Faire bon usage
de son intuition
D'après Pierre Pastor, il ne faudrait pas placer
trop de confiance dans une intuition pure. "L'instinct des grands chefs d'entreprise,
assure-t-il, est basé sur leur expérience et la connaissance de
leur environnement. Leur intuition a donc des fondements très rationnels.
Prenez l'exemple de la pomme de Newton : c'est la maturation préalable
de ses réflexions qui a fait que son intuition a été la bonne."
Autrement dit, mieux vaut ne se fier à son intuition que si l'on possède
déjà une bonne expérience et, dans tous les cas, veiller
à systématiquement la confronter à des arguments plus rationnels
pour l'infirmer ou la confirmer.
Se prémunir
contre les erreurs "de facilité"
| "Si l'on traite un dossier, une prise de
distance naturelle se fait. La gestion d'un conflit est beaucoup plus impliquante" |
Lorsque l'on doit prendre une décision
rapidement, on est plus que d'habitude susceptible de tomber dans la facilité.
Voici les principaux écueils à éviter.
» Les
erreurs d'indulgence. "Il existe des managers qui éviteront toujours
les affrontements. Attention alors aux précautions démesurées
et aux pseudo décisions."
» Les
erreurs de sévérité. "Les jeunes managers en particulier
ont une approche des hommes souvent très raide. Il leur faut alors mettre
de l'eau dans leur vin et remettre en question leurs idées toutes faites."
» Les erreurs de première impression
(et de dernière impression). "C'est l'exemple du collaborateur
qui ne se met à bien travailler qu'à l'approche des attributions
de primes de fin d'année. Mieux vaut avoir retenu ou noté ce qu'il
a fait pendant le reste de l'année."
» Les
erreurs de représentativité. Sous pression, on risque de se
raccrocher à des généralités, à des décisions
qui ont "marché" auparavant sans voir que le contexte a évolué
Déterminer
son niveau d'implication affective
Une décision rapide ne doit pas
être prise de la même façon lorsqu'il s'agit d'une question de pouvoir, de stratégie
ou encore d'un conflit. "La différence relève en grande partie de son niveau d'implication
affective. Si l'on traite un dossier, une prise de distance naturelle se fait.
La gestion d'un conflit est beaucoup plus impliquante. Un syndicat qui vous insulte
pour vous déstabiliser vous oblige à un self-control très important." Etre conscient
de sa propre implication affective permettra de recadrer sa première impulsion.
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