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ENTREPRISE
11/10/2006
Olivier Paulhan (avocat)
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Les garanties de passif contractées dans le cadre de transmissions d'entreprises sont devenues incontournables. Dirigeants et actionnaires abordent la négociation de ce type d'engagement avec appréhension, souvent par méconnaissance de sa portée. Pourtant, de telles conventions peuvent être de nature à protéger leurs intérêts, ce qui justifie d'en négocier les termes avec le plus grand soin.
A quoi sert une convention de garantie de passif ?
Une convention de garantie de passif sert à traiter les difficultés surgissant postérieurement à la cession, mais dont l'origine relève de la gestion des dirigeants en fonction avant la cession.
En l'absence d'une telle convention accompagnant la cession de titres d'une société, l'acquéreur déçu pourrait agir contre les cédants en faisant valoir les garanties issues du droit de la vente (garantie d'éviction ou garantie des vices cachés) ou engager une action en nullité fondée sur un vice du consentement (erreur ou dol). La jurisprudence accueille avec circonspection de telles actions, principalement parce qu'elle les considère peu appropriées à la vente de titres de sociétés ou parce que le caractère déterminant de l'erreur ou des manœuvres caractérisant le dol est insuffisamment avéré.
La garantie de passif classique est celle dont la société cible est le bénéficiaire." |
Les cédants auront intérêt à négocier un plafond de la garantie." |
Pour un vendeur, personne morale soumis à l'IS, les indemnités versées dans le cadre d'une "garantie d'actif net" à la société cible sont déductibles de son résultat imposable au taux normal. En revanche, les sommes versées dans le cadre d'une garantie "réduction de prix" sont traitées comme des moins-values à long terme.
On voit là encore pour les cédants toute l'importance qu'il y a à qualifier, dans l'acte de garantie, la nature de celle-ci, tant les conséquences fiscales de sa mise en œuvre sont déterminantes pour leur fiscalité.
Les mécanismes de limitation de la garantie
L'acte de garantie est également l'occasion de prévoir différents mécanismes de mise en œuvre de la garantie et en particulier, de plancher et de plafonnement.
Les indemnités versées dans le cadre d'une "garantie d'actif net" à la société cible sont déductibles de son résultat imposable." |
Les vendeurs prendront ainsi soin de négocier auprès de l'acquéreur une "franchise" selon laquelle aucune somme n'est due au titre de la garantie tant que n'a pas été dépassée la somme prévue au titre de cette franchise. L'acquéreur lui, préférera imposer un "seuil de déclenchement" selon lequel aucune somme n'est due tant que le seuil n'est pas atteint, mais qui, une fois atteint, doit donner lieu à une indemnisation dès le premier euro. L'équilibre pourra consister à négocier la combinaison d'une franchise et d'un seuil de déclenchement.
De même, les cédants pourront-ils négocier auprès de l'acquéreur une franchise unitaire par réclamation pour éviter que leur garantie ne soit appelée systématiquement et pour des montants de trop faible importance.
Enfin et surtout, les cédants auront intérêt à négocier un plafond de la garantie. Ce pourra être par exemple le prix payé pour les actions, voire moins. Ce plafond pourra même être dégressif pendant la durée de la garantie.
Les garanties de la garantie
Selon la solvabilité des cédants, l'acquéreur sera plus ou moins exigeant quant à la garantie d'être payé en cas de mise en œuvre de la garantie de passif.
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Et toujours
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Deux formules sont couramment pratiquées : la mise sous séquestre d'une partie du prix ou la fourniture d'une garantie bancaire à première demande. La première formule méritera de rédiger avec le plus grand soin la convention de séquestre afin que ce dernier ne procède à un blocage intempestif des sommes.
D'autres formules pourront aussi être proposées selon les circonstances : le blocage des comptes courants des cédants lorsqu'il en existe au moment de la cession ou le nantissement des titres qui seraient éventuellement conservés par les cédants.
Loin d'avoir à redouter les conventions de garantie de passif, les cédants de titres de sociétés devraient appeler de telles conventions de leurs vœux tant elles paraissent utiles pour organiser leurs droits et encadrer la mise en cause intempestive de leur responsabilité par les acquéreurs.
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Parcours
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Olivier Paulhan a fondé le cabinet d'avocats Paulhan & Associés en 1987. Il exerçait précédemment ses activités chez Coopers & Lybrand. Diplômé d'HEC et titulaire du DJCE de l'Université de Montpellier, il est également conseil en droit des sociétés et conseil fiscal. Paulhan & Associés est un cabinet spécialisé en droit des affaires et en particulier dans le domaine des fusions-acquisitions. Il est le représentant en France du réseau d'avocats européens European Law Group. |
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