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(juin 2004)

La qualité de vie au travail, ça compte

Les salariés se montrent de plus en plus attentifs à leurs conditions de vie professionnelle. C'est sur les possibilités d'évolution et la reconnaissance du travail que les frustrations sont les plus fortes.
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  CSA

Il n'y a pas que le salaire dans la vie. Selon une étude CSA réalisée pour le compte du magazine Liaisons Sociales et de France Info, les conditions de travail ont aujourd'hui autant d'importance aux yeux des Français que la rémunération. Cette enquête, réalisée sur un échantillon de 953 salariés, montre également que le niveau de satisfaction face aux conditions de travail diverge fortement d'une génération à l'autre.

Conditions de travail : les "usines à frustration" (source : CSA)
Critère
Jugé important par...
Jugé satisfaisant par...
Rapport satisfaction/importance
Possibilités d'évolution
94 %
60 %
0,64
Reconnaissance du travail
97 %
67 %
0,69
Climat social
97 %
74 %
0,76
Relations hiérarchiques
93 %
78 %
0,84
Diversité des tâches
86 %
85 %
0,99

Premier enseignement de l'enquête : parmi les quatorze critères de conditions de travail étudiés, certains s'imposent comme de véritables "usines à frustration". C'est le cas notamment des "possibilités d'évolution", un critère jugé important par 94 % des salariés. Mais, dans les faits, seuls 60 % de ces mêmes salariés estiment être satisfaits sur ce point. Le rapport satisfaction/importance est de 0,64, le plus bas parmi les quatorze critères étudiés. Viennent derrière la reconnaissance du travail (avec un rapport de 0,69) et le climat social (0,76).

Mais attention : selon la tranche d'âge, ce classement connaît des modifications importantes. Les 18-24 ans se montrent par exemple plus critiques sur la diversité des tâches (77 % de satisfaits contre une moyenne à 85 %) ou sur les possibilités d'évolution (52 % contre 60 %). Chez les 25-49 ans, des critères comme la "prévisibilité des horaires" et "la possibilité de choisir les jours de congés et de RTT" sont à l'inverse davantage pris en compte.

Amélioration et détérioration des conditions de travail
(deux réponses possibles - source : CSA)
Critère
       amélioration     détérioration
Autonomie et responsabilité dans le travail 
  22 %
  5 %
Sécurité sur le lieu de travail 
  20 %
  6 %
Climat social de l' entreprise 
  3 %
  18 %
Ampleur de la charge de travail 
  6 %
  24 %

Autre regard porté par l'étude : l'évolution des conditions de travail au fil du temps. Sur certains critères, l'amélioration et la détérioration se compensent globalement. C'est le cas des "possibilités d'évolution" pour lesquelles 14 % des salariés estiment que la situation s'est détériorée tandis que 14 % considèrent, au contraire, que la situation s'est améliorée.

En revanche, sur d'autres critères, la balance penche plus nettement d'un côté ou de l'autre. Parmi les critères qui se détériorent, les salariés placent en tête l'ampleur de la charge de travail (24 %), suivie de près par le climat social (18 %). Au contraire, le critère "autonomie et responsabilité dans le travail" est jugé en amélioration par 22 % des salariés.

Pour améliorer la qualité de vie au travail, à qui font confiance les salariés ?
(plusieurs réponses possibles - source : CSA)
 
Eux-mêmes
  93 %
Le responsable hiérarchique directe
  73 %
L'inspection du travail
  66 %
La médecine du travail
  65 %
Les dirigeants de l'entreprise
  64 %
Les responsables Ressources Humaines
  57 %
Les représentants syndicaux et du personnel
  53 %
Les pouvoirs publics
  47 %

 

Dans ce contexte, pour améliorer les divers aspects de la qualité de vie professionnelle, les Français comptent en priorité sur eux-mêmes (93 %) et non pas sur les personnes qui sont les mieux placées pour le faire. Les responsables des ressources humaines ou les représentants syndicaux arrivent loin derrière avec des scores inférieurs à 60 %.

Dossier

On remarquera que dans ce domaine, les jeunes salariés sont globalement plus confiants envers le monde de l'entreprise . La médecine du travail recueille 69 % des suffrages dans cette tranche d'âge (contre 66 % en moyenne), les responsables RH 71 % (contre 57 %) et les représentants syndicaux 94 % (contre 53 %).


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