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INTERVIEW
 
Directeur
anena.org
François Sivardière
"Titre"
Créé en 1971, sous l'égide du prix nobel de physique Louis Néel, l'Anena est un organisme de liaison et de concertation dans le domaine des avalanches, basé à Grenoble. L'association avait été mise en place après l'avalanche de Val d'Isère du 10 février 1970 qui fit 39 morts. Sa mission est d'améliorer "la connaissance des avalanches et des moyens de s'en protéger". Pour fêter son trentenaire, L'Anena a ouvert son site Internet, anena.org primé lors des Trophées de la Nouvelle économie, décernés le 13 juin dernier à Grenoble.18 juin 2001
 
          

JDNet. Comment est né Anena.org ?
François Sivardière. Nous avions cette idée depuis trois ans mais le manque de moyens nous empêchait de mener à bien le projet. En début d'année, nous avons réussi à récolter des fonds supplémentaires pour l'association ce qui nous a permis de mettre en oeuvre le projet. Le site, dont une partie de la réalisation a été confiée à la société grenobloise Elise, a ouvert le 15 avril. Il est encore incomplet même si le néophyte en matière d'avalanche pourra y apprendre des choses importantes. Nous avons également pu mettre quasiment en intégralité tous les textes juridiques concernant les avalanches. C'est un outil très intéressant pour les journalistes ou pour les étudiants. D'ici novembre, nous devrions étoffer les rubriques en proposant une large palette d'informations commes des cartographies du risque d'avalanches ou des modules pédagogiques sur le déclenchement des avalanches.

Ce site a dû coûter de l'argent à une association limitée en moyens comme la vôtre. Etait-ce vraiment vital de s'atteler à ce type de projet?
Non, ce n'était pas impératif. Mais cela facilite grandement notre mission qui est d'informer le plus large public possible sur les dangers des avalanches. Sachant que la majorité des victimes lors ce ce type de catastrophe sont des particuliers qui méconnaissaient le danger [26 personnes sont mortes dans des avalanches depuis le 1er octobre 2000 en France, NDLR] Internet permet donc de regrouper toute l'information sans être limité en taille, comme sur une brochure par exemple, et surtout de diffuser à une audience large. Ce n'est pas négligeable pour l'objectif que nous poursuivons.

A quelle fréquence le site sera-t-il rafraîchi ?
Ce sera fait normalement de façon hebdomadaire dès cet hiver. Nous ferons un point sur la semaine en montagne et nous donnerons des conseils pratiques adaptés. En cas d'avalanche, nous ferons également systématiquement un point de la situtation. Les journalistes auront également accès à des données ou à des graphiques sur le nombre d'avalanches depuis le début de l'année.

Vous devez également faire connaître le site. Avez vous imaginé déjà des partenariats avec, par exemple, des voyagistes en ligne ou des sites dédiés à la glisse?
Pas pour l'instant. Nous avons quelques échanges de liens avec les fédérations de sports d'hiver ou avec Météo France mais rien de plus. En revanche, nous comptons éventuellement fournir des rubriques sécurité à d'autres sites. Certains sites ont en effet tendance à transformer la réalité en matière de sécurité. Nos infos sont rédigées par des professionnels et sont donc certainement plus fiables.

Est-ce que vous songez à mettre de la publicité sur votre site?
A terme, pourquoi pas ? Si nous pouvons amortir ainsi une partie des charges de fonctionnement, c'est une opportunité à saisir. Mais nous ne deviendrons pas un placard publicitaire. Ce sera surtout des publicités pour des produits dans le domaine de la sécurité. Rien de plus.

La technologie ouvre-t-elle de nouvelles perspectives en matière de prévisions des avalanches ?
Il y a des initiatives intéressantes dans le domaine grâce à Internet. Un inventeur a par exemple mis au point un capteur qui détecte les avalanches et envoie automatiquement un message à l'ingénieur proche de la zone. Il y a également des tentatives pour envoyer des messages d'alertes sur une montre. Ces technologies mobiles constituent une réelle avancée en la matière. Mais nous n'avons pas vocation et surtout pas les moyens de nous impliquer dans ce type de projet. Nous ne sommes pas un laboratoire. Notre mission est avant tout d'informer

Qu'est ce que vous aimez sur Internet?
La profusion d'informations. Notamment pour organiser des vacances à l'étranger. Avec Internet, on peut désormais obtenir des informations riches et denses sur des pays lointains. Ce qui était impossible avant.

Qu'est ce que vous n'aimez pas sur Internet?
Les sites où l'on ne s'y retrouve pas. Je pense à certains portails, que j'ai récemment visités, où toute l'information était regroupée sur la page d'accueil. On n'y comprenait plus rien.

 
Propos recueillis par Jérôme Batteau

PARCOURS
 
François Sivardière,35 ans, est directeur de l'ANENA depuis 1994.

   
 
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