| Enquête 04/12/2007 Les entreprises familiales : confiantes mais vigilantes
Les entreprises familiales françaises sont en bonne santé économique. C'est le constat qui ressort d'une étude menée par PricewaterhouseCoopers sur les sociétés dont la majorité du capital est détenue par une même famille. Avec 62 % des firmes interrogées qui anticipent une croissance de la demande, et même 27 % qui pensent qu'elle sera importante, la confiance est de rigueur. Une confiance sous-tendue par les bons résultats obtenus lors de l'exercice précédent : 43 % des entreprises ont connu une évolution à la hausse de leurs bénéfices et 27 % une stabilité. Seul point noir au tableau, le manque de visibilité des entreprises françaises sur leur compétitivité. En effet, elles ne sont que 36 % à s'estimer "très compétitives", contre 71 % pour les répondants d'Amérique du Nord et 64 % dans les marchés émergents.
Le recrutement : défi numéro un Les surprises proviennent des préoccupations des entreprises. En tête de liste des enjeux internes, le recrutement de personnel qualifié. "C'est un enseignement très fort mais surprenant", note Philippe Bailly, responsable de l'activité PricewaterhouseCoopers pour les entrepreneurs. "On aurait pu s'attendre à ce que cela arrive derrière la profitabilité et les marges." Témoin d'une ambition de se développer et d'évoluer, cet enjeu montre également du doigt les limites du marché du travail. Les firmes françaises relèguent toutefois cet élément au deuxième rang derrière un défi plus global de réorganisation de l'entreprise. "Il s'agit essentiellement de s'ouvrir à des techniques de management plus modernes", explique Philippe Bailly. Cependant, elles sont 32 % à accorder beaucoup d'importance à la formation et au développement du personnel (soit 8 points de plus que la moyenne), derrière la simplification du régime fiscal et la réduction du niveau d'imposition (78 %). "Ces défis proviennent de ce qui distingue les entreprises familiales : la mise en oeuvre d'une vision long terme."
La gestion des conflits : la France en retard
Autre spécificité des entreprises familiales : le besoin d'anticiper le risque de conflits entre les membres de la famille. Un risque largement sous-évalué par les entreprises françaises qui ne sont que 12 % à avoir mis en place des procédures de résolution des conflits, contre 26 % des firmes nord-américaines et 36 % dans les marchés émergents. De plus, le détail des outils utilisés montre des usages moins modernes que dans les autres régions étudiées. Ainsi, sur le petit pourcentage d'entreprises ayant mis en place des procédures formelles, 25 % ont opté pour le conseil de famille, 17 % pour les réunions de famille et 17 % pour un système d'Entry and Exit provision, qui consiste à définir les conditions dans lesquelles un membre de la famille peut entrer et sortir du management. En Amérique du Nord, le médiateur externe fait l'unanimité avec 44 % des entreprises qui y ont recours. En Europe, le pacte d'actionnaire reste l'outil le plus répandu (32 % des firmes interrogées). "Il est vrai que pour tous les sujets liés au patrimonial et au relationnel, les entreprises françaises sont moins bien préparées", consent Philippe Bailly. "Elles sont plutôt anciennes, avec une forte dimension affective, passionnelle. Mais la France progresse sur ces sujets."
Une faible anticipation de la transmission
Enfin, point noir des entreprises familiales, la transmission de l'entreprise est encore peu anticipée. 10 % des entrepreneurs français ne savent pas s'ils connaîtront un changement en matière de propriété dans les cinq prochaines années. Parmi les 18 % d'entreprises qui prévoient un changement prochain, moins de la moitié pensent garder l'entreprise dans le giron familial. Plus du quart programment de vendre à une autre entreprise. "On dit qu'en France il n'y a pas assez d'entreprises moyennes d'environ 500 personnes. Les entreprises qui ne préparent pas leur succession se retrouvent avec peu d'autres solutions lorsque l'échéance arrive que de céder à un autre groupe. C'est une situation qui ne permet pas de développer un tissu de PME dynamiques, comme en dispose notre voisin outre-Rhin", commente Philippe Bailly.
En savoir plus : Trouver un investisseur pour son entreprise Du nouveau pour la transmission d'entreprises familiales
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