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ENTREPRISE
27/10/2004
Lancement d'une enquête nationale sur l'allongement de la vie professionnelle
"Pour la majeure partie des DRH, c'est la problématique centrale de la décennie à venir." Luc Vidal, directeur associé du cabinet de conseil Inergie Opinion n'y va pas par quatre chemins. Mandaté par une quinzaine de grands comptes français, le cabinet lance une vaste enquête nationale sur la perception qu'ont les salariés de plus de 40 ans sur l’allongement de la vie professionnelle. Un dossier ultra sensible pour les entreprises. Prises en tenaille entre le papy-boom, la démotivation des seniors et la réforme des retraites, les entreprises voient se profiler un scénario qui pourrait conduire à une pénurie globale sur le terrain des recrutements. Ce scénario est connu : à partir de 2010, le nombre d'entrées sur le marché du travail ne compensera plus en France le nombre de départs à la retraite. Selon l'Apec, l'encadrement sera particulièrement touché par le phénomène avec un déficit annuel de 40.000 cadres. En tout, deux cadres sur cinq seront à remplacer dans la prochaine décennie. "La seule issue possible pour les entreprises, poursuit Luc Vidal, c'est de jouer la carte de l’allongement de la vie professionnelle. Mais cet allongement correspond à une véritable rupture par rapport aux pratiques antérieures : les seniors sont aujourd'hui démotivés, peu choyés par les entreprises et n'aspirent, au final, qu'à obtenir la préretraite." Tout l'objet de l'enquête lancée par Inergie Opinion, ouverte à tous, est justement d'identifier chez les salariés de plus de 40 ans, quels sont les points à satisfaire pour éviter cette courbe de démotivation. En filigrane, en s'appuyant sur les résultats de cette enquête, les entreprises espérent pouvoir établir une feuille de route sur les aménagements nécessaires. "Pour répondre aux attentes des seniors, les moyens dont disposent les entreprises sont multiples. Cela va de la mobilité à la prise de responsabilité, en passant par la formation ou le parrainage et le tutorat." Ces deux derniers points sont particulièrement sensibles puisqu'ils intègrent la transmission du savoir-faire, un autre dossier délicat pour les entreprises dans la logique du papy-boom.
Face à ces différentes problématiques, les entreprises françaises apparaissent, au plan européen, particulièrement vulnérables. Selon Eurostat, le taux d'activité des 50-64 ans en France est de 52,7 %, ce qui situe l'Hexagone au neuvième rang européen. Pis, l'âge moyen réel de cessation d'activité est de 58,1 ans, le plus bas d'Europe. "C'est un défi majeur pour les entreprises françaises, lance Luc Vidal. Chez certaines entreprises, plus de la moitié des effectifs a aujourd'hui plus de 40 ans."
L'enquête nationale, à laquelle peuvent répondre en ligne tous les salariés seniors, se déroulera jusqu'à la mi-novembre. Les premiers résultats seront publiés courant décembre, en avant-première dans Le Journal du Management. L'occasion de faire le point des stratégies envisagées par les DRH face à l’allongement de la vie professionnelle.
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