?
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Dossier Le Wi-Fi se déchaîne
Christophe Lebarbier. Le WiMax est un label qui repose sur un standard de normalisation internationale entre les équipements 802.16. Cette technologie point à points permet de délivrer des débits de plus de 10 Mbit/s dans un rayon de 10 km. La réception se fait depuis une petite parabole de 20 centimètres qui alimente ensuite un réseau local.

A quels besoins répond cette technologie, quels sont ses atouts ?
Le Wimax permet de proposer des débits plus importants que l'ADSL et à des prix inférieurs. L'autre atout est que cette technologie permet de désenclaver à faible coût des zones non couvertes par les réseaux ADSL. C'est la meilleure technologie pour faire avancer l'aménagement numérique du territoire. Nous commençons d'ailleurs à déployer nos bases en Vendée, la première sera mise en service dans deux semaines à Challans. Nous commencerons alors à équiper nos premiers clients professionnels avec des offres sensiblement moins chères que l'ADSL. Nous lancerons sans doute l'année prochaine des offres grand public, calquées sur les débits qui existent pour l'ADSL. Pour favoriser l'essor du Wimax nous fournirons gratuitement la parabole et nous procèderons nous-même à la pose.

En quoi le Wimax est-il complémentaire de la Boucle locale radio ?
La Boucle locale radio couvre une surface moins importante pour des débits qui peuvent aller jusqu'à 35 Mbit/s. La technologie est assez onéreuse, mais elle permet d'apporter du très haut débit à des sociétés qui en ont besoin. Avec le Wimax, nous nous adressons à une clientèle de plus petites entreprises, qui ont des besoins moins forts en débit. Nous commercialisons notamment une offre VPN qui permet de relier plusieurs sites d'une même entreprise.

Où en est la standardisation de la technologie ?
En terme de standard, tout est arrêté. C'est pourquoi nous avons obtenu la garantie, de la part des constructeurs, que les terminaux que nous commercialisons sont interopérables. Plus globalement, la dernière phase de tests d'interopérabilité entre équipementiers débutera en janvier, tout devrait être prêt en mars. Les premiers terminaux de réception seront alors mis en vente dans les semaines qui suivent. Le succès de cette technologie reposera sur la réactivité des constructeurs asiatiques à produire en masse des terminaux à faible coût. Mais nous sommes confiants. L'implication d'Intel dans le Wimax est un très bon signe.

Qu'en est-il de l'attribution des fréquences ? Vers quelle solution se dirige l'ART ?
La consultation des acteurs arrive à sa fin. L'ART fera une analyse de cette phase de concertation en septembre, nous connaîtrons ensuite sous quel mode seront attribuées les licences d'opérateur Wimax. Je n'ai pas idée de ce que décidera l'Autorité. Tout ce que je peux dire c'est qu'il ne faudrait pas rééditer les erreurs commises lors le l'attribution de licences d'opérateurs de BLR. Il ne faut pas trop morceler les régions et encourager la création d'une multitude d'opérateurs qui ne pourraient survivre très longtemps. Si l'on veut que le Wimax soit une réussite, il vaudrait mieux choisir des acteurs dont c'est le métier.

Des coûts entre 10 et 20% inférieurs à des réseaux TurboDSL ou SDSL."
Les conventions "département innovants" signées entre France Télécom et les collectivités locales risquent-elle de freiner le développement du Wimax ?
Il faut faire attention à ne pas se laisser tromper par des déclarations marketing. Les collectivités locales sont suffisamment soucieuses d'apporter les meilleures solutions à leurs administrés pour que nous restions confiants. La convention départements innovants est une chose, mais ne pas dépenser n'importe comment les deniers publics en est une autre. Avec le Wimax, nous sommes capables de couvrir 90 % du territoire avec des débits bien plus importants que l'ADSL, et pour des coûts entre 10 et 20 % inférieurs à des réseaux TurboDSL ou SDSL. Nous sommes déjà liés au Calvados, à la Vendée et à l'Orne, nous discutons aujourd'hui avec beaucoup d'autres collectivités locales qui projettent de développer des réseaux alternatifs.

Comment voyez-vous évoluer cette technologie ?
Les équipementiers se sont fixés l'objectif d'atteindre des débits de 70 Mbit/s sur une zone de 50 km d'ici 2 ans. Mais avant cela, la première étape est déjà de rendre interopérable les équipements. Ensuite, Intel aura un rôle très important puisqu'il entend pousser à équiper de puces Wimax les PC fabriqués en série. Le fondeur a aussi prévu de produire des puces pour portable à l'horizon 2006. A cette époque, nous devrions avoir commencé à proposer des accès grands publics sur notre réseau. Mais les prix resteront sensiblement équivalents à ce qui se pratique dans l'ADSL, car nous devons penser à rentabiliser notre réseau.
 
 
Propos recueillis par Frantz GRENIER, JDN

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