Président
d'imagiNet
qu'il a créé en 1994, Patrick Robin a cédé
son entreprise au groupe Colt en juillet 1998. Toujours très
présent dans sa société, développant
de nouvelles missions pour sa maison-mère, l'homme qui
se définit lui-même comme un "architecte interactif"
évoque la bonne santé d'imagiNet, son rôle
d'ambassadeur pour Colt et ses investissements dans une douzaine
de start-ups en tant que business angel, terme auquel il préfère
celui de "start-up lover".
Propos recueillis par Rémi Carlioz le 24 janvier 2000
.
JDNet:
Avant
de parler de vous, où en est imagiNet aujourd'hui ?
Patrick Robin: Toute la partie "hosting", hébergement,
bande passante etc. est désormais chez Colt directement, intégrée
à leurs équipes. La partie Web design, conseil et ingénierie,
la partie "web agency" en fait, est physiquement -juridiquement
presque j'allais dire- ici chez imagiNet.
Cela
représente combien de personnes ?
60 environ et nous serons 75 à 80 au printemps.
Quel
chiffre d'affaires réalise la partie web agency?
Colt ne souhaite pas communiquer sur les résultats.
En
1998, c'était de l'ordre de 20 millions de francs pour cette activité
stricto sensu non ?
Oui, 20 millions environ, avec une progression d'environ 100%
par an, je vous laisse calculer.
Qui
sont vos concurrents aujourd'hui ?
Sur la partie Colt ce sont, entre autres, France Télécom, ISDNet
et UUNet, presque essentiellement.
Et
sur l'activité agence ?
Ecoutez, c'est très étrange. C'est là que l'on voit que le marché
a explosé. Il y a dix-huit mois, nous croisions toujours les mêmes.
Aujourd'hui, il est très rare que l'on croise deux fois de suite
le même compétiteur. Je dirais non pas que le marché est mature,
pas encore, mais qu'il explose. Je vois aujourd'hui des sites,
parfois bien faits, dont je ne connais pas le prestataire.
Et
les concurrents, donc ?
Sur les gros projets, on se confronte souvent à des SSII. Pour
ceux que j'appelle les "architectes interactifs", on trouve Agency/Pictoris,
Business Interactif, A2C, etc. En fait il y a en général, sur
5 compétiteurs, deux "classiques" et deux ou trois sortis de nulle
part.
Comment
expliquez-vous ne pas retrouver les agences de pub sur ce créneau
?
J'ai le sentiment -c'est une interprétation qui n'engage que moi-
que les filiales des grandes agences de publicité -à l'exception
de Grey Interactive par exemple- sont devenues des départements
interactifs pour les clients de l'agence et pour les budgets de
l'agence.
A une époque, on les a laissé jouer, et ils ont quelque peu raté
le coche. Aujourd'hui, du statut de filiale aux grandes ambitions,
elles sont passées au statut de département de l'agence.
Mais
est-ce parce que la pub et le Web sont deux métiers différents
?
Si l'on parle de média stricto sensu, de gestion des marques et
de leur repositionnement, alors d'accord, c'est là qu'elles ont
le plus de savoir-faire. Mais en termes de transactions, de BtoB,
de commerce électronique, de gestion de flux financiers ou d'informations,
de politiques d'intelligence économique, de knowledge management,
je pense que les agences n'ont pas là de légitimité par rapport
à nous, les architectes interactifs. C'est encore plus vrai dans
des problématiques techniques et technologiques. Elles n'ont là
encore pas de légitimité, et ne cherchent pas à en avoir. Faire
un 4x3 n'exige pas les mêmes compétences que de concevoir un site.
On
entend beaucoup dire qu'imagiNet va mal, qu'en est-il ?
J'entends cela aussi, et même si cela n'est pas vrai, cela peut
devenir gênant à un certain point. Je suis content que l'occasion
me soit donnée de rétablir des vérités. Ce n'est pas le cas. Il
y a je vous l'accorde un revers de la médaille. Je m'explique.
Tout a été fait, et j'ai tout fait, pour fortement identifier
l'entreprise à un homme. Lorsque l'entreprise est cédée à un groupe,
et lorsque l'homme lui-même se met en retrait, on a l'impression
que c'est toute l'entreprise qui se met en retrait. Mais c'est
loin d'être le cas.
Donc
imagiNet va bien ?
Imaginet va très bien. Simplement, depuis six mois, douze mois,
nous travaillons sur de très gros projets européens, projets pour
lesquels il nous est demandé une grande confidentialité par nos
clients. Quand je dis gros projets, cela signifie plusieurs millions
de francs, voire dizaines. Mais nous ne pouvons pas communiquer
pour l'heure. L'un d'entre eux sera bientôt officiel, dans le
domaine de la musique, les autres au fur et à mesure de leur aboutissement.
Il y a un an, les dossiers que nous traitions tournaient en moyenne
autour de 400 à 500.000 francs. Aujourd'hui, la moyenne s'établit
à 1 ou 1,5 million de franc.
Mais
vous ne perdez pas de clients...
Non, au contraire, c'est ce que j'allais rajouter. Nous avons
de gros clients, je citerai entre autres TF1 et la Française des
Jeux. Mais dorénavant, nous les accompagnons dans leur stratégie
et le travail important que nous menons avec eux s'effectue sur
la durée, et n'est pas forcément des plus médiatique.
Pas
de salariés non plus ?
Mais non, j'ai entendu cela également. Sur 60 personnes, nous
avons peut-être perdu 6 à 7 d'entre eux. Et certains, nous les
avons plutôt laissés partir. D'autres ont naturellement, comme
cela arrive, lancé leurs propres projets. Donc deux, peut-être
trois, sont partis chez nos concurrents. Deux ou trois sur 60,
avec une hausse des effectifs de 50% en un an, cela me semble
plus que dans la norme. Il n'y a réellement aucun problème quant
à la force et à l'expertise d'imagiNet.
On
a dit aussi que vous partiez d'Imaginet.
Ce n'est pas le cas non plus. Je reste président d'Imaginet, même
si je n'ai plus d'implication au niveau opérationnel. Cette responsabilité
incombe à Emmanuel Tricaud qui la remplit parfaitement.
Je souhaite également citer Laurence Forlini. Si l'expression
"main de fer dans un gant de velours" a un sens, alors elle s'applique
à Laurence Forlini. Elle était directrice de production et est
devenue directrice générale adjointe. Elle m'accompagne depuis
le départ, et au-delà de nos liens d'amitié, elle symbolise cette
formidable continuité au sein d'imagiNet.
Quel
est donc votre rôle de président ?
Il englobe et dépasse imagiNet. Je suis un peu l'ambassadeur du
groupe Colt/Imaginet auprès des start-ups, sur différentes approches.
Ainsi, nous avons mis en oeuvre le "Colt Internet Start-up Program",
qui consiste à approcher les start-ups, à les attirer et à les
accompagner dans leur démarche. Les start-ups ont d'énormes
besoins, en conseils, en solutions et en infrastructures, en hosting,
en logiciels. Elles ont besoin d'interlocuteurs à l'écoute, et
d'un "customer care" dédié. Regardez ce que nous faisons dans
le Sentier ou à Republic Alley. Nous souhaitons faire au niveau
européen de Colt l'opérateur préféré des start-ups. Et nous avons
tout les atouts pour y arriver. Je crois que là, ma bonne connaissance
des start-ups est une réelle plus-value, nous parlons le même
langage.
Comment
se passent les relations avec Colt ?
Je ne dis pas cela de manière convenue ou par automatisme. Les
relations sont excellentes, il n'y a aucun souci. Déjà, j'ai été
payé pour une grande part en titres, et lorsque vous voyez l'évolution
du titre Colt, les relations ne peuvent être que bonnes! Cette
boutade mise à part, Colt a une équipe de management exceptionnelle
qui a la grande qualité d'avoir su préserver et marier des cultures
si diférentes.
Vos
activités d'ambassadeur et de business angel sont en synergie
donc ?
En parfaite synergie. Mais c'était clair avec Colt dès le départ,
du moment que je ne prends pas de parts majoritaires dans une
société, ni dans des sociétés de hosting ou de web design.
Venons-en
à vous. Puisque vous récusez le terme de business angel, qu'êtes-vous
donc ?
Récuser, le mot est un peu fort. Je l'utilise moi-même. Mais si
je ne le fais pas volontiers, cela tient à différentes raisons.
D'abord, n'importe qui se déclare aujourd'hui business angel.
Dès que votre PEA est plein, hop, vous investissez et vous êtes
devenu business angel. C'est ce côté "quand je serais grand je
serais business angel" qui me dérange un peu.
Je ne vois pas mon rôle de cette façon. Au-delà de ça, accoler
business et angel me semble ridicule au plus haut point. Enfin,
je ne voudrais pas galvauder ce terme et ce qu'il recouvre. C'est
une fonction majeure dans la chaîne de création et il faut qu'il
n'y ait ni surenchère, ni déception.
Comment
concevez-vous donc votre rôle ?
Entre fondateurs de start-ups et business angels, ou start-up
lovers, peu importe, il y a un contrat moral, c'est comme cela
que je le conçois en tout cas.
Un fondateur vous fait entrer à des conditions hyper privilégiées.
En retour, il est en droit d'attendre une relation de confiance,
de l'expertise et des conseils. Il ne faut pas profiter de la
situation. Ce ne sont pas vos 250 ou 500.000 francs qu'ils attendent.
Donc ma façon de travailler justifie plutôt le terme de start-up
lover. J'ai monté 25 start-ups en 18 ans dans différents domaines.
Aujourd'hui, il n'y a plus d'Amazonie à découvrir, plus de terres
vierges à conquérir. Que nous reste-t-il? L'entreprise ou le militantisme.
La création d'entreprise reste une nouvelle Amazonie. Je dis Start-up
lover, car à chaque fois c'est une petite histoire d'amour.
Et
en cas de rupture ?
Pareil, quand cela n'a pas marché, c'est une sorte de petite déception
amoureuse, car c'est vous que l'on rejette. Pour résumer donc,
il y a une séduction forte avec les entrepreneurs. C'est en tout
cas comme cela que je fonctionne. Je ne fais pas ça pour faire
fortune, c'est déjà fait. Je veux surtout ne pas m'emmerder.
N'y
a-t-il pas aujourd'hui pléthore de projets ? Aujourd'hui,
les start-ups vont voir les VC trop tôt avec leur présentation
en Power Point. Très sincèrement, ça ne marche pas, ou de moins
en moins en tout cas. Je pense qu'il faut déjà avoir créé de la
valeur, avoir une maquette voire le site en ligne. Il ne faut
pas rêver, un VC a beaucoup d'argent, mais il voit beaucoup de
projets aussi. Et c'est là l'une des utilités des business angels.
Nous avons de très bonnes relations avec les VC, que je connais
presque tous. Ils recoivent des dizaines de dossiers et ont besoin
de "filtres" comme nous.
A
quel stade intervenez-vous ?
A 80% en seed, en fonds d'amorçage. C'est là que dans un dossier
je peux le plus apporter de valeur ajoutée.
Dans
combien de dossiers avez-vous investi
?
Une douzaine, deux aux Etats-Unis, une dizaine en France.
Lesquels
?
Pagoo et iPin
aux Etats-Unis (je touche du bois, ce sera peut-être ma première
IPO!). En France, AbCool,
Super Secrétaire,
NetCrawling,
Win@max,
CanalFood,
Femme Online, Laventis,
Magique
Emilie... et d'autres en cours de signature. Je vais aussi
entrer dans un fonds d'investissement et dans deux gros projets
d'incubateurs.
Pourquoi
un fonds et des incubateurs?
Car je crois que cela va devenir de moins en moins facile pour
un business angel seul. Cela va devenir compliqué de trouver de
bons dossiers, suffisamment en amont, avec des valorisations raisonnables.
C'est pour cela qu'en 1999 j'ai été assez agressif dans ma politique
d'investissement et que j'ai fait en six mois ce que j'avais prévu
de faire en deux ans. Les business angels vont être remplacés,
je pense, par les fonds d'amorçage et les incubateurs. Et les
VC vont venir chercher des dossiers très en amont. Le rôle de
business angel indépendant va devenir difficile et surtout risqué.
Pourquoi
risqué ?
Car tout le système ne tient et ne fonctionne que si les VC suivent
trois à six mois après pour le premier puis le second tour de
table. S'ils ne suivent pas, on va droit dans le mur. En 2000,
il y aura davantage d'argent, mais moins de projets éligibles.
Beaucoup de projets de 1999 n'auraient, je pense, pas été financés
en 2000. Donc il y aura moins d'élus, et donc plus de risque pour
un business angel. Moi-même, je vais de moins en moins vers des
dossiers en direct, et de plus en plus vers des fonds ou des incubateurs.
On m'en a proposé six ou sept, j'en ai choisi deux.
Quels
sont pour vous les mauvais dossiers ?
Il y a d'abord les étudiants en thèse ou en fin d'année. Avant
ils faisaient un stage, maintenant ils lèvent 20 millions. Mais
ils n'ont pas forcément la fibre de l'entrepreunariat vissée au
corps. Il faut une vraie passion. Et lorsqu'on les rencontre,
on sent que ce n'est pas vital pour eux. Il y a aussi les grands
cabinets, je n'en citerai aucun en particulier, mais tous ces
cabinets de consultants et de management, les "big six", tous
croient qu'en six mois ils vont faire fortune. Je ne crois pas
que cela soit une bonne motivation. Si c'est la seule, il vaut
mieux oublier.
Alors
que préférez-vous ?
Je préfère des spécialistes du métier concerné par l'Internet,
quel qu'il soit, à des pros du management ou à des pseudos pros
de l'Internet. Les porteurs de projets qui arrivent en disant
je vais faire fortune et je vais refiler la patate chaude, cela
me fait peur.
Quels
sont vos critères de sélection, votre philosophie d'investissement
?
Je ne peux pas aller sur cinquante métiers. Il y en a que je maîtrise,
comme la pub, le e-commerce, les sites communautaires, l'édition,
les sites de contenu. Donc je regarde d'abord le savoir-faire
et les gens. Après je me demande: y-a-t-il un marché ? La solution
répond-elle à un besoin, à une attente ? Cette solution a-t-elle
des éléments différenciants ? Je prends l'exemple de LemonAd
de Net Crawling, qui répondait à tous mes critères: j'aimais les
gens, c'est une équipe d'experts, ils ont une expérience du marché
(et moi aussi), il y a un marché plutôt dix fois qu'une, il y
a une attente du marché -plutôt cent fois qu'une- dans la mesure
où 99% des régies font les piges à la main et oui, il y a un élément
différenciant, par rapport à la Secodip notamment dont le produit
est nettement inférieur. C'est un sujet qui me passionne et pour
lequel je pense pouvoir apporter une réelle plus-value, j'ai eu
beaucoup de réflexions sur le produit et le réseau, ne serait-ce
qu'au travers de Régie On Line.
Quels
sont selon vous les business models appelés à avoir du succès?
Je me garde bien de toute prédiction en la matière. Mais je suis,
à titre personnel, plutôt séduit par les business models qui reposent
sur des équilibres, c'est-à-dire ni à 90% sur la pub, ni à 90%
sur les abonnements etc. Aujourd'hui, je suis plutôt défenseur
de la gratuité comme business model. Elle s'installe dans beaucoup
plus de domaines qu'on ne l'imagine. La gratuité, et après, so
what me direz-vous. Plus précisément, je crois beaucoup aux "facilitateurs",
aux "infomédiaires" et aux "consomédiaires". Tout ce qui facilite
l'achat, l'accès à l'information, comme Laventis par exemple,
ou Magique Emilie. Il faut simplifier la vie des gens, dans cette
profusion d'offres tout se passe comme si l'on prenait conscience
de la valeur du temps et de l'effort. Et je suis assez partisan,
comme le souligne le sociologue Gérard Mermet, de la "gestion
du moindre effort".
Et
cela cadre avec vos investissements ?
Oui, j'ai cité LemonAd, je pourrais parler de iPin qui est l'un
des systèmes de micro-paiements les plus intelligents, de Paggo,
sorte de Hotmail vocal aux nombreuses fonctionnalités, etc.
Vous
évoquez souvent votre projet de "Fondation de business angels"...
Oui, il me faudrait juste un peu de temps pour le monter, et d'ici
trois à quatre mois cela pourrait se concrétiser. Ce serait une
sorte de "taxe Tobin non obligatoire". L'idée est simple. Beaucoup
d'argent circule dans les nouvelles technologies. Beaucoup font
fortune rapidement en cédant leurs stock-options ou leur
entreprise. Il ne serait pas idiot d'en "ponctionner" une partie
pour financer des projets Internet dont la finalité n'est pas
la rentabilité ou la plus-value.
Internet favorise les comportements ostentatoires, il ne faudrait
pas que cela ne serve qu'à cela. Je voudrais retrouver l'utopie
des débuts du Web.
Avez-vous
des échos à ce projet ?
Oui, oui. Pour en avoir beaucoup parlé, c'est un projet qui reçoit
un très bon accueil. Je suis motivé à l'idée de redonner un peu
plus de place à des comportements "solidaires" et "citoyens".
Comment
cela fonctionnerait-il ?
Une start-up lève, mettons, 20 ou 40 millions de francs. Si le
VC est d'accord, pourquoi ne pas prendre 0,5% sur ce montant sans
que fondamentalement cela change quoi que ce soit? Ce serait bien
sûr, je vous rassure, non obligatoire, une sorte de "label", un
acte citoyen et aussi un acte de communication, tout comme un
élément différenciateur pour les VC qui y participent.
Que
pensez-vous des niveaux de valorisation actuels ?
Je ne suis ni alarmiste ni pessimiste. Il y a des entreprises,
prenons NetValue ou Redhat pour lesquelles cela se justifie si
dans cinq ans le marché est là, et si elles atteignent leurs "milestones".
C'est peut-être très élevé au regard du présent, et très justifié
à l'égard de l'avenir. Par contre, je ne veux citer personne,
je vois des sociétés cotées qui ont des stratégies d'acquisitions
à tout va que je considère comme très mauvaises, un mauvais business
model, de mauvaises équipes etc. Là, c'est autre chose. On verra.
On
connaît votre amour pour l'art. N'avez-vous pas trouvé de projet
qui marie art et Internet ?
Je vous ferai juste remarquer que la première dot-com cotée en
France est ArtPrice.com. Ils ont une base de données assez unique.
Mais plus globalement, l'art a une forte relation à la sensualité.
La sensualité pour l'heure, je ne l'ai pas trouvée sur le Net.
Et d'ailleurs, je pense que l'on fera un bond magistral le jour
où Internet saura transmettre l'émotion. En plus, je ne suis pas
un pro de l'art en tant que marché, et c'est un milieu assez conservateur
aux technologies. Mais non, pour l'heure je n'ai pas vu un business
model qui tenait la route dans ce secteur.