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ENTREPRISE
03/05/2006
Olivier Paulhan (Avocat)
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L'essentiel des PME est écarté de ce dispositif. |
La fraction des intérêts qu'une entreprise sous-capitalisée sera autorisée à déduire correspondra au montant obtenu par référence à celle de ces trois limites qui lui est la plus élevée, l'excèdent pouvant sous certaines conditions, être déduit au titre des exercices suivants.
Soulignons que la réintégration ne s'appliquera que si le montant des intérêts excédentaires est supérieur à 150 000 €, ce qui écarte l'essentiel des PME de ce dispositif et constitue donc une importante exception.
Quelles incidences sur les LBO existants ?
Conséquences relatives aux taux pratiqués
Deux situations peuvent se présenter si les taux d'intérêts supportés par la holding d'acquisition excèdent le taux du marché :
soit les fonds prêtés à la holding émanent des fonds propres d'entreprises liées. Il conviendra alors de ramener le taux demandé à la société emprunteuse à un taux de marché. L'administration n'a toutefois pas encore précisé quels seraient les critères de référence pour apprécier un taux de marché pertinent.
soit ces entreprises liées se sont elles mêmes endettées auprès d'établissements financiers pour reprêter à la holding : l'administration admet dans ces conditions la déductibilité des frais financiers supportés par la holding sous réserve que les taux soient quasiment identiques.
En toute hypothèse, il ne sera toutefois plus possible de pratiquer des taux très éloignés des taux de marché.
Conséquences sur les situations de sous-capitalisation
Pour assurer la déductibilité intégrale des intérêts il faudra en outre que l'un des trois critères de déductibilité précédemment évoqués (endettement global, couverture d'intérêts ou intérêts reçus de sociétés liées) soit respecté.
Il ne sera plus possible de pratiquer des taux très éloignés des taux de marché. |
Il est évident que c'est sur le critère de l'endettement global que les actionnaires disposent de la plus grande maîtrise. On pourra ainsi procéder à une recapitalisation afin de disposer d'un endettement limité à une fois et demi le montant des capitaux propres, montant que la loi permet d'apprécier au début ou à la fin de l'exercice selon la situation la plus avantageuse pour l'entreprise. La solution consistera alors à transformer une partie de la dette groupe en capital.
Les autres critères de sous-capitalisation n'offrent évidemment pas la même souplesse d'utilisation. En effet, s'agissant du critère de limite de couverture de taux d'intérêts, il semble difficile de décider a priori quel sera le résultat courant permettant de respecter le ratio de 25% intérêts/résultat courant. Quant au critère de limitation correspondant aux intérêts reçus de sociétés liées, il ne devrait pas trouver de cas d'application fréquent car il est rare que la holding tête d'un groupe dans un LBO s'endette pour reprêter ensuite.
Afin d'éviter la non-déductibilité des frais financiers, la réflexion sur la restructuration des LBO existants devrait donc s'orienter vers un rapprochement des taux pratiqués des taux de marché et une recapitalisation des groupes.
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Parcours
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Olivier Paulhan a fondé le cabinet d'avocats Paulhan & Associés en 1987. Il exerçait précédemment ses activités chez Coopers & Lybrand. Diplômé d'HEC et titulaire du DJCE de l'Université de Montpellier, il est également conseil en droit des sociétés et conseil fiscal. Paulhan & Associés est un cabinet spécialisé en droit des affaires et en particulier dans le domaine des fusions-acquisitions. Il est le représentant en France du réseau d'avocats européens European Law Group. |
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