Mon boss, ses trucs et ses tics

 

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Christian Oyarbide
 
Christian Oyarbide, dirigeant de societés et auteur de Mon boss, ses trucs, ses tics
 
 

Comment avez-vous établi la typologie que vous présentez dans votre livre ? Quelle a été votre méthodologie ?

Le typologie est établie en partant de ce que j'appelle les terrains d'auto-légitimation des chefs : en quoi se sentent-ils légitimes à être chefs ? Ensuite, j'ai recensé plusieurs terrains (naissance, diplômes, intelligence, capacité de travail) et je les ai analysés puis combinés. Comme vous l'avez vu, la typologie peut être déclinée par combinaisons. Par ailleurs, j'ai vécu de l'intérieur plusieurs entreprises.

 

Quels types de chefs vous semblent absolument condamnés à disparaître avec la mondialisation ?

Je répondrai à l'envers : il est probable que les financiers vont continuer à proliférer, écartant des types de chefs plus intellos ou plus assis sur les traditions. Avec les financiers, on verra aussi arriver de plus en plus d'apparatchiks dont la mission sera de faire respecter les procédures.

Cependant comme je suis optimiste sur la nature humaine, je pense que les humanistes, un jour ou l'autre, reprendront le pouvoir.

 

Et vous, quel type de patron étiez vous ?

Difficile de s'autoévaluer : un mélange d'hyperactif, d'humaniste et de dilettant sans doute. Je n'ose pas poser la question à mes ex-collaborateurs.

 

Quel type de chef préféreriez-vous avoir ?

Je réponds à la fin du livre : aucun, mais comme je ne suis pas un entrepreneur et bien j'en aurai toujours un. Surtout qu'il me laisse agir, quitte à payer les pots cassés si je me plante.

 

Mon chef est une sorte de self-made man, qui n'a aucun diplôme et se targue beaucoup d'avoir réussi sans faire d'études ? Y a-t-il un risque qu'il éprouve un certain mépris pour les diplômés type Bac+5 (comme moi) ?

Il y a un risque effectivement. Donc ne mettez pas votre diplôme en avant pour justifier vos avis ou vos actions. De toute façon, le diplôme ne préjuge pas de la capacité à avoir raison. Et il le sait.

 

Quel est notre meilleur allié quand on veut se faire bien voir de son chef ? Et qui faut-il approcher ?

Votre meilleur allié, c'est vous-même, exclusivement vous-même, toujours vous-même. Les autres vous donneront des conseils en fonction de ce qu'ils perçoivent eux, de leurs intérêts et de leur façon d'être. Il y a de grandes chances qu'ils ne soient pas applicables par vous, compte tenu de votre expertise ou de votre personnalité.

 

Une femme patron est-t-elle généralement plus dure pour éviter tout jugement sexiste à son encontre?

Christian Oyarbide
© JDN / Cécile Debise
"Il est probable que les financiers vont continuer à proliférer, écartant des types de chefs plus intellos ou plus assis sur les traditions"

Aujourd'hui encore une femme doit se battre plus qu'un homme pour prendre du galon. Celles qui y arrivent sont donc plus bosseuses, pugnaces et souvent perfectionnistes que la moyenne car elles savent que, si elles sont prises en défaut, on leur pardonnera moins qu'aux hommes. Elles sont donc souvent, mais pas toujours, plus exigeantes avec elles-mêmes et donc avec les autres.

 

Une femme doit-elle craindre que son chef en soit une ? Et si oui, dans quelles circonstances ?

Non ! Il y a des femmes qui préfèrent travailler avec des femmes, comme il y a des hommes qui préfèrent travailler avec des hommes et inversement dans les deux cas.

 

Comment doit-on faire face aux chefs qui font preuve de favoritisme... pour qu'ils se modèrent ?

Pas facile ! Je crois qu'il faut rester très factuel et mettre en valeur ses succès à soi et surtout ne pas débiner le chouchou parce que dans ce cas on se fait deux ennemis : le chef et le chouchou !

 

Est-il possible d'améliorer son chef, de le changer ?

Dans le livre, je dis qu'il est difficile, voire dangereux, de tenter d'améliorer son chef. Sauf à avoir un chef particulièrement ouvert, je ne m'y risquerai pas. Plus globalement il ne faut pas mélanger les genres : on n'est pas des psys.

 

Pensez-vous que votre vision est française, ou avez-vous eu l'occasion de tester dans vos entreprises divers comportements de "chefs" d'autres pays ou d'autres cultures ?

Pour être franc, je pense qu'elle est très française. Aux Etats-Unis, par exemple, la question se pose autrement : ils sont plus disciplinés que nous et aussi plus gagneurs et ceci induit d'autres types de relations.

 


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