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JDNet.
Free existe depuis plus d'un an, quel est aujourd'hui sa place
sur le marché ?
Cyril Poidatz. Free compte
très exactement aujourd'hui 1.073.444 abonnés inscrits pour
plus de 550.000 internautes actifs dans les 40 derniers jours,
selon la norme aujourd'hui partagée par les fournisseurs d'accès.
JDNet.
Pourquoi avoir choisi de vous lancer sur le marché des FAI
gratuits, un métier très exigeant au niveau technique ?
La gestion d'une infrastructure technique était au coeur du
métier d'Iliad. En créant Free nous avons voulu valoriser
ce savoir-faire. Le métier de FAI est avant tout un métier
technique. Or nous avons les techniciens et nous avons décidé
de déployer notre propre réseau IP pour pouvoir maîtriser
la qualité technique de notre réseau. Dès l'ouverture de Free,
en avril 1999, nous avions déjà notre propre Backbone IP.
Free possède également une filiale Télécom Linx qui a obtenu
l'année dernière une licence d'opérateur Telco L33.1 et L34.1
(NDLR : licence de réseaux ouverts au public et licence de
fourniture de services téléphoniques ouverts au public). Nous
misons avant tout sur la qualité de service et pour cela nous
nous sommes concentrés sur l'infrastructure technique.
Quel est
le modèle économique de Free ?
Notre Business model repose d'abord sur un reversement de
commission de la part de France Télécom. C'est pour cela que
nous déployons actuellement le réseau de notre opérateur télécom
Linx, pour faire transiter tout le trafic généré sur le réseau
de Linx. Nous obtiendrons donc des reversements plus élevés
que ceux que nous avons aujourd'hui. Les deux autres axes,
pour une part moindre, de notre modèle économique, sont la
publicité et le commerce électronique. Pour cette année, nous
prévoyons un chiffre d'affaires de 100 millions de francs,
pour une perte de 120 à 150 millions de francs. Nous devrions
atteindre notre seuil de rentabilité à la fin de l'année.
Et Free devrait être bénéficiaire dès l'année prochaine.
Vous avez
abandonné la commercialisation de votre offre ADSL au mois
de mars dernier. Quand pensez-vous pouvoir fournir une nouvelle
offre haut débit ?
Nous avons abandonné l'ADSL parce que nous étions obligés
de passer par Netissimo de France Télécom et nous ne maîtrisions
pas la chaîne FAI du bout en bout. Nous travaillons aujourd'hui
sur une offre propriétaire mais nous ne pourrons la proposer
qu'après l'ouverture de la boucle locale prévue pour le début
de l'année prochaine. Nous continuons tout de même à fournir
nos 3.232 abonnés ADSL inscrits avant cette interruption.
Nous avons simplement interrompu la commercialisation de l'offre.
Vous vous
êtes distingué en mai dernier en proposant l'installation
gratuite d'Internet chez vos nouveaux abonnés. Quels sont
les premiers résultats de cette opération ?
Nous avons l'image d'un FAI excellent techniquement, qui joue
la transparence sur la qualité et la vie de son réseau. Mais
nous avons également voulu investir dans le service offert
à nos internautes. Nous ne disposons pas du budget marketing
de certains de nos concurrents. Nous investissons entre 100
et 120 millions de francs par an et, sur ce budget, nous avons
choisi d'offrir ce service unique sur le marché français.
Nos avons d'abord fait un test sur Paris et les Bouches-du-Rhône
au mois de mai et, devant le succès de l'opération, nous l'avons
étendue à la France entière. En 30 à 40 minutes, un technicien
installe le kit, configure l'ordinateur et explique rapidement
le fonctionnement à l'utilisateur. Nous installons nos kits
chez 250 à 300 nouveaux internautes par jours.
Quel est
le coût de cette opération pour le groupe Free ?
Nous avons affecté environ 10% de notre budget marketing à
cette opération, soit 10 à 12 millions de francs. Ce qui correspond
au prix d'une petite campagne de publicité TV. Nous avons
choisi de privilégier une relation individuelle avec le nouvel
internaute..
Les offres
des FAI "tout gratuits", accès Internet plus communications
téléphoniques, sont en train de poindre sur le marché. Avez-vous
des projets de ce type ?
A priori non. Nous n'avons pas trouvé de business model nous
permettant de gagner de l'argent sur ce type d'offre. Ni même
sur les modèles d'offres bon marché avec des communications
illimitées. L'offre Free est extrêmement simple. Vous ne payez
que ce que vous consommez, au tarif local, en bénéficiant
de tous les avantages tarifaires possibles. Il y a une vrai
demande pour une offre simple et claire.
Ne risquez-vous
pas de perdre vos internautes gros utilisateurs qui peuvent
être séduits par ces offres illimitées ?
Ils peuvent être séduits au premier abord. Mais encore faut-il
qu'ils soient assurés d'une qualité de service et que ces
offres soient pérennes. L'affaire Onetel, par exemple, illustre
la précarité de telles tentatives.
Free est
aujourd'hui un acteur présent sur le seul marché français.
Avez-vous des projets à l'international ?
Nous avons été contactés par de nombreux acteurs français
et européens, mais à priori, pour l'heure, nous souhaitons
rester indépendants en consolidant notre position sur le seul
marché français. Nous espérons atteindre pour la fin de l'année
entre 1,5 et 1,6 millions d'internautes inscrits, pour un
nombre d'actifs compris entre 700.000 et 850.000 internautes.
Nous n'avons pas de stratégie de création de portail ou d'offre
de contenu en Europe. Par la suite, il n'est pas impossible
que nous trouvions un accord avec d'autres acteurs en Europe
pour un développement international. Mais ce n'est pas notre
priorité.
Vous avez
ouvert votre capital en début d'année. L'introduction en Bourse
sera-t elle la prochaine étape ?
C'est effectivement ce sur quoi nous travaillons. L'introduction
pourrait avoir lieu pour la fin de l'année. C'est un projet
mais il n'y a pas d'urgence, ce n'est pas notre priorité absolue.
Nous venons de constituer une nouvelle équipe de management
et nous allons voir comment les choses évoluent.
Sur un
plan plus personnel, effectuez-vous des achats en ligne ?
Oui il m'arrive d'acheter en ligne des fleurs, des places
de cinéma, des livres et des CD. Je préfère ne pas citer de
site en particulier. Mais je n'ai absolument aucune réticence
à l'achat en ligne.
Comment
avez-vous découvert Internet ?
J'ai d'abord utilisé Internet dans un cadre professionnel.
J'ai rapidement été convaincu par la facilité de recherche
et la rapidité d'accès à l'information.
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