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CARRIERE
08/03/2006
Bernard de Talancé (Société Générale)
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Depuis 2002, Bernard de Talancé est directeur des ressources et relations humaines de la Société Générale, groupe bancaire comptant quelques 103.000 salariés dans le monde. Le secteur bancaire dans son ensemble prévoit de nombreux départs à la retraite dans les années qui viennent, et tout autant d'embauches. Politique de recrutement, évolution au sein du groupe, gestion des seniors, mobilité internationale, métiers... Bernard de Talancé a répondu à une trentaine de questions des lecteurs du Journal du Management lors d'un chat.
Faut-il impérativement avoir une expérience dans le monde bancaire pour devenir cadre à la Société Générale ?
Bernard de Talancé : Non, cela n'est pas nécessaire dans tous les cas.
Sur quels types de métier embauchez-vous ?
Dans les métiers de la banque de détail, principalement sur des métiers de type commerciaux ; dans les métiers de la banque d'investissement, sur des métiers d'experts en marchés et financement, et sur des métiers de back-office.
Quelles sont les qualités requises ?
Notre offre de recrutement est très large, les niveaux requis vont de niveau bac aux grandes écoles d'ingénieur.
Comment se passe un processus d'embauche : entretiens, tests... ?
Selon les types de poste, nous employons des processus collectifs ou individuels. Ces processus utilisent effectivement des tests et des entretiens.

Nous avons actuellement environ 850 expatriés" |
Vous faîtes passer des tests de personnalité à vos candidats. A quoi cela vous sert-il ? Le résultat peut-il vous faire changer d'avis ?
Ces tests nous permettent d'évaluer la capacité des candidats à tenir les postes que nous proposons. C'est un élément parmi d'autres permettant de sélectionner les candidats.
La France a l'un des taux les plus bas d'activité des seniors (55 ans-64 ans) en Europe : seulement 37 %. Quelle est votre politique d'emploi à l'égard de cette population ?
Si globalement c'est le cas de la France, la banque de détail a une pyramide des âges plutôt déséquilibrée en faveur des seniors, et notre problème est donc d'assurer la relève de ces générations dans les années qui viennent. En 2006, nous allons recruter en France plus de 4.000 personnes, ce qui fera de la Société Générale un des premiers recruteurs de France.
Avez-vous mis ou comptez-vous mettre en place au sein de la Société Générale des programmes pour accompagner l'internationalisation et former les équipes à ce nouvel environnement ?
La Société Générale a actuellement environ 850 expatriés dont 700 originaires de France, le reste provenant de nos implantations étrangères. Alors notre fort développement international nous amène à renforcer ces équipes et nous avons actuellement des programmes de recrutement de cadres au niveau européen.
Au bout de combien de temps peut-on espérer être muté à l'étranger ? Est-ce que tout le monde peut y aller, où bien est-ce réservé à une élite ?
Quand on est prêt à exercer des métiers sur lesquels on cherche des candidats (ce qui peut demander quelque temps), quand on est motivé à le faire, et bien sûr quand on parle les langues qui sont nécessaires à cette expatriation.
Quelles actions sont mises en oeuvre par la Société Générale pour favoriser l'emploi des cadres d'origine étrangère ?
Nous recherchons dans nos implantations étrangères les cadres qui sont susceptibles de venir passer plusieurs années en France ou dans d'autres implantations.
Managez-vous la formation ? Si oui, quelle est votre politique en matière du DIF ?
La formation est effectivement assurée par la ligne RH en liaison avec les métiers de la banque. Les modalités d'utilisation du DIF sont actuellement en cours de définition.
Nous voulons recruter des personnes ayant la quarantaine avec une expérience commerciale." |
Parlez-vous simplement de maintenir les seniors actuellement en place à la Société Générale puis de les remplacer ? Ou bien envisagez-vous la possibilité de recruter des compétences extérieures ?
Je vous ai dit que la pyramide était déséquilibrée à partir de 50 ans, par ailleurs nous recrutons naturellement beaucoup de jeunes. Nous avons donc, pour équilibrer nos recrutements, lancé un programme en coopération avec l'ANPE pour recruter des personnes ayant la quarantaine avec une expérience commerciale.
La fonction GRH n'est-elle pas en voie de disparition avec l'avènement des logiciels GRH clés en main tels SAP, HR Access ?
J'aimerais bien, malheureusement plus les logiciels se développent, plus notre travail est difficile. Au-delà de la plaisanterie, le développement de ces logiciels ne résout pas nos problèmes qui sont de plus en plus complexes.
Quelles sont les difficultés rencontrées au niveau de l'harmonisation des cultures d'entreprises au sein de la Société Générale ?
La culture d'entreprise de la Société Générale est très forte (la banque a 140 années d'existence et est l'une des meilleures banques européennes), il existe néanmoins des cultures assez différentes entre les métiers, entre les pays...
Quels dispositifs avez-vous mis en place pour détecter les collaborateurs à haut potentiel et comment accompagnez-vous leur évolution ?
Dans chaque métier, il existe des échelons RH dont le rôle est de repérer avec les managers les hauts potentiels. Ces hauts potentiels sont ensuite suivis au niveau de leur carrière et de leur formation.
Quels sont vos projets en matière d'individualisation des salaires et de rémunération de la performance ?
Il existe à la Société Générale un système d'évaluation des collaborateurs sur des objectifs quantitatifs et qualitatifs fixés avec leur manager. Ces évaluations, couplées avec les résultats financiers des activités, permettent d'asseoir des rémunérations variables qui viennent s'ajouter au salaire fixe.
Avez-vous une politique de sensibilisation à l'intelligence économique pour tous vos employés?
Non, pas spécialement.
Vous recrutez exclusivement des gens qui ont des expériences professionnelles dans la finance et banque ou également ceux qui ont des expériences dans ressources humaines?
Principalement dans les métiers de la banque, mais aussi dans les RH, en comptabilité, en finance, en informatique... Métiers sur lesquels nous avons besoin d'experts.
Il y a eu une rencontre "emploi" au Stade de France l'année dernière. Quels ont été les résultats ?
8 000 candidatures reçues, environ 350 invités après présélection, et environ 150 recrutements.
Est-ce vrai que les banques se tournent de plus en plus vers les écoles d'ingénieur ?
Ce n'est pas nouveau, notre collection d'X est impressionnante, et certains ont bien plus de 50 ans. Il nous en manque encore !
La Société Générale ne peut pas se désintéresser du marché chinois." |
Qu'est-il prévu pour intégrer les nouveaux employés ?
Un accueil est organisé selon les métiers, souvent accompagné de formations. Pour les cadres, des journées d'intégration leur permettent de se rencontrer et de rencontrer le management de la banque.
Que faites-vous pour l'emploi des handicapés ?
Nous avons un programme de recrutement de personnes handicapées, mais nous avons du mal à pourvoir ces postes actuellement par manque de candidatures adaptées à nos métiers.
Que pensez-vous de la discrimination positive ? Est-ce un mal nécessaire pour faire changer les mentalités des cellules ressources humaines?
Je ne pense pas que la question soit au niveau des RH. Nous recherchons des recrutements qui soient à l'image de la société française en matière d'âge, de sexe, d'origine. La réussite de cet objectif suppose un engagement managérial très fort.
Quelle est votre position sur le CPE et le CNE ?
Compte tenu de ce que je vous ai dit sur nos méthodes de recrutement et sur nos objectifs, ces contrats ne sont pas très adaptés à nos besoins.
Que signifie pour vous la future libéralisation du marché bancaire Chinois ?
J'ai passé quatre ans en Chine, je peux témoigner que le futur de ce pays est énorme. Une banque comme la Société Générale ne peut pas se désintéresser du marché chinois. Nous tentons donc notre chance sans aucun complexe.
A partir de 30.000 euros par an pour un cadre adjoint de responsable d'agence." |
Avez-vous un plan de continuité d'activité en cas de crise comme actuellement avec la grippe aviaire ? Comment cela se passerait en cas d'épidémie ?
Oui, nous avons ce type de plan pour des épidémies comme d'autres grandes crises. Il faut savoir qu'en tant que banque, nous sommes soumis à des obligations très strictes au niveau du maintien de nos activités. Nous investissons des sommes très conséquentes sur ces sujets là.
Etre agrégée économie gestion constitue-t-il pour vous un atout dans les métiers de la banque?
Oui, c'est un diplôme qui peut nous intéresser. Mais vos qualités personnelles seront aussi très importantes.
On ne parle plus aujourd'hui de responsable du personnel mais de gestionnaire des ressources humaines, n'est-ce pas péjoratif de considérer l'humain comme une ressource exploitable donc périssable ?
La tradition de la Société Générale est une tradition d'emploi à long terme, et nous n'avons pas l'intention de la faire évoluer car cela nous semble être un atout. On ne peut donc pas parler de l'exploitation d'une ressource périssable, nous investissons dans les hommes.
Je voudrais savoir comment vous avez mis en place la réforme de la formation, et si vous envisagez de négocier avec les partenaires sociaux sur ce sujet ?
Nous passons notre temps à reformer la formation pour l'adapter à l'évolution de nos métiers. Dans cette adaptation permanente, nous avons effectivement besoin d'intégrer les évolutions réglementaires. Elles font actuellement l'objet de discussions avec nos partenaires sociaux.
Quel est l'emploi de base que vous allez proposer lors de votre vague de recrutement cette année ?
Les métiers de base du réseau français : chargé d'accueil et conseillers de clientèle.
Quel est le salaire de base ?
Pour un chargé d'accueil, à partir de 19.500 euros de salaire annuel fixe, pour un cadre adjoint de responsable d'agence (bac+5), à partir de 30.000 euros. S'ajouteront à ces sommes d'éventuelles rémunérations variables : l'intéressement, la participation, le bénéfice des actionnariats salariés qui font des métiers bancaires des métiers particulièrement attractifs dans l'univers des services.
Cela veut dire qu'il n'y aurait pas de recrutement des cadres ?
Non, nous recrutons beaucoup de cadres : 45% de bac+5.
Bernard de Talancé : Merci à tous ! Je vais être franc avec vous, je n'étais pas rentré dans la banque par vocation profonde mais pour des raisons assez bassement alimentaires. 37 ans plus tard, je me suis bien amusé, j'ai créé des sociétés en Chine, j'ai sauvé de grandes entreprises, j'ai négocié des restructurations importantes avec des syndicats... drôle de métier, j'espère vous avoir donné envie de nous rejoindre.
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