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ENTREPRISE
28/11/2006
Marketing-ventes : un bon cru 2006 pour les salaires
Comme chaque année, l'étude "Salaires Marketing-Ventes" de Maesina International Search, réalisée en partenariat avec Hewitt, passe au crible les rémunérations des fonctions marketing et ventes et analyse les augmentations de rémunération totale dont ont bénéficié les salariés n'ayant pas changé de poste. L'occasion de savoir quelles sont les fonctions les mieux valorisées et les secteurs qui payent le mieux.
Marketing et commerciaux s'enrichissent 2006 s'annonce comme un bon cru pour la fonction marketing, qui enregistre une augmentation moyenne des salaires de + 4,9 % en un an. Une belle performance qui profite plus aux dirigeants (+ 5,5 %) qu'aux managers (+ 4,3 %) et aux équipes (+ 4,9 %). La fonction commerciale bénéficie elle aussi de hausses substantielles, quoique moins fortes (+ 3,1 %) en moyenne. Mais, dans ce cas, ce sont surtout les équipes (+ 3,7 %) et les managers (+ 3,2 %) qui profitent de la croissance, tandis que les dirigeants n'enregistrent qu'une hausse plus modeste de + 2,5 %, contrastant avec les belles performances de 2005 (+ 3,8 %).
La part de salaire variable, note le rapport, a été le moteur de la croissance des rémunérations des deux fonctions. Mais cette part croissante du variable a eu une autre conséquence : un fort accroissement des inégalités dans l'évolution des rémunérations. Ainsi, 14 % des salariés de la fonction marketing ont vu leur salaire diminuer en 2006, contre seulement 10 % en 2005. Le phénomène est encore plus net chez les commerciaux dont plus d'un quart (27 %) constate une baisse de sa rémunération, entre 2005 et 2006, contre 16 % entre 2004 et 2005.
A plus long terme, la fonction marketing semble bénéficier d'une meilleure valorisation que les commerciaux, comme le constate Jean-Michel Azzi, PDG de Maesina International Search : "De 1998 à 2004, la fonction marketing a vu sa rémunération croître de + 40 % en moyenne, contre + 32 % pour les commerciaux. Cette évolution reflète la tendance de la fonction marketing à prendre une place plus importante au niveau stratégique de l'entreprise."
Des inégalités sectorielles qui s'estompent 2006 confirme certaines inégalités dans les traitements salariaux en fonction des secteurs. La fonction marketing reste ainsi très favorisée dans l'agroalimentaire, où le rôle stratégique des marques est décisif, ainsi que dans l'hygiène et cosmétique, dominé par des groupes puissants et rentables. Dans ce secteur, les commerciaux bénéficient également de rémunérations supérieures à la moyenne. Les hausses de salaires sont par contre plus modérées dans le commerce, la distribution, ainsi que dans l'ensemble des secteurs B to B, où la fonction marketing est traditionnellement moins valorisée que dans le B to C.
"Mais cette situation évolue, tempère Jean-Michel Azzi. On constate petit à petit une meilleure reconnaissance du marketing dans le B to B et finalement un aplanissement des différences salariales entre les secteurs." Dans la métallurgie, la mécanique ou encore le secteur des produits intermédiaires, le marketing gagne ses lettres de noblesse, grâce notamment au marketing client, et les salaires rejoignent progressivement la moyenne.
D'importantes différences subsistent au niveau européen Certaines différences de traitement entre les dirigeants européens peuvent surprendre. Ainsi, s'il est plus rémunérateur d'être commercial en Allemagne que marketeur, c'est l'inverse au Royaume-Uni. "La taille du pays et la complexité des réseaux de distribution ont toujours donné un poids très fort à la fonction commerciale outre Rhin. En Angleterre, au contraire, le commerce est plus concentré et le marketing est donc stratégiquement plus important", explique Jean-Michel Azzi. D'autres spécificités culturelles persistent, comme par exemple des différences de salaires plus importantes entre niveaux hiérarchiques, dans les pays latins comme la France et surtout l'Italie.
Mais si, d'une manière générale, les dirigeants allemands bénéficient de niveaux de rémunération sensiblement supérieurs à la moyenne européenne, là encore, la tendance est à un certain aplanissement des différences. "Les multinationales contribuent à l'harmonisation des salaires entre pays, car il est de plus en plus difficile de maintenir des différences de rémunération importantes entre les mêmes fonctions, d'autant plus que les salariés sont mobiles." L'Europe des salaires semble donc en marche.
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