|
05/12/2006
Les PME françaises sont peu confiantes dans leur avenir
|
Les PME françaises jugent leur développement à trois ans plus incertain que leurs voisines anglaises et allemandes. Pourtant, une sur six demeure résolument optimiste et volontaire dans la gestion de sa croissance. |
Le pessimisme est de rigueur dans les PME françaises, qui considèrent leur environnement économique peu encourageant. C'est la conclusion de l'étude "Les clés de la croissance" menée par GE Commercial Finance auprès de 600 PME françaises, britanniques et allemandes de 10 à 250 salariés. Nos voisins se montrent en effet plus enthousiastes sur leurs prévisions de croissance pour les trois prochaines années : en France, une entreprise interrogée sur trois prévoit une croissance inférieure à celle du marché, contre 12 % en Angleterre et 23 % en Allemagne. Quelles sont les raisons de cette inquiétude ? Quels freins à un développement serein constatent-elles ? Quels modes de financement les PME les plus dynamiques privilégient-elles ? Réponses en chiffres.
Une méfiance liée à la compétitivité des marchés
Si les PME françaises ont une vision si négative de leur croissance future, c'est en premier lieu parce qu'elles jugent leur marché très concurrentiel et que 61 % d'entre elles considèrent cette compétition comme un frein à leur développement. Une opinion moins répandue en Angleterre (56%) et en Allemagne (36 %).
En revanche, les PME accusent assez peu les cadres réglementaires d'entraver leur activité commerciale. En Angleterre et en Allemagne, ils handicaperaient la moitié des PME, contre 35 % seulement en France. Un chiffre à rapprocher de la volonté du gouvernement de limiter les lourdeurs administratives, par exemple par le biais de la télé-TVA, déclaration de la TVA par internet.
|
Facteurs jugés entraver la croissance
(source : GE Commercial Finance)
|
|
|
Cette tendance se renverse toutefois si l'on observe le poids des taxes : deux entreprises françaises sur trois incriminent les prélèvements obligatoires, contre une sur trois en Angleterre et une sur deux en Allemagne.
Enfin, un dernier élément d'explication réside dans la structure du chiffre d'affaires des PME, qui diffère d'un pays à l'autre. En France, elles estiment que leur avenir dépend des autres acteurs, et en particulier des grands groupes. Pour 37 % d'entre elles, la première source de revenus provient des grandes entreprises, ce qui n'est le cas que pour 24 % des PME anglaises. Une dépendance qui endiguerait, donc, la liberté d'entreprendre des sociétés de l'Hexagone.
Un facteur de croissance essentiel : des fonds disponibles rapidement
De l'étude émergent distinctement deux types de PME : celles qui se replient sur elles-mêmes et celles qui se déploient résolument. Les premières donnent la priorité à la réduction des coûts et prévoient une croissance inférieure à celle du marché pour l'année à venir. Les secondes, prévoyant une croissance supérieure de 10 % à la moyenne du marché, misent sur le développement interne et le renouvellement de leurs équipements. En dépit du contexte morose, une PME française sur six envisage de grands projets de développement.
Or, comme le précise Thierry Willième, président de GE Factofrance, la division de GE Commercial Finance spécialisée dans l'affacturage : "Les PME-PMI ont besoin de fonds disponibles rapidement pour répondre aux fluctuations des marchés et financer leur croissance."
Et d'après l'étude, l'absence de fonds disponibles handicape significativement les sociétés les plus dynamiques, puisqu'une sur cinq déclare avoir manqué une affaire pour cette raison. Les PME françaises dynamiques sont donc plus souvent à la recherche de nouvelles formes de financement. Pour 27 % d'entre elles, cette recherche constitue un objectif prioritaire, contre 13% pour l'ensemble des PME interrogées.
|
En France, une PME sur six se montre plus dynamique
que la moyenne
(source : GE Commercial Finance)
|
|
|
Si les PME envisagent de plus en plus de combiner plusieurs techniques de financement, elles s'ouvrent également à de nouvelles possibilités, au premier rang desquelles les fusions acquisitions. En effet, 14 % des patrons de PME dynamiques jugent qu'une fusion ou une acquisition peut être un moteur de croissance, contre 4 % pour l'ensemble des PME françaises. En Angleterre, la question semble avoir fait davantage de chemin. 10 % des PME y envisagent une fusion-acquisition dans les trois prochaines années.
|