|
31/05/2006
Laurence Paye-Jeanneney (Cnam) "Le Cnam est dédié à la formation tout au long de la vie"
Présent sur l'ensemble du territoire, le Cnam est un acteur majeur de la formation continue en France. Son administratrice générale revient sur les spécificités de cet établissement.
Le Conservatoire national des Arts et Métiers est un très vieil établissement. Fondé à la fin du 18e siècle par un abbé soucieux de préserver les inventions techniques françaises, le Cnam est aujourd'hui investi de trois missions : la diffusion de la culture scientifique et technique avec le musée des Arts et Métiers, la recherche technologique et la formation continue. Laurence Paye-Jeanneney, administratrice générale de l'établissement, revient sur cette dernière dimension et explique les spécificités de son offre.
Quelle est l'offre du Cnam en matière de formation continue pour les cadres ?
Laurence Paye-Jeanneney. Il y a deux ans, nous avons regroupé toutes nos
formations en management dans une même entité, l'Institut International du
Management (IIM), qui est devenu en quelque sorte la "business school" du Cnam. Il propose une offre de formation tout au long de la vie à des auditeurs qui n'ont pas reçu de formation générale en management, ou qui ont besoin d'approfondir leurs connaissances dans certaines disciplines comme la gestion de projet, la gestion de la qualité, le marketing, la finance et l'assurance ou le développement durable. Nous offrons une large panoplie de diplômes. Cela va des certificats de compétence aux diplômes de type licence, master, doctorat (LMD). Nous délivrons aussi des MBA conformes aux standards internationaux et des mastères spécialisés labellisés par la Conférence des Grandes Ecoles. Nos formations ne visent parfois qu'à l'acquisition d'un complément de compétences. L'objectif du Cnam est d'accompagner ses auditeurs dans leur parcours personnel et professionnel. Nous cherchons avant tout à répondre à la demande.

On n'enseigne pas à une personne qui a une expérience professionnelle comme on enseigne à un étudiant."
|
Quelles sont les spécificités du Cnam qui le distinguent de ses concurrents ?
Notre première originalité est de couvrir l'ensemble des métiers. Nous aimons d'ailleurs bien appeler le Cnam, "Université de tous les métiers". Notre statut de "grand établissement" nous permet de recruter des professeurs qui, pour la plupart, sont issus de l'entreprise. Nous nous situons à mi-chemin entre l'université et la grande école. Nos enseignants sont des professionnels qui enseignent à des professionnels. Le Cnam est implanté sur l'ensemble du territoire. Nous avons plus de 150 centres en France métropolitaine et outre-mer. Nous sommes aussi présents à l'étranger, grâce aux antennes de nos grands instituts. Avec le Cnam, on peut commencer une formation à Paris, la continuer à Montpellier ou à Cotonou. Mais même si l'enseignement est délocalisé, le Cnam délivre partout les mêmes diplômes et garantit la qualité de ses formations dans le monde entier.
Quel est le profil de votre public ?
Il est très varié. En effet, la seule condition pour entrer au Cnam est d'être sur le marché du travail, que l'on soit en activité ou non. La plupart de nos auditeurs s'inscrivent au Cnam, à leur propre initiative. Le Cnam est une étape de plus dans leur vie. Ils bâtissent leur parcours de formation en fonction de leurs disponibilités : ils suivent des enseignements pendant six mois, s'arrêtent puis reviennent. Depuis très longtemps, nous pratiquons la validation des acquis de l'expérience. C'est pourquoi nous savons que l'on n'enseigne pas à une personne qui a déjà une expérience professionnelle comme on enseigne à un étudiant. Il ne faut lui apporter que ce qui lui manque.
Proposez-vous des formations en e-learning ?
|
Le Cnam en chiffres
|
|
85.300 inscrits sur l'ensemble du réseau dont 8.600 en formation ouverte et à distance
1.200 unités d'enseignement
400 diplômes, titres ou certificats proposés
551 enseignants-chercheurs
2.000 intervenants professionnels
150 centres de formation
36 pays partenaires
|
Oui, de plus en plus. L'e-learning a révolutionné la formation en la rendant davantage accessible à ceux qui travaillent. Nous avons développé des plates-formes performantes qu'on nous envie à l'étranger. Des studios de cours ont été mis en place pour que les enseignements dispensés dans une ville puissent être suivis par des auditeurs présents dans d'autres villes. Les informations que le professeur écrit sur le tableau à écran tactile électronique sont par exemple directement renvoyées sur les écrans des autres salles. Les cours sont enregistrés et peuvent être réécoutés ultérieurement par l'auditeur qui bénéficie aussi de services associés comme les chats avec l'enseignant. Nous faisons en sorte d'équilibrer la formation à distance en organisant des sessions de regroupement régulières. Aujourd'hui, près de la moitié de nos cours sont proposés en e-learning.
Selon vous, qu'a changé le DIF (droit individuel à la formation), mis en place en 2004, pour les cadres français ?
A l'époque, je l'ai perçu comme un très grand espoir. Au Cnam, nous avons créé des modules de 20 heures adaptés au dispositif du DIF. Mais la demande ne se précipite pas, sans doute parce que le DIF est encore peu connu des salariés.
Quels conseils donneriez-vous à un cadre qui souhaite recevoir un complément de formation ?
Je lui conseillerais de vite venir au Cnam ! Nous sommes le seul établissement entièrement dédié à la formation tout au long de la vie. Et nous ne parlons pas uniquement de formations diplômantes. Le Cnam peut lui apporter le complément de savoir ou de compétences dont il a besoin dans tous les secteurs d'activité et pour toutes les fonctions de l'entreprise.
|
Parcours
|
|
Laurence Paye-Jeanneney est licenciée en lettres, diplômée de l'école nationale des langues orientales vivantes et titulaire d'un doctorat d'histoire à Paris I. Au cours de sa carrière, elle a occupé différents postes au CNRS, notamment celui de la politique régionale et universitaire de 1987 à 1989. Elle a également assumé le poste d'adjoint du directeur général des enseignements supérieurs et de la recherche au ministère de l'Education Nationale de 1982 à 1986. Elle a occupé le poste de secrétaire général de la recherche au sein du groupe Renault de 1990 à 1998. A cette date, elle est nommée présidente du conseil d'administration du Cned, poste qu'elle occupe jusqu'en 2002. Elle est administratrice générale du Cnam depuis 1998.
|
|