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ECONOMIE
 
17/10/2006

Qui sont les champions... de la production télévisuelle

Arthur, Delarue, Fogiel… Derrière ces grands noms des plateaux télé se cachent des producteurs avertis. Qui figure parmi les grandes sociétés de production ? Tour d'horizon d'un marché en pleine évolution.
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Les années 1990 représentent un tournant économique libéral dans le secteur de l'audiovisuel avec la publication du "décret Tasca". Au nom de la défense des producteurs indépendants, il oblige les chaînes à externaliser les deux tiers de leurs productions. Ce décret signe tout d'abord l'arrêt de mort de la Société française de production (SFP), prestataire public né de l'éclatement de l'ORTF, qui perd 40 % de son chiffre d'affaires entre 1992 et 1998. Vendue à la holding Bolloré, la SFP n'assure plus aujourd'hui qu'une offre de services et de studios à destination des producteurs. Dans le même temps, les sociétés de production privées connaissent un essor considérable. A titre d'exemple, en 2005, 77 % des heures d'émissions sur TF1 ont été produites pas des sociétés extérieures.

Parallèlement, les sociétés de production créées par des animateurs éclosent. Leur motivation : le contrôle éditorial de leurs émissions et le gain financier, nettement supérieur à celui de simple présentateur. Les chaînes y trouvent également leur compte à deux niveaux : un prix d'achat plus compétitif et une plus grande flexibilité, il leur est plus facile de supprimer une émission qui génère peu d'audience.


Les animateurs et leur société de production
(source : Journal du Management)
Animateur
Société
Thierry Ardisson
Ardisson & Lumières
Arthur
Endemol France*
Pascal Bataille et Laurent Fontaine
Loribel-Unimedia
Emmanuel Chain
B3com (vendue à Carrère Group)
Benjamin Castaldi
Be-Aware (Unimedia)
Sébastien Cauet
PAF Production (détenue à 50 % par Endemol)
Julien Courbet
Concepteria
Christophe Dechavanne
Coyote
Jean-Luc Delarue
Réservoir Prod
Michel Drucker
DMD
Guillaume Durand
GD productions (vendue à Carrère Group)
Flavie Flament
2F Prod (vendue à Carrère Group)
Marc-Olivier Fogiel
PAF Production (détenue à 50 % par Endemol)
Vincent Lagaf
Orevi (Endemol)
Daniela Lumbroso
Degel Prod
Nagui
Air Production
Karl Zéro
La Société du Spectacle (détenue à 50 % par Endemol)
* Arthur a quitté la vice-présidence d'Endemol France mais reste administrateur de la société


Endemol domine le marché... ses concurrents restent à l'affût
Endemol France domine largement ce marché avec un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros et des programmes de téléréalité tels que Star Academy, Opération Séduction, Loft Story mais également des divertissements plus traditionnels, à l'instar de A prendre ou à laisser, ou encore Miss France. La maison de production est la filiale française du leader néerlandais de la production audiovisuelle de divertissement, Endemol, lui-même filiale de l'opérateur espagnol Telefonica. Elle détient 15 sociétés de production, dont Case Production, rachetée à Arthur et Stéphane Courbit (actuel PDG d'Endemol France) en 2001. Elle possède en outre 50 % de PAF Production et de La Société du Spectacle, les sociétés de Marc-Olivier Fogiel et de Karl Zéro.

Chiffre d'affaires des 5 premiers producteurs audiovisuels en 2005
(sources : Journal du Management)
Les acteurs de la livraison de pizzas en 2005


Derrière, Marathon Group, issu de la fusion entre Télé Images et Marathon sous l'égide du fond d'investissement Bridgepoint en 2005, produit à la fois des dessins-animés (Totally Spies), des jeux (Fort Boyard) et la série française la plus exportée : Sous le soleil. Le groupe détient notamment Adventure Line Productions, ancienne filiale de Studio Expand, vendu par appartement par Vivendi Universal en 2004. Avec ses 120 millions d'euros de chiffre d'affaires, il se hisse à la deuxième place au coude à coude avec Lagardère Active, pôle production du groupe Lagardère (120 millions de chiffre d'affaires pour un regroupement d'environ 20 sociétés de production).

Dans le paysage des mastodontes de la production télévisuelle, Carrère Group est un nouveau-venu. A l'origine centré sur le jeu télévisé, avec des jeux cultes comme Intervilles et La roue de la fortune, le groupe est aujourd'hui très présent sur le secteur de l'animation et connaît des succès avec Les Triplettes de Belleville et Kirikou et la Sorcière. Depuis, il ne cesse de se développer. Après de nombreux rachats, dont les sociétés de Guillaume Durand (GD productions), Benjamin Castaldi (B3com) et Flavie Flament (2F Prod), le groupe élargit son périmètre et vient taquiner les trois leaders dans leur pré carré.

FremantleMedia n'a lui rien d'un débutant puisqu'il s'agit de la division production du conglomérat de médias RTL Group. Peu présent il y a encore quelques années, le groupe s'est imposé avec des émissions à succès du type A la recherche de la nouvelle star. Largement implanté sur la chaîne M6, auquel il fournit nombre de ses émissions de divertissement, le groupe a engrangé 40 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2005.

Derrière ces groupes, de nombreuses petites sociétés indépendantes gravitent dans le paysage audiovisuel, avec souvent un ou deux programmes forts. On compte au total pas moins de 1.100 sociétés.

Les principales sociétés de production et leurs programmes
(source : Journal du Management)
Sociétés
Programmes
AB Production
Une femme d'honneur, le club Dorothée, Premiers baisers, Hélène et les garçons...
Air Production
Taratata, Le coffre, Zidane par Zinédine, N'oubliez pas votre brosse à dents...
Carrère Group
Droit de Savoir, Zone Interdite, Campus, Commissaire Moulin, Franck Riva, C'est pas sorcier...
Carson Prod
Le grand zapping de l'humour, Symphonic show...
Coyote
Combien ça coûte, Ciel mon mardi, Coucou c'est nous, Les 60 images qui ont marqué les Français...
Endemol France (Endemol)
Star Academy, Loft Story, A prendre ou à laisser, Attention à la marche, Fear Factor, On ne peut pas plaire à tout le monde, Les enfants de la télé, Le vrai journal, le Bigdil, Cresus, Opération séduction, Miss France...
FremantleMedia France (RTL Group)
Question pour un champion, A la recherche de la nouvelle star, Super nanny, Oui chef !, Le juste prix, Une famille en or...
KM Prod
Le grand journal, Le festival de Cannes, Le train...
Lagardère Active (Lagardère)
Julie Lescaut, Nestor Burma, Monte Cristo, Napoléon, Sagas...
Marathon Group
Totally Spies, Koh-Lanta, Fort Boyard, La carte au trésor, Sous le soleil, Extrême limite, Dolmen, Martin mystère...
Réservoir Prod
Vis ma vie, Stars à domicile, Ca se discute, C'est mon choix,
Unimedia (Loribel et VM Group)
Y a que la vérité qui compte, La méthode Cauet, Y a pas photo, Drôles de petits champions, E=M6, Nouveau look pour une nouvelle vie...


Le besoin de diversification

Même les plus importants n'y échappent pas : les producteurs doivent diversifier leurs activités pour ne pas être trop exposés au risque de la dépendance. Endemol s'est déjà détourné de la téléréalité (deux programmes en 2005 contre trois en 2004) pour renforcer son pôle jeux (50 % de son chiffre d'affaires). La société souhaite également se lancer très prochainement dans la fiction, seul domaine manquant à son catalogue. FremantleMedia entame une stratégie parallèle vers la fiction. Avec 70 % de son chiffre d'affaires réalisés par des émissions de divertissement et des jeux et une très forte dépendance à M6, le groupe a besoin d'élargir son offre et son portefeuille client pour s'affirmer comme un concurrent sérieux.

La TNT et le câble : plus de chaînes pour plus d'audience
Les chaînes thématiques et surtout de la Télévision Numérique Terrestre (TNT) viennent alléger le pouvoir des chaînes hertziennes sur les producteurs. Elles assurent en outre des débouchés supplémentaires. "C'est très positif car cela apporte des recettes secondaires pour des programmes déjà exploités", précise Jacques Peskine, délégué général de l'Union Syndicale de Production Audiovisuelle.

Nombre d'heures d'écoute de programmes télévisés par jour et par personne (âgée de plus de quatre ans)
(sources : Médiamat/Médiamétrie)
Les acteurs de la livraison de pizzas en 2005
Ces chaînes ayant de petits budgets, elles achètent en effet majoritairement des rediffusions, assurant ainsi à certains programmes (films, documentaires ou dessins-animés) un allongement de leur cycle de vie. "Pour un téléfilm d'une heure et demie, une grande chaîne va financer la moitié du coût de production alors qu'une chaîne de la TNT peut ne payer un programme que 20.000 euros. Mais comme on peut le revendre plusieurs fois, ce n'est pas négligeable", ajoute Jacques Peskine.

L'introduction de 12 nouvelles chaînes en juin dernier et l'accession prochaine de tout le territoire à ces chaînes est le signe qu'il y a une carte à jouer pour toutes les sociétés de production. Endemol s'est rapidement tourné vers ce créneau, en proposant aux chaînes des produits peu onéreux et de moindre envergure que ses projets habituels. Il est devenu le premier fournisseur de programmes pour la TNT, grâce à ses coproductions avec Barbès Films Compagnie, la société de Dominique Farrugia. Marathon est également présent sur ce segment. Le groupe développe de nouveaux programmes dédiés aux chaînes de la TNT.


La Video on Demand (VoD)
Sites
  Centre national de la cinématographie
  Direction du développement des médias
  Union Syndicale de la Production Audiovisuelle
  Ministère de la culture
Ce système de diffusion de programmes télévisuels par téléchargement sur Internet a pris son essor en 2005 avec l'offre d'Apple via iTunes. En un an, le site aurait vendu un million de vidéos. Un marché aux particuliers qui modifie le modèle économique habituel. Selon Jacques Peskine, "la vidéo à la demande représente une réelle opportunité, surtout pour les programmes de stock", autrement dit les fictions, documentaires et animations. Autant de formats qui peuvent être exploités sur plusieurs supports (télévision, VoD, DVD) afin d'apporter un complément de financement, bien qu'encore marginal.

Si plusieurs producteurs travaillent avec des sites de téléchargement, Endemol vient de lancer son propre portail grand public de streaming vidéo, Endemol.fr. Il propose un accès direct aux archives d'émissions de téléréalité ou de talk-show. Cela lui permet de valoriser sa marque en nom propre en se dégageant des grandes chaînes de télévision généralistes. Toutefois, seules de courtes séquences sont proposées afin de ne pas concurrencer la distribution traditionnelle.

La téléphonie mobile et la télévision Haute Définition sont d'autres défis que la production télévisuelle française va devoir relever. Encore à leurs prémices, ces évolutions annoncent de nouveaux modes de diffusion et standards de qualité qui représentent des enjeux non négligeables.

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