INTERVIEW
 
PDG
iFrance
Marc Simoncini
"Titre"
Après son rachat en mai 2000 par Vivendi (lire l'article JDNet du 03/05/01), l'intégration d'iFrance, le service pionnier d'outils pratiques Internet (e-mails, agenda, forums, etc.) et d'hébergement de pages personnelles, dans le nouveau groupe Vivendi Universal s'est réalisée progressivement. Actuellement, le portail recense 1,5 millions de visiteurs uniques (source MMXI). Mais, pour son co-fondateur, Marc Simoncini, ce qui fait la force d'iFrance, ce sont ses 600.000 membres -un vivier qu'il compte notamment exploiter à travers un programme "d'opt-in"- et ses compétences de technicien du Web.21 mars 2001
 
          
JDNet. Que devient iFrance depuis son rachat par le groupe Vivendi (devenu Vivendi-Universal) en mai 2000 ?
Marc Simoncini. Le Groupe Vivendi nous a capitalisé à hauteur de 130 millions de francs. Nous avons continué notre développement avec cet apport. Nous avons amélioré la qualité des services, fait un peu de communication et ouvert les services en Espagne et en Italie. En Espagne, nous avons une équipe de dix personnes. Nous sommes quarante en France. Le board n'a pas bougé. L'équipe dirigeante a une obligation de rester jusqu'au 30 avril. Rien n'est décidé pour la suite. La SSII Opsion Innovation, à l'origine d'iFrance, n'existe plus. Nous sommes devenus un centre de services Web qui fournit de l'ASP.

Vous avez toujours l'activité hébergement de pages personnelles de Le-Village.com ?

On l'avait racheté effectivement. Les sites du Village.com sont intégrés dans iFrance. Nous avons un contrat d'ASP avec Cyberbrain, l'éditeur du site Le-Village.com, comme nous le faisons pour d'autres clients. Mais l'hébergement de pages perso est une petite activité pour iFrance.

Quels services comptez-vous apporter au Groupe Vivendi-Universal ?
Pour l'instant, nous ne nous occupons que d'iFrance, mais il est vrai que nous avons deux métiers : l'édition de notre site et nos services ASP. Aujourd'hui, 40% de notre chiffre d'affaires sont tirés de cette dernière activité. Nous avons comme clients NRJ, Skyrock, Eurosport et Mageos. Nous avons naturellement des entrées plus faciles avec toute la galaxie de sites du groupe Vivendi Universal. Par exemple, nous intégrons actuellement les pages perso sur Vizzavi. Mais, pour le moment, nous avons davantage de clients en externe, une dizaine en tout.

Avez-vous changé votre "business model" ?
Ce n'est pas l'intégration de notre service dans le groupe Vivendi Universal qui nous a obligé à remodeler notre "business model", mais c'est l'état du marché publicitaire qui nous a amené à le modifier. Le véritable impact est que si le chiffre d'affaires sur lequel on s'engage n'est pas au rendez-vous, alors nous communiquons moins. On peut très bien en effet compenser le manque à gagner en chiffre d'affaires en baissant les charges liées à la communication. Et puis, de toute façon, le bouche-à-oreille marche suffisamment bien comme ça...

Avez-vous diversifié vos sources de revenus ?
Elles sont déjà diversifiées : ASP, ventes de bannières publicitaires et marketing directe. Nous avons des bases extrêmement qualifiées. Il faut savoir que 80% de nos abonnés (600.000 membres au total) restent en "opt-in". C'est une activité que nous avons lancé en début d'années lorsque nous avons atteint le seuil des 500.000 abonnés. Une grande partie de notre chiffre d'affaires est réalisée à partir du marketing direct mais l'ASP constitue notre source principal de revenus. Nous avons également des services payants sur lesquels nous misons comme l' e-commerce et l'abonnement. Nous avons également le Minitel ou le téléphone, via lesquels les abonnés peuvent consulter leurs mails. En 2002 [et non 2001, comme précédemment écrit], nous devrions réaliser un chiffre d'affaires de 35 millions de francs. L'objectif est d'être rentable fin 2001, hors investissement publicitaire.

L'espace e-commerce, c'est important pour vous ?
Nous sommes en train de travailler sur la V3, sur laquelle l'e-commerce sera placé au coeur même d'iFrance. Nous avons développé un software et une application de gestion de base de données clients. Nous sommes capables de disposer de la totalité des produits présents sur iFrance et de les faire monter de manière contextuelle lorsque les internautes les consultent.

Et la rubrique d'achats groupés ?
Elle fait partie également de la stratégie e-commerce. L'achat groupé est monté avec DealPartners (spécialiste en marque blanche de l'achat groupé, NDLR). Ces offres
d'e-commerce ont pour objectif final de qualifier nos abonnés, leurs attentes et leurs habitudes de consommation. Nous estimons que le fait de profiler nos abonnés est plus important que les ventes et le chiffre d'affaires généré.

Comment se comportent les abonnés sur le portail iFrance ?

Un tires ont des sites persos. Un autre utilise un mail, et le reste concerne les autres sites. En gros, je dirais que 60% de notre base est active. Mais ce qui compte, c'est le nombre d'abonnés qui acceptent de recevoir des mailings.

Vous n'avez plus de projets d'accès Internet ?
Non, le projet a été gelé lors du rachat. Nous devrions distribuer l'offre d'accès Internet Vizzavi.

Pourquoi relancez-vous maintenant votre service Rencontres.com ?
Nous l'avons couvé pendant un an. Là, pour une fois, nous n'avions pas une vision très claire. Et puis, nous avons signé avec WebSéduction.com pour une exploitation du service.

Avec qui travaillez-vous pour commercialiser vos espaces publicitaires ?
Nous avons récemment intégré la régie Ad-2One du groupe Vivendi-Universal. En terme de PAP, nous sommes le plus gros site de la galaxie Vivendi Universal. Avant, nous avons testé Numériland et 24/7 Média France. Encore une fois, ce n'est pas les bannières qui nous intéressent mais la manière d'exploiter "l'opt-in".

RESpublica, le site de communauté de LibertySurf Group, veut tester la publicité au clic sur les pages persos qu'il héberge. Pourquoi pas vous ?
Actuellement, les espaces pub sur les pages persos servent à faire de l'auto-promotion. Nous allons probablement arrêter de mettre de la publicité sur les pages perso. Il ne faut pas oublier que 40% de notre audience vient du portail iFrance, pas des pages construites par nos membres.

Comment vous positionnez-vous par rapport à vos concurrents ?
Il faut savoir de qui on parle : Caramail est concurrent de notre service de messagerie électronique, eGroups de nos iBox. Donc, j'ai plein de concurrents, mais à chaque fois sur un seul type de service proposé par iFrance. Nous ne nous sommes jamais positionnés comme un site de communauté, mais comme un portail mutli-services. Où est la notion de communauté de nos 600.000 abonnés qui ont uniquement en point commun d'appartenir au même site Web ? D'ailleurs, le mot juste n'est pas communautaire : 25% de nos abonnés sont des professionnels.

Comptez-vous beaucoup sur votre développement à l'international ?
On y tient beaucoup et ça démarre pas mal dans ce sens. Je pense que iEspana sera dans le top 10 espagnol avant la fin de l'année. En Espagne, j'estime que nous n'avons pas de concurrents sérieux en terme de pages persos. Il y a beaucoup de portails mais pas des services avec des outils pratiques Internet. Nous venons d'ailleurs de signer un contrat avec Canal Plus Espagne (Vivendi Universal), ce qui va nous assurer un développement plus rapide. On a ouvert le portail en Italie, mais j'ai décidé en septembre 2000 de geler le lancement commercial du site. Nous voulons nous concentrer sur nos deux pays phares : la France et l'Espagne.

Vous venez d'investir 8 millions de francs dans le projet Pense-Fêtes, spécialiste multi-accès du conseil et de la livraison de cadeaux à distance. Vous accordez une place importante à vos activités de "business angel" ?
Je ne suis pas un "business angel" opérationnel. Je consacre actuellement 100% de mon temps à iFrance. Pense-Fêtes est un projet qui m'a intéressé car son business model n'est pas orienté uniquement sur Internet. Il traite plutôt globalement de la fidélisation. J'ai également pris une participation dans MilleMercis.com (5 millions de francs), Librairie Online (1 million de francs) et L'Agenda.com (2 millions de francs). Je m'étais fixé un plafond d'investissement de 20 millions de francs. Je crois que j'ai atteint la limite.

Votre site d'information favori ?

01Net.com (Groupe Test, filiale de Vivendi Universal).

Votre site favori en dehors de l'Internet ?
J'ai d'autres centres d'intérêt en dehors du Web pour les week-ends.

Qu'aimez-vous sur Internet ?
La rapidité de l'information.

Que détestez-vous sur Internet ?
Le spam. C'est banal mais c'est franc.
 
Propos recueillis par Philippe Guerrier

PARCOURS
 
Marc SIMONCINI, 38 ans, est diplômé de L'ESI. Il a fondé la SSII OPSION en 1989, spécialisée en développements de solutions interactives sous UNIX. En 1998, il lance le réseau iFrance successivement en France, en Suisse, au Québec et en Belgique. En Avril 2000 il revend le réseau iFrance à Vivendi. Il intervient ensuite comme conseil et business angel dans diverses
start-ups.

   
 
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