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INTERVIEW
 
PDG
Free.fr
Cyril Poidatz
"Titre"
A la tête du FAI gratuit Free et du groupe Iliad, premier actionnaire de Free créé par Xavier Niel (Interview vidéo JDNet du 4/09/99), Cyril Poidatz fait le point sur la situation du FAI, ses projets et l'état de son développement. Free a ouvert son capital en janvier dernier à la banque d'affaire Goldman Sachs à hauteur de 100 millions de Francs pour une partcipation très minoritaire (participation estimée à 5%, lire l'article JDNet du 21/08/00).30 août 2000
 
          

JDNet. Free existe depuis plus d'un an, quel est aujourd'hui sa place sur le marché ?
Cyril Poidatz. Free compte très exactement aujourd'hui 1.073.444 abonnés inscrits pour plus de 550.000 internautes actifs dans les 40 derniers jours, selon la norme aujourd'hui partagée par les fournisseurs d'accès.

JDNet. Pourquoi avoir choisi de vous lancer sur le marché des FAI gratuits, un métier très exigeant au niveau technique ?

La gestion d'une infrastructure technique était au coeur du métier d'Iliad. En créant Free nous avons voulu valoriser ce savoir-faire. Le métier de FAI est avant tout un métier technique. Or nous avons les techniciens et nous avons décidé de déployer notre propre réseau IP pour pouvoir maîtriser la qualité technique de notre réseau. Dès l'ouverture de Free, en avril 1999, nous avions déjà notre propre Backbone IP. Free possède également une filiale Télécom Linx qui a obtenu l'année dernière une licence d'opérateur Telco L33.1 et L34.1 (NDLR : licence de réseaux ouverts au public et licence de fourniture de services téléphoniques ouverts au public). Nous misons avant tout sur la qualité de service et pour cela nous nous sommes concentrés sur l'infrastructure technique.

Quel est le modèle économique de Free ?
Notre Business model repose d'abord sur un reversement de commission de la part de France Télécom. C'est pour cela que nous déployons actuellement le réseau de notre opérateur télécom Linx, pour faire transiter tout le trafic généré sur le réseau de Linx. Nous obtiendrons donc des reversements plus élevés que ceux que nous avons aujourd'hui. Les deux autres axes, pour une part moindre, de notre modèle économique, sont la publicité et le commerce électronique. Pour cette année, nous prévoyons un chiffre d'affaires de 100 millions de francs, pour une perte de 120 à 150 millions de francs. Nous devrions atteindre notre seuil de rentabilité à la fin de l'année.
Et Free devrait être bénéficiaire dès l'année prochaine.

Vous avez abandonné la commercialisation de votre offre ADSL au mois de mars dernier. Quand pensez-vous pouvoir fournir une nouvelle offre haut débit ?
Nous avons abandonné l'ADSL parce que nous étions obligés de passer par Netissimo de France Télécom et nous ne maîtrisions pas la chaîne FAI du bout en bout. Nous travaillons aujourd'hui sur une offre propriétaire mais nous ne pourrons la proposer qu'après l'ouverture de la boucle locale prévue pour le début de l'année prochaine. Nous continuons tout de même à fournir nos 3.232 abonnés ADSL inscrits avant cette interruption. Nous avons simplement interrompu la commercialisation de l'offre.

Vous vous êtes distingué en mai dernier en proposant l'installation gratuite d'Internet chez vos nouveaux abonnés. Quels sont les premiers résultats de cette opération ?
Nous avons l'image d'un FAI excellent techniquement, qui joue la transparence sur la qualité et la vie de son réseau. Mais nous avons également voulu investir dans le service offert à nos internautes. Nous ne disposons pas du budget marketing de certains de nos concurrents. Nous investissons entre 100 et 120 millions de francs par an et, sur ce budget, nous avons choisi d'offrir ce service unique sur le marché français. Nos avons d'abord fait un test sur Paris et les Bouches-du-Rhône au mois de mai et, devant le succès de l'opération, nous l'avons étendue à la France entière. En 30 à 40 minutes, un technicien installe le kit, configure l'ordinateur et explique rapidement le fonctionnement à l'utilisateur. Nous installons nos kits chez 250 à 300 nouveaux internautes par jours.

Quel est le coût de cette opération pour le groupe Free ?
Nous avons affecté environ 10% de notre budget marketing à cette opération, soit 10 à 12 millions de francs. Ce qui correspond au prix d'une petite campagne de publicité TV. Nous avons choisi de privilégier une relation individuelle avec le nouvel internaute..

Les offres des FAI "tout gratuits", accès Internet plus communications téléphoniques, sont en train de poindre sur le marché. Avez-vous des projets de ce type ?
A priori non. Nous n'avons pas trouvé de business model nous permettant de gagner de l'argent sur ce type d'offre. Ni même sur les modèles d'offres bon marché avec des communications illimitées. L'offre Free est extrêmement simple. Vous ne payez que ce que vous consommez, au tarif local, en bénéficiant de tous les avantages tarifaires possibles. Il y a une vrai demande pour une offre simple et claire.

Ne risquez-vous pas de perdre vos internautes gros utilisateurs qui peuvent être séduits par ces offres illimitées ?
Ils peuvent être séduits au premier abord. Mais encore faut-il qu'ils soient assurés d'une qualité de service et que ces offres soient pérennes. L'affaire Onetel, par exemple, illustre la précarité de telles tentatives.

Free est aujourd'hui un acteur présent sur le seul marché français. Avez-vous des projets à l'international ?
Nous avons été contactés par de nombreux acteurs français et européens, mais à priori, pour l'heure, nous souhaitons rester indépendants en consolidant notre position sur le seul marché français. Nous espérons atteindre pour la fin de l'année entre 1,5 et 1,6 millions d'internautes inscrits, pour un nombre d'actifs compris entre 700.000 et 850.000 internautes. Nous n'avons pas de stratégie de création de portail ou d'offre de contenu en Europe. Par la suite, il n'est pas impossible que nous trouvions un accord avec d'autres acteurs en Europe pour un développement international. Mais ce n'est pas notre priorité.

Vous avez ouvert votre capital en début d'année. L'introduction en Bourse sera-t elle la prochaine étape ?
C'est effectivement ce sur quoi nous travaillons. L'introduction pourrait avoir lieu pour la fin de l'année. C'est un projet mais il n'y a pas d'urgence, ce n'est pas notre priorité absolue. Nous venons de constituer une nouvelle équipe de management et nous allons voir comment les choses évoluent.

Sur un plan plus personnel, effectuez-vous des achats en ligne ?
Oui il m'arrive d'acheter en ligne des fleurs, des places de cinéma, des livres et des CD. Je préfère ne pas citer de site en particulier. Mais je n'ai absolument aucune réticence à l'achat en ligne.

Comment avez-vous découvert Internet ?
J'ai d'abord utilisé Internet dans un cadre professionnel. J'ai rapidement été convaincu par la facilité de recherche et la rapidité d'accès à l'information.

 
Propos recueillis par Fabien Claire

PARCOURS
 
Cyril Poidatz est depuis novembre 1998 le directeur général du groupe Iliad. Diplômé de l'ESC Rouen en 1984, il a d'abord été auditeur externe chez Coopers & Lybrand jusqu'en 1988, avant de rejoindre le groupe Cap Gémini comme auditeur interne puis comme directeur financier de Cap Gémini Italia.

   
 
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