|
ENTREPRISE
28/06/2006
Fragile équilibre entre vie privée et vie pro
Globalement, 49 % des actifs français trouvent qu'ils préservent un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle, soit quatre points de plus qu'en 2004. C'est ce que révèle une enquête internationale d'ISR publiée début juin 2006, et menée auprès de plus de 26.000 Français. Amélioration donc, mais cette satisfaction concerne à peine un Français sur deux et selon les prévisions, la situation pourrait se détériorer dans les années à venir. Le point avec Julien Mayet, chef de projet chez ISR.
"Plusieurs hypothèses permettent d'expliquer la tendance actuelle, remarque Julien Mayet. On peut tout d'abord citer les 35 heures, qui, bien que la charge de travail ne diminue pas, ont permis d'assouplir les horaires. Vient ensuite la prise en compte en interne des besoins des salariés avec la mise en place de services à domicile ou de crèches." Des mesures prises en général par les grands groupes, plus rarement par les PME. "Les deux mouvements sont importants mais leur effet ne va pas durer", prévient le chef de projet. L'effet 35 heures se fera de moins en moins sentir à moyen terme, tout comme les initiatives prises en matière de service.
La culture anglo-saxonne s'impose Au niveau mondial, la France se noie en milieu de peloton, ex-aequo avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Les pays de cultures anglo-saxonne - Canada, Etats-Unis, Australie ou encore Irlande - affichent une meilleure perception de l'équilibre vie privée / vie professionnelle. La proportion d'actifs satisfaits y est d'ailleurs au minimum égale à 51 %. "Pour une question de culture et de société, les gens se réalisent plus dans leur travail ici qu'ailleurs." Au contraire, les pays latins montrent grise mine. Seuls 41 % des actifs italiens et espagnols sont satisfaits. La proportion n'atteint que 46 % au Portugal. Une culture anglo-saxonne, qui au niveau de l'entreprise, ne fait pas l'unanimité. Ainsi, l'Inde qui affiche la plus forte dégradation - moins 9 % en cinq ans - a vu s'implanter sur son territoire de nombreuses entreprises étrangères et notamment américaines (secteurs pharmaceutique et informatique, ou services externalisés...). "Le cadre de travail s'en est trouvé bouleversé, et soumis à un management importé, remarque Julien Mayet. D'une logique et d'une économie de PME, on passe rapidement à celle d'un groupe. Le management par objectifs s'impose et les salaires sont indexés sur la productivité." Des facteurs qui ne font qu'aggraver le stress des salariés, et rendre leur perception de l'équilibre vie privée / vie professionnelle plus négative.
Paradoxe : les salariés français sont parmi les plus productifs au monde, mais le bien-être reste en quelque sorte un tabou, ne faisant pas l'objet de mesures. Fini les carrières entières dans une seule entreprise : le turn-over est de plus en plus important. Julien Mayet de conclure : "Dans un pool regroupant les vingt plus grandes économies internationales, les salariés français sont les moins engagés."
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
© Benchmark Group, 69-71 avenue Pierre Grenier 92517 BOULOGNE BILLANCOURT Cedex
ENTREPRISE
RUBRIQUES
RECHERCHER