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28/09/2005
L'entreprise
citoyenne : passer de l'intention à la mise en œuvre
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En partenariat
avec Manageris,
Le Journal du Management vous propose un rendez-vous mensuel
afin de décrypter les meilleures publications françaises et
internationales sur le management. Ce mois-ci, nous avons sélectionné
le livre Profits With Principles, d'Ira A. Jackson et Jane Nelson. |
L'entreprise doit être "citoyenne". Si l'on écoute les discours
des dirigeants, l'affaire semble désormais entendue. Dans leurs
rapports annuels ou leurs chartes de valeurs, la plupart des
entreprises soulignent leurs engagements en matière de responsabilité
sociale, de protection de l'environnement ou encore d'éthique.
Pourtant, la mise en œuvre est une autre histoire. Par quoi
commencer ? Quels objectifs s'assigner ? Comment concilier engagement
citoyen et respect des impératifs de rentabilité ? Rares sont
les entreprises qui ont trouvé une réponse satisfaisante à ces
questions, pour trois principales raisons :
Le sujet est tentaculaire. La citoyenneté d'entreprise
recouvre un très grand nombre d'aspects : impact sur l'environnement,
conditions de travail, actions philanthropiques, intégration
des minorités, etc. Cela complique la définition des priorités
d'action et la cohérence de la mise en œuvre.
Beaucoup d'employés sont sceptiques.
Ils n'y voient qu'une lubie de la direction ou un simple engagement
de façade destiné à se donner bonne conscience ou à faire taire
les critiques. Comment alors mobiliser l'entreprise autour de
la démarche ?
La pression pour l'immobilisme est
forte. Agir en entreprise citoyenne implique souvent de
changer les façons de faire. Mais comment opérer cette transformation
alors que les équipes sont avant tout préoccupées de répondre
aux exigences de résultat économique ?
Deux caractéristiques distinguent les entreprises qui sont parvenues
le mieux à traduire leur engagement d'entreprise citoyenne dans
les faits : elles ont clairement défini la nature de leur engagement
citoyen et ont su ancrer cet engagement dans les comportements
au quotidien.
1. Clarifier les priorités
Certaines entreprises, impatientes d'obtenir
des résultats spectaculaires, lancent de façon désordonnée un
grand nombre de projets… et finissent par constater que ces
efforts n'ont pas d'impact profond. D'autres choisissent de
se focaliser sur quelques dimensions de la citoyenneté d'entreprise.
Elles connaissent ainsi parfois des succès intéressants, mais
courent le risque d'être mises en difficulté dans les domaines
dont elles ne se sont pas préoccupées. Pour éviter ce type de
déconvenues, il est indispensable de définir ses objectifs en
matière de "citoyenneté" en distinguant deux registres d'action
:
Viser un niveau minimal
dans tous les domaines touchant à la citoyenneté d'entreprise.
La première caractéristique d'une entreprise citoyenne est de
ne pas être coupable de comportement anti-citoyen. Ainsi, même
s'il valorise les efforts d'une société pour réduire ses émissions
de gaz à effet de serre, le public n'en sera pas pour autant
prêt à lui pardonner de faire travailler des enfants dans ses
usines du Tiers-Monde !
S'assigner des objectifs
plus ambitieux dans certains domaines choisis. Eliminer
les risques de dérapage ne suffit pas à se distinguer comme
"entreprise citoyenne". Il faut aussi faire preuve d'un véritable
engagement. Or il est difficile de se démarquer si l'on disperse
ses efforts. C'est pourquoi il est nécessaire de sélectionner
quelques domaines d'excellence, selon trois principaux critères :
l'enjeu doit être important, l'entreprise doit être susceptible
d'avoir un réel impact, et l'action doit être cohérente avec
son intérêt à long terme, sous peine d'être peu crédible.
2. Ancrer l'engagement
citoyen dans les comportements
Mettre en œuvre une politique "citoyenne"
impose de lutter en permanence contre l'inertie. Bien souvent,
une fois passés les beaux discours et le lancement des premières
actions, l'entreprise retrouve ses modes de fonctionnement habituels
: la pression du quotidien et les conflits d'intérêts qui peuvent
surgir entre engagement citoyen et exigences de rentabilité
ont vite raison des bonnes résolutions. Echapper à cet écueil
nécessite des efforts importants dans trois domaines :
Lutter contre le scepticisme.
La simple évocation du terme "entreprise citoyenne" suscite
souvent sourires et commentaires ironiques. Tant que les salariés
restent dans cet état d'esprit, il est impossible mettre en
œuvre de véritables changements. Les dirigeants doivent donc
s'investir pour minimiser ce scepticisme : clarifier ce qu'ils
entendent par "entreprise citoyenne" (ni concept idéaliste ni
engagement de façade, mais une démarche qui s'inscrit dans la
stratégie de l'entreprise) ; rappeler à toute occasion l'importance
de cet engagement ; montrer explicitement que les décisions
stratégiques en tiennent compte.
Soutenir l'élan dans
la durée. Pour lutter contre le risque d'essoufflement,
il faut impliquer le maximum de salariés dans la mise en œuvre
et fixer des objectifs chiffrés.
Valoriser de nouveaux
types de comportements. Les décisions de recrutement, les
critères d'évaluation et de promotion ou encore les choix en
matière de formation doivent valoriser certains comportements
qui l'étaient moins par le passé : voir à long terme, savoir
dialoguer avec des personnes défendant des points de vue différents,
savoir remettre en cause des règles de fonctionnement tenues
pour acquises...
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Depuis 1992, Manageris
publie chaque mois la Lettre de synthèse des meilleures
publications en management, qui aide plusieurs milliers
de cadres à rester à la pointe des idées qui comptent
en management. Par ailleurs, Manageris conçoit et anime
des sites intranet pour plusieurs dizaines de grands
groupes.
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