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21/09/2005
"Je
suis cadre et syndiqué"
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Créatif chez Publicis,
Laurent Quintreau est syndiqué depuis plus de deux ans. Il s'épanouit dans cette
activité peu commune dans son métier. |
Créatif, concepteur
et rédacteur chez Publicis, Laurent Quintreau a choisi de mener
une carrière syndicale depuis deux ans et demi. Un engagement rare dans
le secteur. Coordinateur syndical Betor-Pub CFDT (le syndicat CFDT de la nouvelle
économie) du groupe publicitaire, délégué du personnel,
élu au comité d'entreprise, membre de plusieurs commissions paritaires
et membre de la commission exécutive du Betor-Pub, il consacre presque
la moitié de son temps à son action syndicale. "Cela
a changé ma vision du travail, témoigne-t-il. Je me posais des questions
sur mon métier, sur ce que j'apportais. D'autant qu'il est de plus en plus
difficile d'être créatif au sens premier, de faire des campagnes
qui dérangent." Le cofondateur de la
revue d'avant-garde Perpendiculaire se sent plus utile dans son
rôle de porte-parole des difficultés des autres. Il se dit heureux
au travail.
Pour bien vivre syndicalement, il faut parfois oser le conflit"
Laurent
Quintreau, CFDT |  |
Mais attention, au sein de l'entreprise,
la protestation suppose le plus souvent une rupture totale. On ne peut guère
compter sur les augmentations et autres primes, on risque également de
récupérer les travaux les moins intéressants. "Pour
bien vivre syndicalement, on n'a pas le choix, il faut parfois oser le conflit",
commente-t-il. Certains jugeront ce conflit insupportable.
C'est le cas
d'un ancien dirigeant d'une équipe de dix-sept personnes qui a souhaité
garder l'anonymat. Lorsqu'il est devenu délégué syndical
CFDT dans une grande entreprise informatique, il a dû supporter de fortes
pressions de son supérieur direct. Il n'a tenu que quelques mois et a finalement
accepté un licenciement.
Cependant,
si le syndicalisme suppose un conflit plus ou moins ouvert dans son entreprise,
il ne signifie pas forcément la fin d'une carrière professionnelle.
"Les carrières ne sont plus rectilignes comme avant, estime
Laurent Quintreau. Le syndicalisme peut fermer des portes, mais il en ouvre d'autres,
plus intéressantes et pertinentes pour moi."
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